Tu as pris le premier car en partance. Il allait à Philadelphie. Quelques jours plus tard, tu t'es retrouvé dans un bastringue, une de ces boîtes où le verre coûte 15 cents. A la cuisine on a bien voulu de toi, on t'a fait laver la vaisselle, balayer par terre. Mais il y a avait un piano dans la salle, une vielle casserole, tu passais ton temps à le regarder, à te détourner, à le regarder encore. Un soir, tu as demandé au barman : "Est-ce que je peux jouer un peu ?" "Toi ? " il a fait. "Je crois que je saurais." "Bon vas-y, mais arrange-toi pour que ça fasse de la musique."
Tu t'es installé au piano. Tu as regardé les touches, et puis tes mains "Qu'est-ce que t'attends ?" a demandé le barman "Vas-y bon sang !" Tu as levé les mains, tu les a posées sur le clavier et tes doigts ont frappé des touches. Et les sons qui naquirent sous tes doigts, c'était de la musique. David Goodis, Tirez sur le pianiste! , traduit par C. Wourgaft (1957)
François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l’écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l’obscurité. Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s’appliquait sur la page et, dans l’écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l’accent d’origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n’importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d’amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d’une voix de colonel, et d’une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum-hum » discret qu’il était temps de changer la plaque de page.
C’est lors des coupures d’électricité si fréquentes qu’Ati s’avisa que la sono continuait de débiter du son, sauf qu’elle ne le tirait pas d’une mémoire magnétique et d’une magnéto providentielle mais de la tête des gens, où les paroles chargées de la magie des prières et des scansions répétées à l’infini s’étaient incrustées dans les chromosomes et avaient modifié leur programme. Le son emmagasiné dans les gènes passait de leur corps au sol et du sol aux murs qui se mettaient à vibrer et à moduler l’air selon les fréquences des prières et des incantations, l’épaisseur des pierres ajoutant au requiem un écho d’outre-tombe. L’air lui-même était transformé en une sorte de brume douceâtre et âcre qui tournait dans les boyaux de la forteresse et agissait sur les pensionnaires et les pénitents mieux qu’un puissant hallucinogène.
Sur un quai de Rotterdam, les winchs* pêchaient, hors des cales d'un cargo, des ballots pressés de vieux papiers; le vent les hérissait de banderilles multicolores, quand, tout à coup, l'un deux éclata comme une futaille dans la flamme.
Les dockers, en hâtifs coups de pelles, endiguèrent l'avalanche frémissante, mais une grande partie fut abandonnée à la joie des petits enfants juifs, qui glanent l'éternel automne des ports. Il y avait là de belles gravures Pearsons*, coupées en deux par ordre de douane, des liasses vertes et roses d'actions et d'obligations, derniers frissons de retentissantes banqueroutes; de pauvres livres dont les pages étaient restées jointes comme des mains désespérées, et ma canne fourrageait dans cet immense résidu de la pensée, où ne vivait plus ni honte ni espérance.
– [...] moi non plus, je ne suis pas satisfait de ces changements, comme un certain nombre de gens de ma génération, même si toi et les gens de ton espèce accueillez à bras ouverts tout ce qui vient des États-Unis. L’Islande s’est peu à peu transformée en une petite Amérique.
Il était poète, et son âme rencontra fortuitement une immense pâture : il devait voir par avance les ossements de vingt mondes. Au premier coup d’œil, les magasins lui offrirent un tableau confus, dans lequel toutes les œuvres humaines et divines se heurtaient. Des crocodiles, des singes, des boas empaillés souriaient à des vitraux d’église, semblaient vouloir mordre des bustes, courir après des laques, ou grimper sur des lustres. Un vase de Sèvres, où madame Jacotot avait peint Napoléon, se trouvait auprès d’un sphinx dédié à Sésostris.
Les bureaux du Génitron en fait de terrible désordre, de capharnaüm absolu, de pagaye totale, on pouvait pas voir beaucoup pire... Depuis le seuil de la boutique jusqu’au plafond du premier, toutes les marches, les aspérités, les meubles, les chaises, les armoires, dessus, dessous, c’était qu’enfoui sous les papelards, les brochures, tous les invendus à la traîne, un méli-mélo tragique, tout crevassé, décortiqué, toute l’œuvre à Courtial était là, en vrac, en pyramides, jachère... On discernait plus le dictionnaire, les cartes des traités, les mémoires oléographiques dans le tumulus dégueulasse. On pénétrait au petit bonheur, en tâtonnant un peu la route... on enfonçait dans une ordure, une fuyante sentine... [...]
Son père range son violon dans un bel étui au fond d’un placard de la chambre conjugale. Presque chaque jour, il sort l’instrument et quelques partitions, puis va s’installer au salon. Il pratique plus ou moins longtemps et, parfois, ses fils ont le droit de venir l’écouter s’ils le désirent. Mais parfois il les met dehors et s’enferme. Lorsqu’il accorde son violon et que, comme il dit, il chauffe un peu les cordes, c’est la cacophonie ; les enfants se bouchent les oreilles. Souvent, l’instrument est d’une légèreté joueuse entre ses mains, les cordes dansent et vibrent sur une cadence rapide, emplissant la maison de notes claires et rieuses. À d’autres moments, il n’arrache à ces cordes que son désir sombre et douloureux de trouver le courage et la force de vivre.
