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11 mars 2026

Khodahafez [Adieu] - خداحافظ : chanson iranienne

Khodahafez - خداحافظ :[Adieu], par le chanteur iranien Erfan Tahmasbi [عرفان طهماسبی] (enr. 2023)

22 septembre 2013

Les vendredis [جمعه ] : chanson de la semaine #126

Esfandyar Monfaredzadeh - Shahyar Ghanbari - Farhad sur la pochette de Jome

Farhad Mehrad (persan : فرهاد مهراد‎), simplement appelé Farhad est l'un des chanteurs iraniens les plus populaires de ces dernières décennies.
Né en 1946 à Téhéran, il meurt à Paris en 2002 des suites d'une hépatite C. Auteur-compositeur, il interprétait aussi bien des chansons à texte en s'accompagnant au piano et à la guitare que des succès pop-rock anglo-saxons des années 60 et 70, des Beatles (Let It Be, Yesterday), de Ray Charles et de Leonard Cohen. Militant de la Révolution iranienne en 1978, il sera contraint au silence pendant 15 années par le gouvernement islamique qui redoutait sa popularité.
Ce n'est qu'en 1993, qu'il put à nouveau sortir un album Khab Dar Bidari (Dormir tout éveillé) avec lequel il renoue avec un immense succès populaire.

Jome [Les vendredis] (ca. 1973), sa chanson la plus connue, fait référence au spleen accompagnant le jour de repos hebdomadaire en Iran. Une chanson bien plombante, à l’instar de nos classiques "Je hais les dimanches", écrite par Charles Aznavour et interprétée par Edith Piaf et Juliette Gréco ou "Le Dimanche à Orly" de Gilbert Bécaud.




Merci à Neda Howaizi (artiste peintre) pour sa participation à la traduction :

جمعه

توی قاب خیس این پنجره‌ها
عکسی از جمعه‌ی غمگین می‌بینم
چه سیاهه به تنش رخت عزا
تو چشاش ابرای سنگین می‌بینم

داره از ابر سیا خون می‌چکه
جمعه‌ها خون جای بارون می‌چکه

نفسم در نمی‌آد، جمعه‌ها سر نمی‌آد
کاش می‌بستم چشامو، این ازم بر نمی‌آد

داره از ابر سیا خون می‌چکه
جمعه‌ها خون جای بارون می‌چکه

عمر جمعه به هزار سال می‌رسه
جمعه‌ها غم دیگه بی‌داد می‌کنه
آدم از دست خودش خسته می‌شه
با لبای بسته فریاد می‌کنه

داره از ابر سیا خون می‌چکه
جمعه‌ها خون جای بارون می‌چکه

جمعه وقت رفتنه, موسم دل‌کندنه
خنجر از پشت می‌زنه, اون که همراه منه

داره از ابر سیا خون می‌چکه
جمعه‌ها خون جای بارون می‌چکه
Les vendredis

Dans le cadre des fenêtres mouillées
Je vois la photo d’un certain vendredi triste
Comme il est noir le vêtement de deuil sur son corps
Je vois des nuages ​​lourds dans ses yeux

Il coule du sang de ces nuages noirs
les vendredis, il coule du sang au lieu de la pluie

Le souffle de la vie n’arrive pas à sortir de moi, ces vendredi n’en finissent pas
Si seulement je pouvais fermer les yeux mais je n’y arrive pas !

Il coule du sang de ces nuages noirs
les vendredis, il coule du sang au lieu de la pluie

L’âge du vendredi est vieux de mille ans
Le chagrin est accablant ces vendredis
L’homme se fatigue de lui-même
et c’est avec les lèvres scellées qu’il crie

Il coule du sang de ces nuages noirs
les vendredis, il coule du sang au lieu de la pluie

Le vendredi c’est le moment de partir, c'est le temps de l'abandon
Il me poignarde dans le dos celui qui m’accompagne

Il coule du sang de ces nuages noirs
les vendredis, il coule du sang au lieu de la pluie



