4 septembre 2007

La playlist de septembre

Sélection des disques du mois diffusés en salle Arts

Sébastien Tellier : "Politics", Virgin, 2004 (pop electro symphonique)

Stina Nordenstam : "This is Stina Nordenstam", Indepiendente, 2001 (chanteuse suédoise, "dream pop")

Aaron Copland : "Symphonie n° 3" (New York Philharmonic, Leonard Bernstein), Sony Classical, 1997 (musique moderne américaine)

Rickie Lee Jones, Warner Bros,1979 (chanteuse Pop folk jazz)

Massialia Sound System : "Occitanista", Wagram, 2002 (Raggamuffin marseillais)

My Chemical Romance : "The black parade", Reprise Records, 2006 (Glam rock metal)

Yann Tiersen : "Le phare" (Musique instrumentale acoustique)

Kryzysztof Penderecki : "Metamorphosen : concerto pour violon et orchestre n° 2" (Anne-Sophie Mutter, violon, London Symphony Orchestra) (musique contemporaine)

The Cure : "Three imaginary boys", Fiction Records, 1979 (Post-punk, New Wave)

Morton Feldman : "Coptic light", Deccaz Records, 1998 New World Symphony Orchestra (Musique contemporaine)

The Clash : "The story of the Clash, vol. 1", Sony Music, 1999 (Punk rock)

Antonio Vivaldi : "Concerto en la mineur pour 2 violons" (Nigel Kennedy, Orchestre Philharmonique de Berlin) , EMI Records, 2003 (Musique baroque)

Arab Strap : "Elephant shoe", Go Beat, 1999 (folk-pop "slowcore")

Joy Division : "Closer", Centre Date, 1980 (Post-punk, cold wave)

Bobby McFerrin : "The voice", Elektra Asylum Records, 1984 (chanteur soul jazz)

The velvet Underground, Polydor, 1969 (Rock new-yorkais)

The Music, Virgin Records, 2002 (Pop rock)

Archive : "You all look the same to me", Warner Music, 2002 (Trip-hop)

Anaïs : "The cheap show", Warner Music, 2006 (chanson)

Sofia Gubaidulina : "The canticle of the sun" (London Symphony Orchestra, Mstislav Rostropovich) , EMI Classics, 2001 (Musique contemporaine)

Michael Bublé : "Call me irresponsible", Warner Music, 2007 (variétés jazzy)

Raul Paz : "Revolucion", Cuba libre, records, 2005 (musicien cubain)

Daniel Fernandez : "Son de peau", Autoproduction, 2006 (chanson World)

DJ Shadow : "The Private press", A&M Records, 2002 (Triphop, Hip-hop, Breakbeat)

3 septembre 2007

Jacques Attali : "Bruits" : livre de la semaine

"La musique entretient avec l'argent des rapports étranges, ambigus et prophétiques.
Le musicien, depuis le cantor jusqu'à la vedette du show business en passant par le jongleur, le ménestrel et le compositeur du XIXe siècle, a toujours été soumis aux pressions et aux censures du pouvoir politique et à celui de l'argent. Il est même devenu un élément essentiel de la société de consommation, un des premiers artistes reproductibles en série, canalisé dans la marchandise.
Encaserné, il est resté cependant révolutionnaire parce que prophétique. Producteur de signe pur, il a annoncé tous les grands changements dans l'organisation économique, politique et idéologique, toutes les grandes crises de nos sociétés. Son oeuvre, bruit pour le style dominant, vient créer les styles et les ordres de l'avenir.
"

"Le savoir occitental tente, depuis vingt-cinq siècles, de voir le monde. Il n'a pas compris que le monde ne se regarde pas, il s'entend. Il ne se lit pas, il s'écoute"
Attali, Jacques, Bruits : essai sur l'économie politique de la musique, Presses universitaires de France, 1977, 301 p., Bibliogr. p. 297-301

A lire sur le site Evene.fr, une interview de Jacques Attali à l'occasion de la sortie en janvier de "Une brève histoire de l’avenir" chez Fayard

30 août 2007

Pascal Quignard : "La haine de la musique" : livre de la semaine


Quand la musique était rare, sa convocation était bouleversante comme sa séduction vertigineuse.
Quand la convocation est incessante, la musique repousse.
Le silence est devenu le vertige moderne.
Son extase."