Pendant deux étés, Oskar va écouter avec assiduité les pièces radiophoniques. Un soir, il écoute pour la première fois. Puis il continue régulièrement, plusieurs soirs par semaine. Et ce, deux étés durant. Mais le troisième, il cesse d’écouter. Il ne change pas de station. La radio est éteinte. À la place, il s’est mis aux mots croisés. Dans de vieux journaux, sous le lit, il a trouvé une dizaine de grilles. Il les a arrachées et empilées devant le transistor. Il commence en mai et, à la fin du mois d’août, il a rempli la dernière. Quand nous brûlons les ordures, un soir, je les vois prendre feu parmi les restes de nourriture et les cartons.
Une des grilles de mots croisés est restée coincée derrière la table. Quand le sauna doit être déplacé, après la mort d’Oskar, et qu’on sort la table, le papier jauni tombe par terre.
La grille est remplie. Mais je remarque une faute d’orthographe qui a fait entrer des erreurs dans le système. Il a oublié un m à immédiat. Et avec cette faute, tout un pan de la grille s’est retrouvé boiteux, mais il a malgré tout réussi à caser des mots pour coller avec les lettres erronées, même si les définitions ne correspondaient plus. Il a résolu sa grille de mots croisés et, à travers sa faute d’orthographe, il en a créé une nouvelle.
L’image d’Oskar est sombre. Les contradictions et les réponses muettes, les silences et les déclarations ambiguës ne sont qu’une partie de l’image. Il y a aussi de petits éléments qui s’introduisent dans l’image, qui l’usent aux entournures et font qu’elle continue à sembler inachevée.
Henning Mankell, Le Dynamiteur, Seuil, 2018 (Bergsprängaren, 1973), traduit du suédois par Rémi Cassaigne
Chico Buarque et Carlos Paredes - Fado Tropical
Extrait du film Fados (2009) de Carlos Saura
Chanson composée par Chico Buarque pour l'album Calabar, O Elogio Da Traição (1973). C'est la bande originale de la pièce du même nom écrite par Chico Buarque et le poète et réalisateur mozambicain Ruy Guerra. Fado tropical fait référence à la dictature militaire instaurée au Brésil depuis 1964. "Oh, musa do meu fado / Oh, minha mãe gentil / Deixo-te consternado / No primeiro Abril / Não seja tão ingrata / Não esqueças quem te amou / E em tua densa mata/ Se perdeu e se encontrou
Ai, esta terra ainda vai cumprir o seu ideal / Ainda vai tornar-se um imenso Portugal" Les paroles adaptées par Georges Moustaki, un an plus tard évoquent l'espoir suscité par la fin de la dictature de Salazar au Portugal, avec la Révolution des Œillets, en avril 1974. : Oh muse ma complice / Petite sœur d'exil / Tu as les cicatrices D'un 21 avril / Mais ne sois pas sévère / Pour ceux qui t'ont déçue / De n'avoir rien pu faire / Ou de n'avoir jamais su / A ceux qui ne croient plus / Voir s'accomplir leur idéal / Dis leur qu'un œillet rouge / A fleuri au Portugal.
Carlos Paredes (1925-2004), compositeur et musicien de fado, est LE virtuose et le grand maître de la guitare portugaise, cette guitare à douze cordes métalliques, de la famille des mandolines.
Os Novos Baianos - Samba da Minha Terra
Samba composée par Dorival Caymmi et popularisée en 1963 par João Gilberto.
Os Novos Baianos est un groupe de rock psychédélique des années 70, emblématique de la MPB (Música popular brasileira), et originaire de Salvador de Bahia. Les principaux membres du groupe furent Paulinho Boca de Cantor (chant), Pepeu Gomes (guitare électrique), Moraes Moreira (chant et guitare classique) [1947-2020], Baby Consuelo (chant et percussions) et Luiz Galvão (parolier)
Album : Novos Baianos F.C. (Futebol Clube), 1973
Waldir Azevedo - Brasileirinho
Brasileirinho est un choro brésilien écrit en 1947 par Waldir Azevedo (1923-1980), chanteur et compositeur brésilien, et virtuose inégalé du cavaquinho Le cavaquinho est une petite (mais costaude) guitare à 4 cordes souvent mise au premier rang dans les orchestres de samba et dans les batucadas. Brasileirinho est aussi le titre du film documentaire de Mika Kaurismäki, consacré au choro, film tourné à Rio en 2005 avec la participation des musiciens Yamandu Costa, Paulo Moura et le Trio Madeira Brasil.
Sobanza Mimanisa - "Kiwembo
Sobanza Mimanisa (Orchestre de la lumière) est une formation de Kinshasa, la capitale de la république démocratique du Congo. Présent sur la compilation CD/DVD Congotronics 2 "Buzz'n'Rumble From The Urb'n'Jungle chez Crammed Discs, 2006 (bandcamp, discogs)
João Donato - MPB Especial
Une heure, en noir et blanc et en clair-obscur, pour une session d'écoute intime de João Donato, pianiste de jazz, compositeur et chanteur brésilien. Une opportunité pour découvrir l'univers musical de ce génie insuffisamment célébré, jouant et devisant seul, au piano et à l'accordéon.
Allen Thayer écrit en 2007 : « João Donato mérite une place parmi les légendes de la musique brésilienne, aux côtés d'Antonio Carlos Jobim, João Gilberto, Dorival Caymmi, Ary Barroso et beaucoup d'autres. Pourtant, sa carrière erratique et ses incursions dans plusieurs genres musicaux compliquent la classification de son œuvre musicale. » (source Wikipédia).
MPB Especial était une émission de télévision diffusée entre 1972 et 1975 qui accueillit les grands noms de la musique populaire brésilienne : Jorge Ben, Chico Buarque, Elis Regina, Vinícius de Moraes, ...
