11 février 2026

Bonsoir, m'amour ! : chanson #178


Bonsoir,  m'amour !, paroles Raoul Le Peltier, musique Aldemar Sablon, par Emma Liébel (1913)



Un joli teint frais de rose en bouton,
Des cheveux du plus beau blond,
Ouvrière humble et jolie,
Elle suivait tout droit sa vie,
Lorsqu'un jeune homme vint, comme dans un roman,
Qui l'avait vue en passant,
Et qui, s'efforçant de la rencontrer,
S'était mis à l'adorer.
Et, timide, un soir que la nuit tombait,
Avec un sourire il lui murmurait :

"Bonsoir m'amour, bonsoir ma fleur,
Bonsoir toute mon âme !
O toi qui tient tout mon bonheur
Dans ton regard de femme !
De ta beauté, de ton amour,
Si ma route est fleurie,
Je veux te jurer, ma jolie,
De t'aimer toujours !"

Ça fit un mariage et ce fut charmant ;
Du blond, du rose et du blanc !
Le mariage c'est bon tout d'même
Quand c'est pour la vie que l'on s'aime !
Ils n'eurent pas besoin quand ils furent unis
D'faire un voyage dans le midi :
Le midi, le ciel bleu, le soleil et les fleurs,
Ils en avaient plein leur cœur.
L' homme, en travaillant, assurait l'avenir
Et chantait le soir avant de s'endormir :

"Bonsoir m'amour, bonsoir ma fleur,
Bonsoir toute mon âme !
..."

***

Parmi les autres versions enregistrées, celles de Marcelly (1912), Jean Sablon (1950), Germaine Sablon, ...


***

La chanson de Craonne, chanson contestataire antimilitariste et anticapitaliste, chantée par des soldats français pendant la Première Guerre mondiale reprend la mélodie de Bonsoir m’Amour !

[...]
Adieu la vie, adieu l'amour
Adieu toutes les femmes
C'est bien fini et pour toujours
De cette guerre infâme
C'est à Craonne sur le plateau
Qu'on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

C'est malheureux de voir sur les grands boulevards
Tous ces gros qui font la foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c'est pas la même chose
Au lieu de se cacher tous ces embusquées
Feraient mieux de monter aux tranchées
Pour défendre leurs biens car nous n'avons rien
Nous autres pauvres purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour remplir les poches de ces messieurs là

Ceux qu'ont le pognon, ceux-là reviendrons
Car c'est pour eux qu'on crève
Mais c'est fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce sera votre tour, messieurs les gros
De monter sur le plateau
Car si vous voulez la guerre
Payez-la de votre peau
Car si vous voulez la guerre
Payez-la de votre peau.

Par Marc Ogeret :


https://fr.wikipedia.org/wiki/La_chanson_de_Craonne

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