"La durée du microsillon de gomme-laque (trois minutes) a imposé à la musique moderne sa briéveté harassante."

"Le quatuor à cordes européen.
Quatre hommes en noir, avec des noeuds papillons autour du cou, s'échinent sur des arcs en bois, avec des crins de cheval, sur des boyaux de mouton."


Pascal Quignard, La haine de la musique, Gallimard, 1997 (Folio)

28 août 2007

Disparition du disque et prestige du livre

Valeur d'usage, valeur d'échange et valeur symbolique
Commentant, dans un billet intitulé : "Âge et génération" les analyses apportées par la lettre Culture et prospective du Ministère de la Culture « Approche générationnelle des pratiques culturelles et médiatiques », le blogeur montréalais Jean-Michel Salaün formule cette judicieuse constatation :
"Il n’y a pas de relation mécanique entre la tendance positive ou négative des pratiques et la santé économique de la filière. Même si l’on peut interpréter ces tendances en termes de cycle de vie d'un produit, tout dépend de la capacité de valorisation mise en place par le jeu des acteurs. Le contraste entre la situation du livre et celle de la musique, dans le rapport valorisation/pratiques, est flagrant. Les acteurs de la première filière ne s’en sortent pas trop mal, malgré des indicateurs de pratiques calamiteux, tandis que les seconds plongent alors même que la pratique de la musique enregistrée ne cesse de croître. Ainsi, la stratégie est un élément fondamental, d’autant plus délicat à manier que le numérique change, de façon inédite à la fois les modes de valorisation et les pratiques."
Dans le dernier film de Christopher Nolan : "The Prestige" (2006), deux magiciens interprétés par Hugh Jackman et Christian Bale d'abord associés puis concurrents, rivalisent d'ingéniosité pour concevoir le tour de magie ultime qui sidérera l'assistance et qui apportera à son inventeur la renommée et la fortune.


On ne dévoilera rien de l'intrigue en expliquant le sens du mot prestige dans le contexte du film : Dans le prologue du film, une voix off décrit les trois étapes nécessaires à la réussite d'un numéro de magie : 1. "la promesse", c'est la présentation du numéro, la mise en condition du spectateur, 2. "le tour" : la disparition mystérieuse, et 3. le clou du spectacle, "le prestige" : la réapparition du sujet que l'on avait fait disparaître.
Ainsi le tour ne saurait suffire au succès d'un numéro de magie, celui-ci trouve sa complétude, sa perfection par une résolution heureuse. Un peu comme en musique, où pour créer une impression d'apaisement le morceau doit se terminer sur la tonique.
En cela qu'importe que "la lecture assidue de livres baisse à la fois avec l’âge et les générations" et que dans un même temps "la pratique de la musique enregistrée s’accroi[sse] avec les générations montantes".
Pendant que le monde du disque se dématérialise sans avoir encore trouvé le moyen de revenir sous les feux des projecteurs, le monde de l'édition imprimée continue par un savant jeu de fumée et de miroirs à donner des gages de sa présence.
On aimerait connaître le truc !

SongTapper : site web de la semaine

Espace, Espace, Espace, Espace... Espace, Espace... Espace, Espace, Espace
Le principe du site : "Find music by tapping the rhythm of the song's melody", c'est-à-dire retrouver le titre d'une musique en tapant le rythme de la mélodie de la chanson sur la barre d'espace du clavier. (Merci à Fabien de Grenoble pour l'info)
Le résultat est très loin d'être garanti, mais parfois, miracle, ça marche.
Parmi nos tentatives, le site a reconnu "Smoke on the water" et "Video killed the radio star" ... des airs dont on oublie rarement le titre !

Dernière recommandation : avant d'essayer, expliquez votre démarche autour de vous, afin que vos collègues ou votre famille ne vous prennent pas pour un fou.
http://www.songtapper.com/

25 août 2007

The Librarian: Return to King Solomon's Mines : vidéo de la semaine #21

Non, il ne s'agit pas d'un photomontage, c'est bien l'affiche d'un vrai film sorti en 2006 aux Etats-Unis avec dans le rôle principal Noah Wyle, le célèbre docteur Carter de la série Urgences.
Le film, qui n'est pas distribué en France, raconte les aventures de Flynn Carsen, un jeune bibliothécaire, au profil d'adulescent dans une fusion improbable d'Harry Potter et d'Indiana Jones. Il ne maîtrise pas la magie, ou le fouet, son arme... c'est un grimoire qu'il sort de sa besace !