Wallander grimpa l’échelle instable qui menait au grenier. Une odeur de moisi le frappa aux narines. Il se rendait bien compte qu’il allait devoir refaire sa toiture d’ici un an. Deux, dans le meilleur des cas.
Il savait à peu près où il avait rangé la boîte qu’il cherchait. Mais son attention fut d’abord attirée par un carton qui portait le logo d’une entreprise de déménagement de Helsingborg et qui, il le savait, contenait sa collection de 33 tours. Pendant toutes les années passées à Mariagatan, il avait eu une platine tourne-disque. Mais celle-ci avait fini par se détraquer et il n’avait pas réussi à la faire réparer. La platine avait pris le chemin de la décharge lors du grand ménage précédant son déménagement ; mais les disques, il les avait gardés. Il s’assit à même le sol et feuilleta les vieux albums. Chaque pochette représentait un souvenir, parfois très vif, parfois réduit à un papillotement de visages, d’odeurs, d’émotions. Au cours de sa prime adolescence, il avait été un fan des Spotnicks. Il avait gardé leurs quatre premiers albums et il lui suffisait encore de lire les titres au dos pour se les rappeler tous sans exception. Les guitares électriques résonnaient à l’intérieur de lui. Il y avait aussi dans le carton un disque de Mahalia Jackson qu’il avait reçu un jour, contre toute attente, de l’un des chevaliers de la soie, ces colporteurs qui venaient chez eux, dans son enfance, acheter les toiles de son père. [...]. Le gospel lui avait fait forte impression. Go down Moses pensa-t-il en revoyant intérieurement son premier électrophone, où le haut-parleur était incrusté dans le couvercle et grésillait avec un bruit de racloir.
Soudain il tomba sur un disque d’Edith Piaf. Il reconnut son visage photographié en noir et blanc sur la pochette. Celui-là était un cadeau de Mona. Mona détestait les Spotnicks, leur préférant les Streaplers et Sven-Ingvars ; mais ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était cette petite chanteuse française. Pas plus que Wallander, elle ne comprenait un traître mot aux paroles ; mais sa voix les bouleversait l’un et l’autre.
Après Piaf, il y avait un disque de John Coltrane. D’où le tenait-il ? Il ne s’en souvenait pas. En le sortant de sa pochette, il vit qu’il était quasi neuf ; intérieurement il n’entendait pas une seule note du saxophone de Coltrane.
En dernier, il y avait deux opéras, La Traviata et Rigoletto. Contrairement au disque de John Coltrane, ceux-ci étaient presque hors d’usage à force d’avoir été joués.
Il s’attarda, hésitant à emporter le carton en bas et à acheter une nouvelle platine. Mais à la fin, il le repoussa. La musique qu’il écoutait aujourd’hui existait sur cassette ou sur CD. Il n’avait plus besoin de ces disques vinyle qui gondolaient et crépitaient à qui mieux mieux. Ils appartenaient au passé ; mieux valait les laisser là où était leur vraie place, dans la pénombre du grenier.
Henning Mankell, L'Homme inquiet (= Den orolige mannen, 2009), traduit du suédois par Anna Gibson, Points, 2010
Malicorne - Le Luneux
Album : Almanach, Hexagone, 1976 Gabriel Yacoub (guitare acoustique et électrique, épinette des Vosges, chant), Marie Sauvet-Yacoub (dulcimer, bouzouki, vielle à roue, chant), Laurent Vercambre (violon, alto, bouzouki, psaltérion à archet, harmonium, mandoline, chant), Hughes de Courson (guitare électrique, basse, cromorne, percussions, chant).
Malicorne - Wikipédia - Discogs
Nara Leão et Roberto Menescal - O barquinho - O pato - Manhã de carnaval
Nara Leão (1942 - 1989), chanteuse de bossa nova et de MPB (musique populaire brésilienne) est surnommée la muse de la bossa nova, pour avoir appartenu au cercle de Roberto Menescal, João Gilberto, Vinicius de Moraes, Antônio Carlos Jobim et Sergio Mendes. (wikipédia, discogs)
Roberto Menescal (1937 -) compositeur, guitariste brésilien de jazz et de bossa nova, est un des fondateur de la bossa nova. "O Barquinho" (Petit bateau) est un titre qu'il a composé.
Morphine - Buena
émission musicale de TV néerlandaise 2 Meter Sessies, 25 mai 1994
Album : Cure for Pain, Rykodisc, 1993
Morphine, groupe formé à Cambridge, Massachusetts, en 1989 par Mark Sandman (guitare basse) et Dana Colley (saxophone), accompagnés en trio à la batterie par Jerome Deupree ou Billy Conway (dans la vidéo). En 1999, Mark Sandman est décédé d'une crise cardiaque lors d'un concert à Rome.
Pancho Amat Y El Cabildo Del Son - El Tresero Llego
Francisco Pancho Amat (wikipédia, discogs), musicien cubain, né à La Havane en 1950. Il est surnommé el rey del tres cubano. La Tres Cubano est une petite guitare dotée de 3 paires de cordes accordée aujourd'hui en do majeur (sol-do-mi). La figure historique tutélaire pour l'instrument étant Arsenio Rodriguez (1911-1970).
Bobby Darin - Mack the Knife
Bobby Darin, né Walden Robert Cassotto (1936-1973) chanteur, auteur-compositeur jazz pop et acteur américain. (wikipédia - discogs). La chanson Mack the Knife est tirée de la comédie musicale L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, en allemand Die Moritat von Mackie Messer, en français La complainte de Mackie, dresse le portrait du redoutable Mackie le surineur aux méthodes expéditives. Un truand que n'auraient pas renié les familles Corleone et Soprano ! : "From a tugboat, down by the river / A cement bag's drooppin' down / Yeah, the cement's just for the weight, dear / Bet you Mack, he's back in town" (D'un remorqueur, descendant le fleuve / Un sac de ciment est balancé vers le fond / Oui, le ciment c'est juste pour le poids, mon cher / On parie que Mack est revenu). La version par Louis Armstrong est aussi mémorable.