Farahd Mehrad - Wikipédia : en français - en anglais - en persan

13 juillet 2011

Omar Khayyâm : la caravane : chanson de la semaine #65

Omar Khayyām (1048-1131) (persan :عمر خیام) fut l'un des plus grands mathématiciens et astronome du Moyen-Âge et l'un des plus grands poètes de la langue perse. Son oeuvre poétique est constituée de quatrains, littéralement les rubaiyat (persan: رباعى رباعیات [rubāʿiyāt]). Le compositeur et musicien Ali Ghamsary a mis en musique quelques-uns de ces poèmes pour un spectacle et un enregistrement édité par le label Accords croisés. Les deux quatrains réunis ici sous le titre La caravane sont interprétés en persan par le chanteur Alizera Ghorbani.





Tous nos amis s'en sont allés, un à un

Résidant maintenant avec l'Ange de la Mort,

Au banquet de la vie, ils ont bu le même vin,

Vidant leurs coupes avant nous pour glisser dans le sommeil.



این قافله عمر عجب می گذرد

دریاب دمی که با طرب می گذرد

ساقی غم فردای حریفان چه خوری

پیش آر پیاله را که شب می گذرد
Regarde, c'est la caravane de la vie qui passe

Soit conscient et apprécie chaque instant

Ne te soucie pas tant de demain

Remplis mon verre, cette nuit s'achève déjà.


Ivresses : le sacre de Khayyam [Rapture : the rite of Khayyam] / Ali Ghamsary, comp., tar, divan ; quatrains d’Omar Khayyam ; Alizera Ghorbani, chant persan & Dorsaf Hamdani, chant arabe. – Accords croisés : Harmonia Mundi, 2010.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Omar_Khayyam
http://www.alighamsari.com/
http://www.alirezaghorbani.com/



Merci à Ayeh Howaizi pour son aide précieuse :-)

20 novembre 2009

Le Capharnaüm #55 : Un univers clos, conventionnel et, à certains égards, fictif

"Mimicry. - Tout jeu suppose l'acceptation temporaire, sinon l'illusion (encore que ce dernier mot ne signifie pas autre chose qu'entrée en jeu : in-lusio), du moins d'un univers clos, conventionnel et, à certains égards, fictif. Le jeu peut consister, non pas à déployer une activité ou à subir un destin dans un milieu imaginaire, mais à devenir soi-même un personnage illusoire et à se conduire en conséquence. On se trouve alors en face d'une série variée de manifestations qui ont pour caractère commun de reposer sur le fait que le sujet joue à croire, à se faire croire ou à faire croire aux autres qu'il est un autre que lui-même. Il oublie, déguise, dépouille passagèrement sa personnalité pour en feindre une autre. Je choisis de désigner ces manifestations par le terme de mimicry, qui nomme en anglais le mimétisme, notamment chez les insectes, afin de souligner la nature fondamentale et élémentaire, quasi organique, de l'impulsion qui les suscite."

Roger Caillois, Les jeux et les hommes, Gallimard, 1958 (Idées), pp. 60-61
(Illustration : Phasme Phyllium celebicum)

Wolf Biermann Ermutigung

Wolf Biermann est un chanteur,auteur-compositeur-interprète allemand auteur-compositeur-interprète né à Hambourg en 1936. Après la 2ième guerre mondiale, après avoir adhéré aux Jeunenesses Communistes, Wolf Biermann s'installe en RDA. Après une rencontre avec le compositeur Hanns Eisler, il fonde au début des années 60 le théâtre ouvrier et étudiant de Berlin-Est. En butte à la censure, il est déchu de la nationalité est-allemande en 1976 (date de la captation vidéo), et revient s'installer en Allemagne de l'Ouest, où il poursuit sa carrière d'artiste contestataire. Wolf Biermann fut le compagnon d'Eva-Maria Hagen, la mère de Nina Hagen. Article Wikipédia en français, en allemand. Article Musicologie.org

Captain Polaroid Yes

Captain Polaroid est le groupe lo-fi folk rock d'une seule personne originaire de Birmingham. Ces enregistrements sont proposés en téléchargement libre ou payant sur le site/blog du label Filthy Little Angels. Page MySpace. Captain Polaroid est aussi sur twitter : @captainpolaroid :-)
http://captainpolaroid.bigcartel.com/

