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8 mai 2020

My Favorite Things #8 : les albums préférés de Vincent Bouteloup



Certains albums, tels des poèmes que nous connaissons par cœur, nous accompagnent au long des années, des décennies. Chargés de souvenirs, déclencheurs de nos évolutions, témoins de nos cheminements, énigmes résistant à l'usure du temps, traversant les modes, conservant la fraîcheur de la découverte à chaque nouvelle écoute....

Merci à Vincent Bouteloup, bibliothécaire musical à la médiathèque d'Argentan Intercom, auteur de BD, musicien, co-fondateur de Ziklibrenbib et membre du CA de l'ACIM d'avoir répondu à l'invitation.

Genesis – Foxtrot (Charisma, 1972)

4ème album de Genesis. Je le mets ici parce que quelque part cet album a été déterminant dans mon écoute et mes goûts musicaux. J’étais au collège et c’était la grande époque Invisible touch de Genesis. Au supermarché du coin il y avait un bac de K7 soldé et j’ai acheté Foxtrot. Mais quand je l’ai mise dans mon lecteur K7 en rentrant chez moi ça a été la déconfiture totale. Qu’est ce que c’était que cette musique ? Et cette pochette si étrange ? Il me semblait pourtant que c’était la voix de Phil Collins (à l’époque je ne savais pas que Peter Gabriel avait été chanteur du groupe), mais tout était différent. J’avais des sentiments très ambivalents, à la fois ça me révulsait et en même temps ça me fascinait complètement. Par la suite je me suis mis à écouter les premiers Supertramp, puis surtout Pink Floyd, Yes, King Crimson... bref ça m’a fait rentrer dans le rock progressif et surtout ça m’a ouvert sur des choses très différentes que ce j’écoutais sur la FM avant. D’ailleurs ces dernières années, j’ai lu avec grand plaisir certains livres de Aymeric Leroy sur le sujet chez le Mot et le Reste ou de Frédéric Delage. 

Willow farm



Chameleons – The Script of the bridge (Statik, 1983)

1er album du quatuor new wave britannique. Ce disque me suit depuis le lycée. Il fait parti des grandes découvertes que j’ai fait ces années là parmi les 33t de la bibliothèque d’Avranches. A la base, c’est la pochette qui m’avait attiré, et ce sont les entrelacs de guitares que je retiens le plus (tout comme leur album suivant What Does Anything Mean? Basically). Un album injustement méconnu, qui a influencé en partie toute la vague noisy des années 90 et la vague post punk des années 2000 !

Don’t fall



Hüsker Dü – Zen arcade (SST, 1984)

3eme album du trio hardcore punk de Minneapolis. C’est l’album qui m’a appris à aimer les voix hurlées. J’ai longtemps fantasmé sur la musique de Hüsker Dü simplement à la vue de leur typographie et des pochettes des albums, notamment celle de Zen arcade (Internet n’existait pas encore quand j’étais au lycée) et la dimension conceptuelle de l’album (encore un héritage du rock progressif!). Avec Metal circus, ce sont ces 2 albums que je préfère, surtout pour le son de guitare inimitable de Bob Mould et pour la colère qui habite ces morceaux ! D’ailleurs, j’ai adoré sa passionnante autobiographie See a little light au Camion Blanc.

I will never forget you



God Machine - One Last Laugh In A Place Of Dying... (Fiction, 1994)

2ème et dernier album du plus anglais des trios américains. En 1996, je suis allé voir Sophia en concert à Caen (le groupe que Robin Proper-Sheppard a fondé juste après la mort brutale du bassiste de God Machine, Jimmy Fernandez ). Les titres de l’album et Robin Proper-Sheppard ne parlaient que de la disparition de son bassiste, et c’est sans doute le meilleur concert que j’ai jamais vu tellement c’était fort et poignant ! Dans cet album de God Machine, il y a les prémisses de Sophia, mais il y a aussi et surtout une telle tension. J’ai toujours aimé les trios guitare/basse/batterie (comme Hüsker Dü ou les premiers Therapy ? (Babyteeth, Nurse, Pleasure death aussi), surtout l’inventivité dont ces trios font preuve pour se passer d’une deuxième guitare, en l’occurrence God Machine était les maîtres en la matière !

Mama



Pinback – This is a pinback CD (Ace Fu Records, 1999)

1er album du duo californien. Quand je suis arrivé à la médiathèque d’Argentan, la première chose que j’ai fait c’est d’écouter tous les CD de rock/electro que je ne connaissais pas. J’avais gardé ceux avec la pochette la plus moche pour la fin et celui de Pinback en faisait parti ! Je l’ai mis sur ma platine chez moi en pensant zapper vite fait et le ramener (j’en donnais pas cher!), et là la grosse claque. J’ai arrêté ce que j’étais en train de faire et je me suis assis pour tout écouter ! Ces pop songs si simples et évidentes, dépouillées, inventives et reposant surtout sur les vocaux m’ont complètement scotché ! Depuis j’ai tous les albums de Pinback évidemment !