« Et quelle est la morale de cette histoire ? demanda Ebi Kaim, l’homme placé immédiatement à sa gauche.
— Celle que vous y trouverez, répondit Rudzki. Moi, je sais ce que j’ai voulu dire, mais vous, vous savez bien mieux que moi ce que vous voulez comprendre et quelle est la morale dont vous avez le plus besoin en ce moment. On ne commente pas un conte. »
[...]
« Profitant du fait que monsieur Telak n’est toujours pas arrivé, je voudrais rappeler à chacun que les contes ne sont pas les seuls sujets qu’on ne commente pas. On ne parle pas non plus du déroulement de la thérapie. C’est un principe très important. Et cela même après une séance aussi intense que celle d’hier. Raison de plus pour ne pas en parler.
— Pourquoi ? demanda Ebi Kaim sans lever la tête de son assiette.
— Parce qu’alors nous recouvrons avec des mots et des tentatives d’interprétation ce que nous avons découvert. En lui laissant le temps, la vérité peut commencer à agir, trouver le chemin jusqu’à nos âmes. Pour chacun d’entre nous, il serait injuste et dommageable de tuer cette vérité avec des discours académiques. Faites-moi confiance, c’est bien mieux ainsi. »
Zygmunt Miłoszewski, Les impliqués, traduit du polonais par Kamil Barbarski, Mirobole éditions, 2013
Duke Ellington And His Orchestra - Nutcracker Suite
Vidéo promotionnelle de Columbia Records pour la sortie de l'album The Nutcracker Suite - Ellington, Strayhorn, Tchaikovsky (1959/1960)
Casse-Noisette, ballet-féerie de Piotr Ilitch Tchaïkovski, adapté par Billy Strayhorn et Duke Ellington
avec Paul Gonsalves (saxophone), Booty Wood (trombone), Ray Nance (trompette), ...
Willi Williams (1953 - ), chanteur de reggae et musicien de dub
Noel Ellis (Marshal Cousins) (1953-)
“Bongo” Gene Campbell
Summer Studio, Toronto, 1979 - discogs - single sur youtube -
Sly & The Family Stone - Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin)
Single de Sly and the Family Stone paru en 1969, édité sur l'album Greatest Hits (1970)
João Gilberto - Desafinado
Chanson écrite et composée par Antônio Carlos Jobim et Newton Mendonça en 1958
João Gilberto (1931-2019) - album Chega De Saudade (1959)
Georges Moustaki - Les eaux de Mars
Águas de Março, chanson brésilienne écrite et composée par Antônio Carlos Jobim en 1972.
Version française traduite par Moustaki pour l'album Déclaration (1973).
These days I read a lot. In the winter there’s not much else to do on the Côte d’Azur. The Greek and the German philosophers—I love that crap. I can’t see the point of reading a book by someone who’s dumber than you are, which accounts for most modern fiction, in my humble opinion. Plato talks about something called anamnesis, which is when something long forgotten comes to the surface of a man’s consciousness. Now, I’ll admit that just sounds like a fancy word for remembering something, but actually it’s more than that because, with remembering, it’s not necessary to have forgotten anything, which makes for a subtle distinction. That’s what cinema does. It brings long-forgotten things to the surface. When you’re least expecting it, too—which is how you come to walk out of a pretty bad film in La Ciotat with tears streaming down your face. Philip Kerr, The Lady from Zagreb, Quercus, 2015
Ces jours-ci, je lis beaucoup. L’hiver, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire sur la Côte d’Azur. Les philosophes grecs et allemands – j’adore ces foutaises. Je ne vois pas l’intérêt de lire un livre écrit par quelqu’un de plus idiot que soi, ce qui englobe les trois quarts de la fiction moderne. Platon parle de ce qu’il appelle l’anamnesis : quand une chose depuis longtemps oubliée remonte à la surface de la conscience. Bon, j’admets que ça paraît un bien grand mot pour désigner le souvenir, sauf qu’en réalité il s’agit de plus que ça, parce qu’avec le souvenir il n’est pas nécessaire d’avoir oublié quoi que ce soit, ce qui introduit une distinction subtile. C’est ce que fait le cinéma. Il ramène des choses à la surface. Lorsque vous vous y attendez le moins, de surcroît, ce qui explique que vous sortiez le visage en larmes après avoir vu un navet à La Ciotat. Philip Kerr, La Dame de Zagreb, trad. de Philippe Bonnet, Le Masque, 2016
Diane Dufresne - Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air
Album : Sur La Même Longueur D'Ondes, Kébec-Disc, 1975
Charlie Parker & Dizzy Gillespie - Hot House
DuMont Television, 24 février 1952
C'est la seule archive filmique de Charlie Parker (1920-1955) jouant en live. Un enregistrement historique réalisé par le réseau de télévision DuMont en 1952. La performance est précédée d'une remise de prix décernés par le magazine Down Beat : meilleur saxophoniste alto de l'année 1951 pour Charlie Parker et meilleur trompettiste de tous les temps pour Dizzy Gillespie. Le quintette est complété par Sandy Block à la contrebasse, Charlie Smith à la batterie et Dick Hyman au piano.
