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| Germaine Montero Montero Chante Pierre Mac Orlan Vol. 1 Pathé, 1966 (réédition) |
Chanson perdue, paroles de Pierre Mac Orlan (1882-1970), musique de Philippe-Gérard (1924-2014), chantée par Germaine Montero (1909-2000), orchestre et direction Jean-Michel Defaye (1932-2025) - enr. 1960
Cette chanson, je l’aimais bien
Je l’ai entendue sur la route
Quand l’ai-je perdue? Je n’en sais rien
Peut-être en un jour de déroute
Derrière les fusils en faisceau
En roulant une cigarette
Elle m’apportait un chant d’oiseau
Et le rire d’une fillette
Je ne sais plus même le nom
De cette chanson insolite
Et je m’en fus à sa poursuite
En gueulant Père Barbançon*
D’Amsterdam à Colomb-Béchar*
De Colomb-Béchar à Marseille
Je l’ai chantée dans tous les bars
Où les juke-box font merveille
Les filles se foutaient de moi
Comme de leur première chemise
Et de ma chanson par surcroît
Qui avait bien fendu la bise*
De la Belle de Mai* à Saint-Jean*
J’ai confessé toutes les cagoles
Elles n’en savaient pas les paroles
Et j’en ai repris pour cinq ans
Si j’entendais l’ premier couplet
Je pourrais retrouver la suite
Le titre et le refrain complet
De cette chanson insolite
Il s’agissait dans ce feuilleton
A moins que ma mémoire ne flanche
Des lilas blancs du bas Meudon*
Rimant avec un beau dimanche
Ça devait être un peu fané
Une chanson sans queue ni tête
Une romance* vraiment bête
Mais que je voudrais retrouver
***
Père Barbançon : chanson de route paroles recueilles er complétées par Th. Aillaud , musique recueillie, complétée et augmentée par L. Guéteville (ca. 1897)Colomb-Béchar : nom donné, à l'époque de l'Algérie française, à la la ville de Béchar, située à 1 150 km au sud-ouest de la capitale Alger
Fendre la bise (expression) : aller à toute vitesse, être pressé
La Belle de Mai, Saint-Jean : quartiers de Marseille
Le quartier du Bas-Meudon, en bord de Seine, accueillait de nombreuses guiguettes (cabarets populaires de la la banlieue parisienne)
Romance : chanson tendre et plaintive
Pierre Mac Orlan évoque-t-il une chanson réelle (qu'il connait sans la citer, ou qu'il voudrait retrouver) ou purement imaginaire ?
Les lilas blancs (comme les cerisiers roses et les pommiers blancs), Meudon (comme Nogent, ou Joinville-le-Pont), et le dimanche comptant parmi les poncifs des chansons populaires :
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A la recherche de la Chanson perdue
"Il s’agissait dans ce feuilleton [...] Des lilas blancs du bas Meudon / Rimant avec un beau dimanche"Pierre Mac Orlan évoque-t-il une chanson réelle (qu'il connait sans la citer, ou qu'il voudrait retrouver) ou purement imaginaire ?
Les lilas blancs (comme les cerisiers roses et les pommiers blancs), Meudon (comme Nogent, ou Joinville-le-Pont), et le dimanche comptant parmi les poncifs des chansons populaires :
Les lilas blancs :
Quand les lilas refleuriront : romance (George Auriol - Désiré Dihau) (1890).
Quand refleuriront les lilas blancs (L. Lelièvre fils, H. Varha et F. Dœlle) (1929)
Ici on pêche (paroles et musique Jean Tranchant) (1932) [L’air embaume les pommes frites / Les gaufres et les lilas blancs]
Quand refleuriront les lilas blancs (L. Lelièvre fils, H. Varha et F. Dœlle) (1929)
Ici on pêche (paroles et musique Jean Tranchant) (1932) [L’air embaume les pommes frites / Les gaufres et les lilas blancs]
Dimanche :
Ça s'est passé un dimanche (Jean Boyer, Georges van Parys) (1939)
Quand on se promène au bord de l'eau (Julien Duvivier, musique: Maurice Yvain) (1935) [Le dimanche vivement / On file à Nogent]
Ça s'est passé un dimanche (Jean Boyer, Georges van Parys) (1939)
Quand on se promène au bord de l'eau (Julien Duvivier, musique: Maurice Yvain) (1935) [Le dimanche vivement / On file à Nogent]
et aussi : Le beau dimanche, Les beaux dimanches de printemps, C'est un petit bal musette, Chanson douce, etc.
Meudon :
Meudon :
Au bois de mon coeur (Georges Brassens) [Au bois d’Meudon y a des petit’s fleurs], Qu'il fait bon à Meudon, Le bal de Meudon, Allons faire un tour à Meudon, jusqu'à La Java de Broadway [qui swingue comme à Meudon], etc.
***
La chanson retrouvée ?
Pierre Mac Orlan ayant été dans sa jeunesse un fervent adorateur de l'ambassadeur de Montmartre, la chanson perdue pourrait-elle être "A Mazas" d'Aristide Bruant (publiée en 1895) :
Embrassons-nous, ma gigolette,
Adieu, sois sage et travaille bien,
Tâche de gagner un peu d’galette
Pour l’envoyer à ton pauv’ chien.
Nous r’tourn’rons sur l’bord de la Seine,
A Meudon, cueillir du lilas,
Après qu’j’aurai fini ma peine,
A Mazas.
***
La chanson recomposée à la manière de
Les lendemains qui chantent Le temps des cerises, et le printemps du prolérariat
La commune est en lutte, chanson écrite pour le film de Bertrand Tavernier Le Juge et l'Assassin (1976), paroles de Jean-Roger Caussimon, musique de Philippe Sarde
L’hiver de 70 fut hiver de souffrance,
Et pire est la misère en ce nouveau printemps...
Les lilas vont fleurir les hauteurs de Belleville,
Les versants de la Butte et le bois de Meudon...
Nous irons les cueillir en des temps plus faciles...

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