Hamed Nikpay Khabar hast

Hamed Nikpay est un chanteur, auteur-compositeur, multi-instrumentiste d'origine iranienne installé à Palo Alto (Californie). Page MySpace.
http://www.hamednikpay.com/

The xx Basic Space

The XX est un groupe basé à Londres formé en 2005. Après le départ du guitariste, claviériste Baria Qureshi, les 3 membres restant sont Romy Madley Croft (guitare, voix), Oliver Sim (basse, voix) et Jamie Smith (programmation). Page MySpace, Article Wikipédia en français et en anglais.
http://thexx.info/

Jaboticaba Konm Touzour

Jaboticaba (le nom d'un arbre fruitier originaire du Brésil) est un groupe de la Réunion formé par Marie Louise Virginie, chant ; Julien Barnoin, guitares ; Nicolas Maillet, clarinettes, flûtes, saxophone ; Olivier Babaz Olivier, contrebasse ; Cyril Faivre : batterie. Leur disque Soalazy (2009) est édité sur le label Bi-pôle. Page MySpace.

26 juin 2009

Googoosh et Hassan Shamaizadeh : "Lahze bidari" : chanson de la semaine #12



عشق لالایی بارون تو شباست
نم نم بارون پشت شیشه هاست
لحظه ی شبنم و برگ گل یاس
لحظه ی رهایی پرنده هاست
تو خود عشقی که همزاد منی
تو سکوت منو فریاد منی
تو خود عشقی که شوق موندنی
غم تلخ و گنگن شعرای منی
وقتی دنیا درد بی حرفی داره
تویی که فریاد دردای منی
دستای تو خورشیدو نشون می دن
چشمای بسته مو بیدار می کنن
صدای بال پرنده رو لبات
تو گوشام دوبار تکرار می کنن
زندگی وقتی که بیزاری باشه
روز و شبهاش همه تکراری باشه
شاید عشق برای بعضی عاشقا
لحظه ی بزرگ بیداری باشه
عشق لالایی بارون تو شباست
نم نم بارون پشت شیشیه هاست
لحظه ی عزیز با تو بودنه
آخرین پناه موندن منه

La traduction approximative proposée ci-dessous a été faite d'après une version anglaise réalisée à partir du persan (et dont le traducteur avoue également qu'elle n'est pas parfaite). Il ne reste sans doute qu'une lointaine et confuse idée du texte original.

Le moment de la vigilance
L'amour est la berceuse de la pluie dans la nuit
L'amour est comme les gouttes de pluie sur les vitres des fenêtres
C'est le moment où la rosée se dépose sur le jasmin
L'amour est le moment de la délivrance des oiseaux
Vous êtes l'amour, mon âme sœur
Vous êtes mon silence, vous êtes mon gémissement
Vous êtes l'amour qui me donne le désir de résister
Vous êtes l'amère mélancolie de mes poèmes
Quand le monde souffre dans le silence
C'est vous qui criez mes douleurs
Vous êtes l'amour, mon âme sœur
Vous êtes mon silence, vous êtes ma plainte
Vos mains me montrent la lumière du soleil
Ils ouvrent mes yeux fermés
Vos lèvres me murmurent à l'oreille le chant des oiseaux
Quand la vie se transforme en dégoût
Tous les jours et les nuits se ressemblent
L'amour pour certaines personnes est peut-être le grand moment de la vigilance L'amour est la berceuse de la pluie dans la nuit
L'amour est comme les gouttes de pluie sur les vitres des fenêtres
C'est le moment précieux partagé avec vous
C'est le dernier refuge de mon existence
Vous êtes l'amour, mon âme sœur
Vous êtes mon silence, vous êtes ma plainte.