Frank Zappa and The Mothers Of Invention - Inca Roads (A Token Of His Extreme)
Enregistré en août 1974 par la chaîne de TV publique KCET à Hollywood
Frank Zappa : guitare, percussion, chant ; George Duke : claviers, tambourin, chant ; Napoleon Murphy Brock : saxophone, chant ; Ruth Underwood : percussions ; Tom Fowler : basse ; Chester Thompson : batterie
Album : Frank Zappa And The Mothers Of Invention – One Size Fits All, Discreet 1975
Hatfield And The North - Nan True's Hole / Big Jobs / Going Up To People And Tinkling
Enregistrement live aux studios du Château d'Hérouville en septembre 1973, diffusion dans l'émission Rockenstock en 1974 (source Discogs)
Richard Sinclair : basse, chant ; Pip Pyle, batterie ; Dave Stewart : claviers ; Phil Miller : guitare
album studio : Hatfield And The North - Virgin, 1973
Hubert-Félix Thiéfaine - Rock autopsie
Diffusion TV : Samedi entre nous - 28 février 1981 - France Régions 3 Besançon
avec Claude Mairet : guitare, Tony Carbonare : basse, Jean-Paul Simonin : batterie, Jean-Pierre Robert, guitare, Gilles Küsmérück : claviers
Album : Autorisation de délirer - Sterne, 1979
As the chopper left the ground the moratorium owner pressed a button on his control panel. Throughout the cabin of the chopper, from a dozen sources, the sound of Beethoven’s Missa Solemnis rolled forth sonorously, the many voices saying, “Agnus dei, qui tollis peccata mundi,” over and over again, accompanied by an electronically augmented symphony orchestra.
“Did you know that Toscanini used to sing along with the singers when be conducted an opera?” Joe said. “That in his recording of Traviata you can hear him during the aria ‘Sempre Libera’?”
“I didn’t know that,” Al said. He watched the sleek, sturdy conapts of Zurich move by below, a dignified and stately procession which Joe also found himself watching.
“Libera me, Domine,” Joe said.
“What’s that mean?”
Joe said, “It means, ‘God have mercy on me.’ Don’t you know that? Doesn’t everybody know that?”
“What made you think of it?” Al said.
“The music, the goddam music.” To von Vogelsang he said, “Turn the music off. Runciter can’t hear it. I’m the only one who can hear it, and I don’t feel like hearing it.” To Al he said, “You don’t want to hear it, do you?”
Al said, “Calm down, Joe.”
Philip K. Dick, Ubik, Doubleday, 1969
Au moment où l’engin décollait, le propriétaire du moratorium appuya sur un bouton du tableau de commandes. À travers la cabine, d’une douzaine de sources sonores s’élevèrent les accents de la Missa Solemnis de Beethoven, avec les chœurs chantant « Agnus Dei, qui tollis peccata mundi », accompagnés par un orchestre symphonique électroniquement augmenté.
— Saviez-vous que Toscanini chantait en même temps que les solistes quand il dirigeait un opéra ? demanda Joe. Dans son enregistrement de La Traviata, on l’entend distinctement durant l’aria Sempre libera.
— J’ignorais, dit Al.
Il observait les ensembles résidentiels robustes et lisses de Zurich qui défilaient sous eux, en une procession digne et majestueuse que Joe se surprit aussi à examiner.
— Libera me, Domine, déclara Joe.
— Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Ça veut dire : « Seigneur, délivrez-moi. » Vous ne le saviez pas ? Je pensais que tout le monde le savait.
— Qu’est-ce qui vous y a fait penser ? dit Al.
— La musique, cette saleté de musique. (Joe dit à von Vogelsang :) Vous ne pouvez pas arrêter votre bazar ? Runciter ne peut pas l’écouter. Il n’y a que moi qui l’entends, et je n’en ai pas envie. (Il poursuivit à l’intention d’Al :) Vous non plus, non ?
— Du calme, Joe, dit Al.
Philip K. Dick, Ubik (1969), trad. par Alain Dorémieux, R. Laffont, 1970 (Ailleurs et Demain)
John Maus - Juan's Basement Live
Juan’s Basement” - Pitchfork - 14 février 2018
Titres : The Combine ; Bennington ; Do Your Best ; Cop Killer ; Edge of Forever, des albums "Screen Memories" (2017), "Love Is Real" (2007) et "We Must Become the Pitiless Censors of Ourselves" (2011)
John Maus - discogs - wikipedia
Roxy Music - In Every Dream Home a Heartache
The Old Grey Whistle Test, BBC 1973
Roxy Music – For Your Pleasure, Island Records 1973
Bryan Ferry : chant, guitare rythmique ; Brian Eno : synthétiseur ; Andrew Mackay : orgue électronique ; Phil Manzanera : guitare électrique ; John Porter : basse ; Paul Thompson : batterie
Louis Andriessen - Vermeer Pictures
Vermeer Pictures (2005) suite de concert pour orchestre, Radio Kamer Filharmonie dirigé par Michael Schønwandt, d'après l'opéra Writing to Vermeer de Louis Andriessen (1939-2021) sur un livret de Peter Greenaway production TROS / Arvo, Pays-Bas
Pink Floyd - Pow R. Toc H.