Le concept semble avoir séduit le public américain puisque "The Librarian: Return to King Solomon's Mines" fait suite à "The Librarian: Quest for the Spear" (2004), dans lequel l'acteur lynchéen Kyle MacLachlan (Dune, Blue velvet, Twin Peaks) incarnait le méchant.
Un bibliothécaire aventurier, voilà une représentation positive plutôt inédite au cinéma, et l'initiative mérite d'être saluée, même si ces films ne devraient pas marquer la mémoire des cinéphiles, ni celle des dévédévores.

http://alt.tnt.tv/librarian_return/index.html

Theodor W. Adorno : "Le caractère fétiche dans la musique" : livre de la semaine

"L'ensemble de la vie musicale contemporaine est dominé par la forme de la marchandise : les derniers vestiges précapitalistes ont disparu. La musique, à laquelle on accorde avec générosité tous les attributs des choses éthérées et sublimes, sert essentiellement la publicité des marchandises que l'on doit précisément acquérir pour pouvoir écouter de la musique."(1938)

Theodor W. Adorno : "Le caractère fétiche dans la musique et la régression de l'écoute [ = Über den Fetischcharackter in der Musik und die Regression des Hören] ; traduit de l'allemand par Christophe David, Editions Allia, 2001, 84 p.


Liens : Les articles de Wikipédia sur Adorno, sur l'Ecole de Francfort, une autre traduction du texte par M. Jimenez.

23 août 2007

Vingt-cinq ans après, le CD reste un objet tendance

Six feet under
De nombreux médias célèbrent l'anniversaire du disque compact à la manière d'un enterrement de première classe (ici, là, et encore là).
Etrange acharnement qui pourrait parfois ressembler à une campagne de contre-publicité.

"Chébran, c’est dépassé, il faut dire câblé"
Dans le même temps, un fournisseur d'accès Internet lance une offre de téléchargement illimité de musique. Vraiment illimité ? Pas tant que ça en fait. D'abord parce que les fichiers musicaux téléchargés cessent d'être jouables à l'arrêt de l'abonnement (because les DRM).
Ensuite parce que l'offre est limitée au catalogue d'une seule major, dans le cas de Neuf Cegetel, il s'agit d 'Universal Music Group.
Enfin dernière "contrainte, l'abonné devra piocher dans un seul et unique genre musical, parmi le neuf proposés par le site mis en place par Neuf Cegetel" comme nous l'apprend SVM.
Voilà qui n'est pas fait pour favoriser la curiosité musicale des abonnés, mais ce n'est sans doute pas le but poursuivi dans l'affaire.
Le spot de pub qui tourne actuellement sur les écrans est assez drôle : il montre de jeunes cadres branchés réunis en conférence parlant de cette nouvelle offre, leur dialogue n'est constitué que de noms de musiciens. Révélateur, pratiquemement tous les noms cités sont ceux d'artistes de variété, et pour la plupart des artistes "internationaux", c'est à dire anglo-saxons.
Toujours à l'oeuvre, cette concentration de l'offre allant de pair avec une massification des goûts musicaux, déja décrite par le philosophe Theodor W. Adorno, il y a plus d'un demi-siècle dans "Du fétichisme en musique et de la régression de l'audition".

Fashionista
Dans ce contexte morose, les amateurs de disques se consoleront peut-être en apprenant qu'un blog de graphistes s'intéresse aux palettes de couleurs des pochettes de leurs chers cd. (une info lue sur Presse-Citron)

Par exemple, si d'aventure, impressionné par le bagou de la présentatrice de D&Co sur M6, dans un moment d'euphorie vous avez repeint entièrement votre salon en fushia laqué, les tendanceurs de colourlovers vous recommandent le dernier Madonna.

En revanche, si vous avez l'intention de "tuner" votre cuisine de 10 m2 dans le style "loft industriel", ambiance "design minimal", tout en "métal brossé et béton brut" optez plutôt pour la palette de couleurs en gamme de gris bleu du cd de John Mayer.


D'autres recommandations "musicales" ici : http://www.colourlovers.com/blog/2007/04/09/grammy-award-winning-album-colors-2007/