Googoosh (گوگوش) est une chanteuse et une actrice iranienne née à Téhéran en 1950. Elle réside aujourd'hui aux États-Unis. C'est l'une des artistes les plus populaires en Iran.
Article Wikipédia en anglais
http://googoosh.com/

Hassan Shamaizadeh (حسن شماعي زاده) est un chanteur, auteur des chansons, compositeur, promoteur musical, saxophoniste et guitariste iranien.
Article Wikipédia en français, et en anglais

21 mars 2009

Le Capharnaüm #44 : "My love and my Faith," replied young Goodman Brown

Young Goodman Brown

Young Goodman Brown came forth at sunset into the street at Salem village; but put his head back, after crossing the threshold, to exchange a parting kiss with his young wife. And Faith, as the wife was aptly named, thrust her own pretty head into the street, letting the wind play with the pink ribbons of her cap while she called to Goodman Brown.
"Dearest heart," whispered she, softly and rather sadly, when her lips were close to his ear, "prithee put off your journey until sunrise and sleep in your own bed to-night. A lone woman is troubled with such dreams and such thoughts that she's afeard of herself sometimes. Pray tarry with me this night, dear husband, of all nights in the year."
"My love and my Faith," replied young Goodman Brown, "of all nights in the year, this one night must I tarry away from thee. My journey, as thou callest it, forth and back again, must needs be done 'twixt now and sunrise. What, my sweet, pretty wife, dost thou doubt me already, and we but three months married?"
"Then God bless you!" said Faith, with the pink ribbons; "and may you find all well when you come back." [...]
Nathaniel Hawthorne




source : The Adam Smith Academy


Cristina Branco Trago Fado Nos Sentidos

Trago fado nos sentidos, est une chanson composée par Amália Rodrigues et José Fontes Rocha.
Cristina Branco est une chanteuse portugaise née à Almeirim en 1972.
Son dernier album Abril (2007) est édité chez Emarcy.
Article Wikipédia en français, en portugais
http://www.cristinabranco.com/

Houria Aïchi & L'Hijâz' Car Invocation

Houria Aïchi est une chanteuse algérienne berbère (chaouie) née à Batna dans les montagnes des Aurès. Son dernier disque Cavaliers de l'Aurès (2008) avec le quintet strasbourgeois L'Hijâz' Car est édité par le label Accords Croisés et distribué par Harmonia Mundi.Portrait Mondomix,
L'Hijâz' Car est un quintette "Contemp’oriental acoustic jazz" constitué de Nicolas Beck (contrebasse, tarhu), Gregory Dargent (oud), Fabien Guyot (percussions), Etienne Gruel (percussions), Jean-Louis Marchand (clarinettes).
Page MySpace
http://www.hijazcar.com/

Niyaz La chasse

Niyaz est une formation basée à Los Angeles interprétant la musique traditionnelle persanne. Le trio est constitué de la chanteuse iranienne Azam Ali (santour, hammered dulcimer, daf, percussions, cymbales chinoises, Riqq, Zils) du musicien iranien Loga Ramin Torkian (Kamman, Guitare Viole, Saz, Lafta, Djura, Rabab, guitare électrique) et du producteur américain Carmen Rizzo (claviers, programmation, synthétiseurs). Leur dernier album Nine Heavens est édité par le label Six Degrees Records
Article Wikipédia en anglais, Page MySpace, Page Mondomix
http://www.niyazmusic.com/

Minyeshu Wosenku

Minyeshu Kifle Detla est une chanteuse éthiopienne.
Interview sur le site Afrik.com. Page MySpace
L'album Dire Dawa (2008) est édité par le label Me & My Records
http://www.minyeshu.nl/

Tipari Konm Si

Page MySpace
Tipari est une formation évoluant entre l'île de La Réunion et Paris. Le groupe est constitué par Corine Thuy-Thy (chant), Kevin Reveyrand (guitare basse, compositeur, arrangeur), Taofik Farah (guitare), Gisela Razanajoaovo (choeurs), Francis Arnaud (percussions, cajon), Fred Soul (percussions, mélodica). Leur disque est édité par le label Buda Musique
http://tipari.com/

12 février 2009

Le Capharnaüm #41 : Qui vauroit bons vers oïr

Qui vauroit bons vers oïr
Del deport du vieil antif
De deus biax enfans petis,
Nicholete et Aucassins,
Des grans paines qu'il soufri
Et des proueces qu'il fist
Por s'amie o le cler vis ?
Dox est li cans, biax li dis
Et cortois et bien asis :
Nus hom n'est si esbahis,
Tant dolans ni entrepris,
De grant mal amaladis
Se il l'oit, me soit garis
Et de joie resbaudis,
Tant par est douce.