"Pow R. Toc H.", instrumental avec effets vocaux (bruits de bouche et cris), enregistré sur l'album The Piper at the Gates of Dawn
BBC Session 20 décembre 1967
Syd Barrett – guitare, chant ; Roger Waters – basse, cris ; Richard Wright – claviers ; Nick Mason – batterie, percussions
Beethoven - Missa Solemnis. V. Agnus Dei - Nikolaus Harnoncourt
He took a long drag on the cigarette and tried to think of something he believed in. Only the most negative ideas emerged. He believed that if you hit a man very hard in the face, he would pay attention to you after that. Everything else seemed soft and inconsequential when compared to the finality of sudden violence. “If I was God,” Caleb had said, “I’d keep one hand on everybody’s balls.” Caleb had said it more or less as a joke, but to Frank it was the one true reality of life, the hard bedrock of everything else. But it was without comfort. It had no place for love or hope or mercy, but only raw and dreadful force, and the aching need for vengeance which it left behind. He glanced about the apartment, taking in its usual disarray. He thought of Karen’s house, then of Angelica’s room, its immaculate walls, perfectly made bed, polished mirror. It seemed as little a part of the real world as his own, and he wondered if a balanced life did not have to be lived somewhere in between order and disarray, in a borderland of neither too many rules nor too few.
Thomas H. Cook, Sacrificial Ground [Terrain sacrificiel], Putnam, 1988
Il tira une longue bouffée de sa cigarette et tenta de déterminer ce à quoi il croyait. Seules émergèrent les idées les plus négatives. Il croyait que, lorsqu’on frappe un homme très violemment au visage, il respecte ensuite son agresseur. Tout le reste semblait mou et ridicule comparativement au caractère définitif de la violence brute. — Si j’étais Dieu, disait Caleb, je tiendrais tout le monde par les couilles. C’était, du point de vue de Caleb, plus ou moins une blague, mais, pour Frank, c’était la seule véritable réalité de la vie, le fondement de tout le reste. Mais ce n’était pas réconfortant. Ça ne laissait pas de place à l’amour, l’espoir ou la pitié, seulement à la force brutale et terrifiante, au désir lancinant de vengeance qu’elle traînait dans son sillage. Il regarda l’appartement, le désordre qui y régnait. Il pensa à la maison de Karen, puis à la chambre d’Angelica : ses murs immaculés, son lit parfaitement fait, son miroir brillant. C’était un univers qui lui semblait presque aussi irréel que le sien et il se demanda si l’équilibre de l’existence ne se situait pas quelque part entre l’ordre et le désordre, à la frontière entre le trop de règles et l’insuffisance.
Thomas H. Cook, Qu'est-ce que tu t'imagines ?, [Sacrificial Ground], trad. de Daniel Lemoine, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Série noire », 1989
Helen Humes and All Star Band - Blues Ain't Nothing but a Woman
Helen Humes (chant), Sonny Terry (Harmonica), Brownie (Kazoo) McGhee (chant & guitare), Willie Dixon (chant & contrebasse), T-Bone Walker (chant & guitare), Memphis Slim (chant & piano), Jump Jackson (batterie) - 1962
dans le cadre de l'American Folk Blues Festival fondé par le producteur et journaliste allemand Joachim-Ernst Berendt (1922-2000), un festival qui parcouru régulièrement l'Europe (Allemagne, France, Grande-Bretagne), entre 1962 et 1985.
Captain Beefheart & the Magic Band
dans les studios de l'émission Beat-Club à Brême, 12 avril 1972 titres : Steal Softly Thru Snow, Click Clack, Golden Birdies, I'm Gonna Booglarize You Baby
albums : Trout Mask Replica (1969), The Spotlight Kid, Clear Spot (1972)
Captain Beefheart / Don Van Vliet (chant, saxophone), Bill Harkleroad "Zoot Horn Rollo" (guitare), Roy Estrada (guitare) , Elliot Ingber (guitare), Mark Boston "Rockette Morton" (basse) et Art Tripp (batterie)
Captain Beefheart - wikipédia - discogs
The Magic Band - wikipédia - discogs -
Klaus Schulze
Pop 2, ORTF, 1973 - présentateur : Patrice Blanc Francard, réalisateur : Michel Pamart
Klaus Schulze - wikipédia - discogs
Bad Brains - Banned in DC
Concert live au CBGB, New York, 1982 Earl Hudson, batterie ; Gary "Dr. Know" Miller, guitare ; Darryl Jenifer, bass ; H.R. (Human Right / Paul Hudson), chant Bad Brains, génial groupe de punk hardcore reggae de Washington, D.C wikipédia - Discogs
Leopold Godowsky - Sonate en mi mineur par Mûza Rubackytė
mouvements : II. Andante cantabile IV. Allegretto grazioso e dolce
album : Leopold Godowsky : Sonate pour piano en mi mineur. Karol Szymanowski (1882-1937) : 9 Préludes op. 1. Mūza Rubackyté, piano. 1 CD Ligia Digital, 2020. Mûza Rubackytė, pianiste lituanienne, née en 1959 - wikipédia -discogs -
Leopold Godowsky (1970-1938) - wikipédia
Mon cher ami, je vous envoie un petit ouvrage dont on ne pourrait pas dire, sans injustice, qu’il n’a ni queue ni tête, puisque tout, au contraire, y est à la fois tête et queue, alternativement et réciproquement. Considérez, je vous prie, quelles admirables commodités cette combinaison nous offre à tous, à vous, à moi et au lecteur. Nous pouvons couper où nous voulons, moi ma rêverie, vous le manuscrit, le lecteur sa lecture ; car je ne suspends pas la volonté rétive de celui-ci au fil interminable d’une intrigue superfine. Enlevez une vertèbre, et les deux morceaux de cette tortueuse fantaisie se rejoindront sans peine. Hachez-la en nombreux fragments, et vous verrez que chacun peut exister à part. Dans l’espérance que quelques-uns de ces tronçons seront assez vivants pour vous plaire et vous amuser, j’ose vous dédier le serpent tout entier.