Tripoli


Godspeed you black emperor - Slow Riot For New Zero Kanada E.P. (Constellation, 1999)

1er EP du collectif montréalais. Encore un groupe qui doit beaucoup au rock progressif. J’adore l’intégration des captations (bruits urbains, prêcheurs dans la rue...) et l’ambiance de fin du monde. J’ai beaucoup aimé les premières productions du label Constellation (Do Make Say Think, Frankie Sparo, The Silver Mt. Zion, Set Fire To Flames). Il y avait là un nouveau paysage sonore avec une identité forte qui naissait, c’était une période passionnante !

Moya



Boards of Canada – Geogaddi (Warp, 2002)

4ème album du duo écossais. C’est l’album electro que j’écoute le plus depuis début 2000. C’est l’album que je fais le plus tourner en Espace Image & Son de la médiathèque d’Argentan. Leur musique est complètement intemporelle et organique et une vraie source d’influence. d’influence. Les sorties de Warp des années 90 était fantastique avec des artistes comme Squarepusher, Aphex Twin ou Autechre. Depuis plusieurs années, je trouve que le label a perdu son identité et s’est éparpillé en sortant plein de styles musicaux qu’il n’avait pas auparavant dans son répertoire, c’est dommage !

Music is math



Neurosis – The Eye of the storm (Neurot, 2004)

10ème album du groupe américain, fer de lance du post hardcore. Encore un lien avec le rock progressif, les membres de Neurosis étant fan de la première époque de Pink Floyd (Live at Pompéi notamment). Crépusculaire, lyrique, cet album m’avait accroché parce que le groupe avait intégré des influences atmosphériques lorgnant vers le post-rock. Ça m’a permis d’enchaîner ensuite avec le Somewhere along the highway de Cult Of Luna (puis tous les autres albums), Panopticon de Isis, ou dans le même temps All The Footprints You've Ever Left And The Fear Expecting Ahead de Envy. Bref des choses assez extrêmes (surtout pour les japonnais de Envy). Mi 2000, pour la médiathèque j’ai commencé à travailler avec un disquaire caennais, Paranoïd Records, tenu par Nicolas Bazire, un des guitaristes du groupe post-hardcore Amanda Woodward caennais. Evidemment, il y a avait une grosse sélection hardcore et musiques extrêmes dans leur magasin, et ils m’ont aiguillé vers pas mal de découvertes.

Bridges



Tetarise - Playing in the glow (Kahvi Collective, 2016)


Tetarise est un dj russe spécialisé dans le courant trance. On a tous fait un rêve où on emporte quelque chose de notre rêve, et on a l’impression qu’on le ramène avec nous quand on se réveille. Eh bien j’ai eu ce sentiment là avec les musiques libres, au début où j’ai découvert archive.org et les netlabels, je trouvais ça incroyable qu’il y ai tellement de contenus libres mis à disposition ! Sans Ziklibrenbib je n’aurais sans doute jamais écouté de la trance russe par exemple ! L’electro de Tetarise est hyper synthétique mais chargée d’émotion. J’ai de l’admiration pour ces musiciens (dans le même genre Gridline, Dissolved, Leksha...) qui œuvrent loin des médias traditionnels, souvent sans plan de carrière, avec une certaine philosophie du partage (et celle des netlabels) et qui font juste ça pour l’amour de la musique !

Addicted


***


Comment écoutes-tu la musique aujourd'hui ?
De quatre façons : à la maison sur support CD sur ma chaine hi-fi ; à la maison sur ordinateur et au casque pour les albums mp3 ; au travail sur ordinateur et au casque pour les mp3 et streaming (bandcamp, youtube...) ; en voiture sur mon vieux autoradio K7 (avec ma vieille collection de K7 que j’ai encore !) 
L'autopiedgraphie - K7 Maker



Quelque plateforme de streaming utilises-tu ? 
Au travail je me sers principalement de bandcamp et youtube. Mais aussi de archive.org et freemusic archive pour les albums sous creative commons Chez moi j’écoute peu en ligne, plutôt des albums MP3 téléchargés et des CD.