Aucassin et Nicolette (chantefable, fin du XIIe - début du XIIIe siècle)




Jean-Pierre Léaud Allo, tu m'entends ?, extrait de Week-end de Jean-Luc Godard (1967)

Allo, tu m'entends ? est une chanson écrite par Guy Béart et interprétée par Dalida
Week-end (1967), un film de Jean-Luc Godard, avec Mireille Darc, Jean Yanne, Jean-Pierre Léaud
Fiches : Allociné, Wikipédia, IMDB, Allmovie

Junior Boys Like A Child

Junior Boys est un duo canadien d'electopop formé en 1999 et constitué aujourd'hui par Jeremy Greenspan et Matt Didemus
Page MySpace, Article Wikipédia en anglais, en français

Correo Aereo Fiesta Llanera

Correo Aero est une formation basée entre Mexico, Seattle et Washington
Etats-Unis, constituée par Abel Rocha, harpe, Madeleine Sosin, maracas, et Evan Flory Barnes, contrebasse. Ils interprétent les musiques traditionnelles latino-américaines et andines du Venezuela, du Mexique, d'Argentine, et du Pérou.
Page MySpace
http://www.correoaereo.com/


Markus James Gobissa

Markus James est un musicien et un chanteur de blues californien. Son dernier album Snakeskin violin, enregistré dans le Mississippi et au Mali est édité par le label Firenze Records
Page MySpace


Cyminology As Ney

Cyminology est une formation de jazz berlinoise créee en 2002 et constituée de la chanteuse Cymin Samawatie d'origine iranienne, Benedikt Jahnel, au piano, né en France ; Ralf Schwarz à la contrebasse, allemand et Ketan Bhatti à la batterie, né en Inde. Les paroles sont écrites par Cymin Samawatie ou empruntées aux grands poètes de la tradition persane comme Rumi ou Hafiz. Leur dernier album As Ney (208) est édité chez ECM
Page MySpace

20 septembre 2007

خنيای باستانی ایرانی

La musique classique iranienne (Khonyâ-ye Bâstâni Irâni)

Préambule
Ces derniers jours, un nouveau docteur Folamour entretient la douce menace de faire siffler les bombes sur une autre région de grande culture, et à l’inestimable patrimoine archéologique. Oubliant ou feignant d’oublier que l’Iran, comme son voisin arabe, l'Irak, a accueilli sur son territoire, et à l’aube de son histoire, le berceau de la civilisation assyro-babylonienne. Oui, Suse, ville ancienne du sud-ouest de l’Iran est l’une des plus anciennes agglomérations connues à mériter le titre de ville. Fondée vers 4000 avant J.-C., Suse, capitale de l'Empire Elamite, était la ville voisine et rivale de Babylone. La Mésopotamie entre le Tigre et l'Euphrate, Sumer, la cité d'Ur, la région même où fut inventée l’écriture… ça peut évoquer quelques souvenirs de cours d'histoire de collège.
Il est certainement nécessaire de rappeler que la Perse, carrefour entre l’Asie, et le Moyen-Orient fut, à l’époque du Moyen-Âge chrétien et jusqu’au XVIe siècle, un intense foyer où prospérèrent les Sciences, les Lettres et les Arts, devançant et instruisant l’Europe, grâce aux travaux érudits de mathématiciens, de philosophes et de poètes... tels que al-Khuwārizmī (783-825), Al-Biruni (973-1048), Avicenne (980-1037)...