Charles Baudelaire, Petits Poèmes en prose, À Arsène Houssaye
Ivica Percl
Artiste croate (1945-2007), chanteur-auteur-compositeur, poète, dessinateur et peintre. Chanteur contestataire, Ivica Percl avait pour idole Bob Dylan, il fut très populaire en Yougoslavie dans les années 60 et 70, et fit partie du groupe de rock de Zagreb, VIS Roboti (Les Robots) au sein duquel il jouait de la basse. Il interprétait aussi bien des chants patriotiques, des chants militaires que des chansons protestataires. En 1991, au début de la guerre civile en Yougoslavie, il se rendit sur le front des conflits et chanta pour les Forces armées de la république de Croatie. Ivica Percl fut membre de la Présidence de la Société croate des compositeurs (HDS).
Đorđe Balašević - Devojka sa čardaš nogama (La fille aux jambes Csárdás)
Đorđe Balašević (1953-2021) est un chanteur-auteur-compositeur-interprète serbe, mort du coronavirus le 21 février dernier, dans sa ville, à Novi Sad. Très populaire en Serbie, il y avait la stature d'un Brassens ou d'un Bob Dylan. Pendant les guerres de Yougoslavie, il adopte une position résolument pacifiste, dénonçant le conflit, et se montre très critique envers le régime de Slobodan Milošević. A son décès, le courrier des Balkans a titré "c'est toute la Yougoslavie qui pleure".
Mike Mainieri, vibraphone; Billy Cobham, batterie ; Eberhard Weber, basse ; Warren Bernhardt, claviers
album "Wanderlust", 1981.
Mike Mainieri, né en 1938, est le fondateur du groupe de jazz fusion Step Ahead
Groupe de rock expérimental allemand (kraut rock / space rock / prog rock) formé en 1967
Burghard Rausch (batterie), Jörg "Joshi" Schwenke (guitare), Lutz "Lüül" Ulbrich (guitare), Dietmar Burmeister (percussions), Michael "Fame" Günther (Basse), Michael "Höni" Hoenig (synthétiseurs)
Compositeur : Fausto Romitelli (1963-2004) : "On lui doit une saisissante mise en contact de l'écriture spectrale (harmonies-timbres, logique de la métamorphose, développement par vagues [...]) avec l'expression hallucinée et violente du rock psychédélique. Le brio de son écriture pour guitare électrique, son instrument fétiche – écriture de connaisseur, idiomatique, sinueuse, véritablement « électrique » – est comme la signature et l'essence de son style." (wikipédia)
La maison, je l’ai dit, était vieille et irrégulière. Les terrains étaient vastes, et un haut et solide mur de briques, couronné d’une couche de mortier et de verre cassé, en faisait le circuit. Ce rempart digne d’une prison formait la limite de notre domaine ; nos regards n’allaient au delà que trois fois par semaine, — une fois chaque samedi, dans l’après-midi, quand, accompagnés de deux maîtres d’étude, on nous permettait de faire de courtes promenades en commun à travers la campagne voisine, et deux fois le dimanche, quand nous allions, avec la régularité des troupes à la parade, assister aux offices du soir et du matin dans l’unique église du village. [...]
Dans un angle du mur massif rechignait une porte plus massive encore, solidement fermée, garnie de verrous et surmontée d’un buisson de ferrailles denticulées. Quels sentiments profonds de crainte elle inspirait ! Elle ne s’ouvrait jamais que pour les trois sorties et rentrées périodiques dont j’ai déjà parlé ; alors, dans chaque craquement de ses gonds puissants, nous trouvions une plénitude de mystère, — tout un monde d’observations solennelles, ou de méditations plus solennelles encore.
Le vaste enclos était d’une forme irrégulière et divisé en plusieurs parties, dont trois ou quatre des plus grandes constituaient la cour de récréation. Elle était aplanie et recouverte d’un sable menu et rude. Je me rappelle bien qu’elle ne contenait ni arbres ni bancs, ni quoi que ce soit d’analogue. Naturellement elle était située derrière la maison. Devant la façade s’étendait un petit parterre, planté de buis et d’autres arbustes ; mais nous ne traversions cette oasis sacrée que dans de bien rares occasions, telles que la première arrivée à l’école ou le départ définitif, ou peut-être quand, un ami, un parent nous ayant fait appeler, nous prenions joyeusement notre course vers le logis paternel, aux vacances de Noël ou de la Saint-Jean.
Mais la maison ! — quelle curieuse vieille bâtisse cela faisait ! — Pour moi, quel véritable palais d’enchantements ! Il n’y avait réellement pas de fin à ses détours, — à ses incompréhensibles subdivisions. Il était difficile, à n’importe quel moment donné, de dire avec certitude si l’on se trouvait au premier ou au second étage. D’une pièce à l’autre, on était toujours sûr de trouver trois ou quatre marches à monter ou à descendre. Puis les subdivisions latérales étaient innombrables, inconcevables, tournaient et retournaient si bien sur elles-mêmes, que nos idées les plus exactes relativement à l’ensemble du bâtiment n’étaient pas très différentes de celles à travers lesquelles nous envisageons l’infini. Durant les cinq ans de ma résidence, je n’ai jamais été capable de déterminer avec précision dans quelle localité lointaine était situé le petit dortoir qui m’était assigné en commun avec dix-huit ou vingt autres écoliers.
Edgar Allan PoeWilliam Wilson, traduction par Charles Baudelaire (extrait).