Quelques données sur l'Iran :
Superficie : 1 650 000 km2 (superficie de la France : 675 000 m2)
Population : 68 700 000 habitants
Capitale : Téhéran
Langue : Perse (langue indo-européenne)

Sur l'histoire de la musique classique iranienne
« Aucun témoignage tangible ne nous est parvenu sur l’art musical des premières civilisations installées sur le plateau iranien. L’empire perse des Achéménides (550 à 331 avant J.-C.) avec toute sa grandeur et sa gloire [dont témoignent les ruines de Persépolis], ne nous a laissé que très peu d’éléments susceptibles de révéler le contenu de sa vie musicale. Hérodote mentionne les rituels religieux des Zoroastriens, qui comportaient des hymnes chantés. Xénophon, dans son Cyropedia parle des musiques martiales et cérémonielles de l’Empire.
Les premiers documents qui nous renseignent véritablement sur la musique persane datent de la période des Sassanides (226-652 après J.-C.) […] Des musiciens de cette période, les noms de Ramtin, Bamshad, Nakisa, Azad, Sarkash et Barbod nous sont restés. On attribue [à ce dernier] l’invention du système musical comprenant sept structures modales connues sous le nom de « modes royaux » (khosrovani), trente modes dérivés (lahn) et trois cent soixante mélodies (dastan) qui correspondent apparemment avec le nombre de jours dans la semaine, le mois, l’année du calendrier sassanide.

La conquête de l’empire perse par les Arabes se situa vers le milieu du septième siècle. Après l’avènement de la dynastie Abbassi (de 750 à 1258) le siège du Califat fut transféré de Damas à Bagdad (anciennement territoire perse). A partir de ce moment, les musiciens et les savants perses jouèrent un rôle déterminant dans la formation et le développement de la culture islamique orientale. […] Nombreux sont les musicologues et les théoriciens de la musique qui nous ont laissé d’importants ouvrages, […] les plus importants Abu Nasr Farabi (872-950), Abu Ali Ebne Sina (980-1037), Safia Armavi (mort en 1257), Qotbaddin Shirazi (mort en 1310), Abdalgader Maraqui (mort en 1434) ont abondamment écrit sur la théorie et les aspects acoustiques et esthétiques de la musique. Depuis la seizième siècle […] rien de substantiel n’a été écrit. Jusqu’à ce jour, […] la musique persane est avant tout un art d’exécution et d’interprétation.
Traditionnellement, l’ensemble du système musical persan, le radif, comporte douze principes : sept dastgah (structures modales fondamentales) et cinq avaz (modes dérivés) Chaque dastgah et avaz comporte plusieurs gushé. Chaque gushé représente un schéma mélodique à partir duquel le musicien peut improviser. Ainsi donc le répertoire modal bien que relativement limité permet de diversifier à l’infini la manifestation musicale proprement dite.[…] »(Texte de Hormoz Farhat)

Les instruments de la musique classique iranienne
On distingue trois familles d'instruments de la musique classique iranienne : les cordes, les percussions et les vents.

Les instruments à cordes
Barbat, oud
Ud est le nom arabe de l’ancien instrument persan barbat. C’est un luth avec de neuf à onze cordes.


Dôtar (ou dutar), luth à long manche et à deux cordes. L'instrument est également joué au Turkménistan, situé au Nord de l'Iran et chez les Uyghurs, région de la Chine de l'Ouest.


Kamantché, vièle à quatre cordes
Kamânche, kamancheh, keman, kemanche, kamança ou kemânçe (en persan: کمانچه, « archet »)
Narges Dehghani

Santour, cithare trapézoïdale où soixante-douze cordes métalliques fixes (4 par note) sont tendues sur deux rangées de neuf petits chevalets. On accorde l'instrument au moyen d'une clef agissant sur les 72 chevilles. Le musicien frappe les cordes avec de fines baguettes de noyer ou de buis appelées mezrab (plectres).
Ardavan Kamkar, santour solo


Sétâr, instrument à cordes pincées, c'est un luth à quatre cordes de la famille du tanbur. Il est consisté d'une caisse de résonance ronde et bombée, en bois de mûrier, et d'un long manche en noyer. On pince les cordes avec l'ongle de l'index droit, utilisé en guise de plectre.
Hossein Alizâdeh, sétâr avec Dariush Zargari, tombak


Tanbur, très ancien luth à long col droit, a dû connaître plusieurs variantes. Le tanbur de Khorassân avait deux cordes. Aujourd'hui il a tantôt deux cordes, tantôt trois, et on le joue sans plectre avec les doigts de la main droite.
Aliakbar Moradi, tanbur solo


Târ, appartient à la famille des luths. Sa caisse de résonance à double renflement est en bois de mûrier, et la forme de sa table évoque deux cœurs réunis par les pointes. Cette table est en peau d'agneau. Le long manche est pourvu de vingt-cinq ligatures en boyau et de six cordes dont deux doubles. On en joue avec un plectre est un luth à six cordes. La chaude couleur sonore de l'instrument se marie particulièrement bien avec le zarb.
Sahba Motallebi, târ solo


Les percussions
Daf, grand tambour sur cadre à membrane unique. L'intérieur de son cadre porte de nombreux anneaux qui résonnent lorsqu'on frappe la peau ou que l'on secoue le tambour. Outre ses attaches avec la musique populaire kurde, le daf est un instrument très lié à la musique des confréries soufi des derviches.


Zarb, est le principal instrument de percussion de la musique savante persane. Ce tambour calice d’une seule pièce en bois est recouvert d’une peau de chèvre. Au XIIIe siècle, le grand poète mystique Djalâl-ud-Dîn Rûmî écrivait : "O Dieu, donne au musicien des doigts de sucre et pour le zarb, une main de fer!" "Zarb" est un mot arabe qui signifie "frappe" et les Persans lui donnèrent l'acception de "rythme", de "temps", de "tempo". Ce tambour est également appelé "Tombak" en raison des deux coups désignés par les syllabes "Tom" et "Bak", mais ce terme est devenu péjoratif.
Keyvan Chemirani, zarb solo


Les instruments à vent
Ney (ou nay), flûte en roseau, originaire d'Asie centrale, dont les plus anciennes formes datent de -3000 ans. Son nom persan signifie roseau
Kees van den Doel, ney solo


Discographie disponible à la médiathèque de Dole

Parvin Javdan and Zohred Bayat, chant ; with Avaye Doost Ensemble : “Rozaneh : introducing poems from Rumi, Aragui and Sayeh”, Erato, 2001
Rozaneh - en persan signifie « "rayon de lumière", "espoir" - est interprété par un groupe exclusivement composé de femmes. Parvin Javdan et Zohreh Bayat chantent des solos et duos, composés ou improvisés sur de la musique iranienne traditionnelle ou contemporaine, tout en s’inscrivant dans la tradition soufie. Les textes sont tirés de l’œuvre de poètes tels que Sayeh, Rumi et Aragui. Cet album débute par une pièce en dastgâh Isfahan (l'un des modes de la musique iranienne). Après quoi compositions et improvisations se succèdent en dastgâh Shür et Nava pour renouer enfin avec le dastgâh Isfahan. Ce voyage cyclique qui symbolise le retour auprès de l'être cher, nous fait entendre la parole de deux grands mystiques : Molavi (plus connu en Europe sous le noom de al-Rümï) et Fakhedin Aragui, poète soufidu XIIIe siècle. Tous deux évoquent les expériences mystiques qui vont de la nostalgie née de la séparation d'avec l'être aimé, à la joie extatique de l'union avec cet être.

Shahram Nazeri, chant ; Ali Reza Faiz Bashi Pour, tanbur, tambour ; Hafez Nazeri, daf, dohol “Mythical chant ”, Buda Musique, 2001
Cet enregistrement de Shahram Nazeri, une des plus grandes voix de la musique classique perse, est dédié à la culture kurde ; Les compositions de Ali Reza Faiz Bashi Pour et de Shahram Nazeri sont le fruit de quatre années de recherches vouées à la poésie et aux mélodies issues de la traditions orale du Kurdistan. Shahram Nazeri est né au Kurdistan iranien, dans une famille de musiciens. Sa faille étant d'origine kurde, il est très tôt sensibilisé à cette culture à laquelle il est attaché. Aujourd'hui, Shahram Nazeri est devenu un grand chanteur contemporain en Iran, il est souvent sollicité pour des concerts à travers le monde.