Augustus Pablo - Hugh Mundell - Jah In The Hills - Nature provides
Live Midi Festival - Hyères, 2006
Matt Fishbeck (chant, guitare), Ariel Pink (basse), Christopher Owens (claviers), Corey Lee Granet (guitare), Kate (melodica)
album : Stranded At Two Harbors - UUAR (UUnited Acoustic Recordings), 2006
Donald Byrd - Blackbyrd
Donald Byrd : trompette et bugle, Nathan Davis : saxophone soprano, Allan Barnes : saxophone ténor et flûte, Kevin Toney : piano électrique, Barney Perry : guitare, Keith Killgo : batterie, Ray Armando : percussions, Larry Mizell : claviers, Fonce Mizell : trompette, Henry Franklin : basse Album : Donald Byrd : Black Byrd (Blue Note 1973) Donald Byrd - Wikipédia - Discogs -
Dmitri Chostakovitch - Concerto pour piano, trompette et orchestre à cordes n°1 en do mineur
Concert enregistré à la Salle Pleyel le 01 décembre 2013
Daniil Trifonov, piano
Timur Martynov, trompette
Orchestre du Théâtre Mariinsky
Valery Gergiev, direction Don Kent, réalisation
Il y a quelques années, je me liai intimement avec un M. William Legrand. Il était d’une ancienne famille protestante, et jadis il avait été riche ; mais une série de malheurs l’avait réduit à la misère. Pour éviter l’humiliation de ses désastres, il quitta La Nouvelle-Orléans, la ville de ses aïeux, et établit sa demeure dans l’île de Sullivan, près Charleston, dans la Caroline du Sud.
Cette île est des plus singulières. Elle n’est guère composée que de sable de mer et a environ trois milles de long. En largeur, elle n’a jamais plus d’un quart de mille. Elle est séparée du continent par une crique à peine visible, qui filtre à travers une masse de roseaux et de vase, rendez-vous habituel des poules d’eau. La végétation, comme on peut le supposer, est pauvre, ou, pour ainsi dire, naine. On n’y trouve pas d’arbres d’une certaine dimension. Vers l’extrémité occidentale, à l’endroit où s’élèvent le fort Moultrie et quelques misérables bâtisses de bois habitées pendant l’été par les gens qui fuient les poussières et les fièvres de Charleston, on rencontre, il est vrai, le palmier nain sétigère ; mais toute l’île, à l’exception de ce point occidental et d’un espace triste et blanchâtre qui borde la mer, est couverte d’épaisses broussailles de myrte odoriférant, si estimé par les horticulteurs anglais. L’arbuste y monte souvent à une hauteur de quinze ou vingt pieds ; il y forme un taillis presque impénétrable et charge l’atmosphère de ses parfums.
Au plus profond de ce taillis, non loin de l’extrémité orientale de l’île, c’est-à-dire de la plus éloignée, Legrand s’était bâti lui-même une petite hutte, qu’il occupait quand, pour la première fois et par hasard, je fis sa connaissance.
Edgar Allan Poe, Le Scarabée d'or (The Gold-Bug), 1843 - traduction par Charles Baudelaire (1856) - (wikisource)
Rita Payés et Elisabeth Roma - Abril 74
Chanson de Luis Llach célébrant la « Révolution des Oeillets » qui mit fin à la dictature d'António de Oliveira Salazar le 25 avril 1974.
Companys, si sabeu on dorm la lluna blanca, / digueu-li que la vull / però no puc anar a estimar-la, / que encara hi ha combat. (Camarades si vous savez où dort la lune blanche / dites-lui combien je la désire, / mais que je ne peux encore venir la rejoindre / car il faut encore livrer combat.) - paroles sur le site lluisllach.fr
Chanson jouée au Parlement de Catalogne en commémoration du 80e anniversaire de l 'exécution de Lluís Companys, qui fut président de la généralité de Catalogne de 1934 jusqu'à la guerre civile espagnole, fusillé en 1940 par le régime franquiste.
Rita Payés Roma est une chanteuse et une tromboniste de jazz catalane, elle est accompagnée par sa mère, la guitariste Elisabeth Roma - wikipédia - discogs
Plume Latraverse - La légende du petit ours gris
Plume Latraverse interprète une chanson de Félix Leclerc.
Oyé oyé grands et petits enfants / La légende du petit ours gris / Qui fut trouvé dans une lande / Bien loin bien loin d'ici / Il couche dans le lit avec les tous petits / Jamais ferme ses yeux / Parce qu'il est malheureux
Plume Latraverse - Wikipédia - Discogs
The S.O.S. Band - Take Your Time (Do It Right)
The S.O.S. Band (S.O.S. pour Sounds Of Success) est un groupe de soul - funk disco d'Atlanta - Wikipédia - Discogs
Lluís Llach - Ítaca
Quan surts per fer el viatge cap a Itaca, / has de pregar que el camí sigui llarg, / ple d’aventures, ple de coneixences. / Has de pregar que el camí sigui llarg, / que siguin moltes les matinades / que entraràs en un port que els teus ulls ignoraven, / i vagis a ciutats per aprendre dels que saben.
(Quand tu partiras en voyage vers Ithaque / prie pour que le chemin soit long, / plein d’aventures, plein de découvertes. / Prie pour que le chemin soit long, / et nombreux les matins où tes yeux découvriront
un port ignoré, / et nombreuses les villes où tu chercheras le savoir.) paroles sur le site lluisllach.fr
Album Viatge A Itaca, 1975
Lluís Llach - Wikipédia - Discogs
Félix Leclerc - Le tour de l'île
Pour supporter / Le difficile / Et l'inutile / Y a l'tour de l'île / Quarante-deux milles / De choses tranquilles / Pour oublier / Grande blessure / Dessous l'armure / Eté, hiver / Y a l'tour de l'île / L'Ile d'Orléans