Djamchid, Keyvan et Bijan Chemirani : “ Trio de zarb ”, Al Sur, Média 7, 1998
Les Chemirani, père et fils ont puisé dans les rythmes traditionnels et dans ceux issus des poésies mystiques des XIe et XIIe siècles. Les rythmes et la poésie persane sont intimement liés. Sous forme de dialogue ou de discours croisés le paysage sonore se renouvelle sans cesse, passant de séquences graves et profondes à l’unisson à d’intenses polyrythmies, explorant les multiples possibilités mélodiques et timbrales de l’instrument.

Hossein Alizâdeh, târ, tanbur et sétâr ; Afsâneh Rassâ'i, chant ; Madjib Khaladj, tombak et daf “Musique iranienne : Sâz-é nô”, Buda Records, 1997. Enr à Paris en 1997
Hossein Alizâneh est né en 1951 à Téhéran. A l'issue de 25 années d'activité et de création, il est reconnu aujourd'hui comme l'un des pionniers les plus marquants de lamusique traditionnelle iranienne. Afsâneh Rassâ'i est une chanteurse iranienne avec un timbre de voix pur et sans effet se rattachant à une école authentique.

Sussan Deyhim “Madman of god : divine love songs of the persian sufi masters” CramWorld, 2000
« Cette collection de mélodies classiques empruntées au répertoire persan est basé sur la poésie de Rümi, Hafez et d’autres écrivains Soufis du 11e au 19e siècle. Ces pièces sont connues aussi bien par mes grands parents que par les jeunes de ma génération, elles représentent les chansons d’amour de la musique classique persane. » (SD). Née à Téhéran, Sussan Deyhim a commencé sa carrière comme danseuse dans la compagnie nationale de Ballet perse, puis dans la compagnie de Maurice Béjart, le ballet du 20ème siècle. Elle s'installe à New York en 1980, où elle mène une carrière à multiples facettes embrassant la musique, le théâtre, la danse, le multimédia, en collaborant vec des artistes majeurs de l'art contemporain.

Iran : Bardes du Khorassan : “Chants et luth dotâr ”, Ocora, Harmonia Mundi, 1998. Enr. en 1997. Texte de Ameneh Youssefzadeh
Le Khorassan est une région située au Nord-Est de l’Iran. Région stratégique, elle constitue une forteresse naturelle au cœur de l’Asie Centrale, en même temps qu’elle forme un couloir de communication entre les steppes et les contrées civilisées et peuplées du Proche-Orient. C’est par cette porte géographique que les Turcs (XIe s) puis Mongols (XIIIe s)entrèrent en Perse Les bardes appelés Bakhshsi sont des musiciens professionnels qui se produisent en groupe lors de réjouissances et de danses villageoises

Dariush Talâ'i, târ, setâr ; Mohammad Musavi, ney ; Kiâni Iran : Les maîtres de la musique traditionnelle . volume 1" Ocora : Harmonia Mundi, 1991. -Enr. à Téhéran en 1979. Texte Jean During

Djamchid Chemirani, zarb ; Madjid Kiani, santour ; Daryoush Tala’i, tar “ Musique iranienne ” Harmonia Mundi, 1977. - Texte du livret de Nelly Caron.
La musique iranienne, parvenue jusqu'à nous à travers la tradition orale, est avant tout une expression de sentiments, d'émotions, de "mouvements d'âme". Tantôt non mesurée, comme les récitatifs, tantôt très rythmée, elle fait alterner un caractère méditatif, voir une nostalgie de l'Absolu ....] C'est une musique monodique, modale, heptatonique, non tempérée, où les ornements et l'improvisation jouent un rôle important. Elle est basée sur douze systèmes modaux, les Avâz, dont sept sont particulièrement importants : les Dastgâh.

Jalil Shahnaz, tar ; Abdolvahhab Shahidi, ud, chant ; Asqar Bahari, kamanché ; Faramarz Payvar, santur. Hasan Nahid, nay ; Hoseyn Tehrani, Tmobak : “ Iran : Musique persane”, Ocora Radio France, Harmonia Mundi, 1987. - Enr. en 1971. Texte de présentation de Hormoz Farhat.

à venir : le chant persan et la poésie iranienne