Continues-tu à acheter des disques ? Des CD ? Des vinyles ? 
Et je me suis remis à acheter des CD d’occase (on trouve vraiment plein de choses à prix très bas! ) de temps en temps sur Internet, albums que j’avais souvent au préalable en K7, il y a quelques années et que je redécouvre grâce à mon super autoradiok7 (mes derniers rachats en date, les 2 premiers Soul Caughing !) !

Comment te tiens-tu au courant de l'actualité musicale ? 
La presse (les Inrocks, Télérama, Rock & Folk...), les webzines et blogs. Mes préférés : MownoXSilence.netMetalorgie.

Comme co-fondateur de ziklibrenbib, est-ce que la musique libre a changé ton écoute, ou le choix des musiques vers lesquelles tu portes ton attention ?
J’ai découvert les musiques libres en recherchant des groupes de post-rock début des années 2000 sur Internet (notamment Milhaven et Jasmin) et aussi à cause d’un netlabel Les Diks qui sautent monté par un copain, Guillaume Cardin (aka David Snug, dessinateur de BD) qui a publié des albums de groupes dans lesquels je jouais. Les artistes gagneraient à connaître plus les Creative Commons, leurs oeuvres sont protégés et ils peuvent autoriser explicitement la diffusion et l’utilisation de leurs musique (remix, samples...), choses avec lesquels ils sont bien souvent d’accord, mais bloqué par défaut par le traditionnel copyright. Avec la musique libre, j’ai élargi ma palette sonore (de choses que je n’écouterais pas en temps normal) ! Et en règle générale, j’aime être surpris par ce que je découvre... Depuis quelques temps, j’écoute aussi d’une autre oreille la musique libre, pour trouver des samples potentiels pour un projet musical basé sur la musique libre fait à mes heures perdues : Iliaque
L'autopiedgraphie -  La genèse du projet ziklibrenbib en BD Ziklibrenbib - Ziklibrenbib 2

Tu es auteur de bandes dessinées, tu as récemment mis en ligne un article Rock et BD en Médiathèque de l'ACIM et signé le visuel des RNBM 2019. Quels liens fais-tu entre le dessin et la musique ?
L’un nourrit l’autre. D’abord j’écoute forcément de la musique quand je dessine, c’est une écoute privilégié parce que le dessin a un fort pouvoir immersif ! Ensuite quand je me suis intéressé à la BD au lycée, c ‘était avec la bande à Margerin (Berberian, Mezzo, PirusPirus, Dodo & Ben Radis, Jano...) donc une BD fortement marqué par le rock. Ça a continué ces dernières années avec par exemple les Lock Groove comix de JC Menu à l’Association, pleins d’anecdotes, d’expérience d’écoutes, ou les livres de Hervé Bourhis (le Petit Livre du Rock pour ne citer que lui). Et l’envie de raconter mes expériences (notamment foireuses) de groupes de rock en BD :

une BD illustrant un peu mon cheminement dans l’écoute de la musique... 
L'autopiedgraphie -  La musique de viking

L'autopiedgraphie


Quelques bandes dessinées auto-éditées et libres faites à mes heures perdues (ou trouvées plutôt ;-)

Ziklibrenbib

est un site consacré aux musiques libres (sous Creative Commons). Il a été créé par Antoine Viry (Médiathèque de Pacé) et moi-même (Médiathèque d’Argentan) en 2012. Le but était de médiatiser les musiques libres au sein des médiathèques (vers les professionnels et le public) en sélectionnant des albums (publication de 3 chroniques hebdomadaires) et en proposant une boîte à outils pour les bibliothécaires. D’autres bibliothèques ont rejoint l’aventure depuis (une quinzaine de chroniqueurs et une trentaine de participants réguliers) et sont venu enrichir les sélections du site à travers les chroniques, mais aussi les compilations et la traditionnelle élection du meilleur titre Ziklibrenbib chaque année. Des tournées d’artistes libres ont aussi pu voir le jour grâce à ce projet !

17 mars 2012

Direction Montreuil, pour les Rencontres Nationales des Bibliothécaires Musicaux 2012 sur le thème de la Mutualisation

Lundi matin, l'empereur, sa femme et le petit prince plus de 160 bibliothécaires musicaux et discothécaires fredonneront « Direction Montreuil, sur le quai quoi d'neuf ligne 9 ».



En effet, les Rencontres Nationales des Bibliothécaires Musicaux 2012 organisées par l'ACIM se dérouleront les 19 et 20 Mars au Théâtre Berthelot de Montreuil (93). La thématique de cette édition 2012 sera la mutualisation.

Au programme :

Lundi 19 mars
9h 45 : Ouverture des rencontres par Emmanuel Cuffini, Adjoint à la Maire chargé de la Culture de la Ville deMontreuil et Xavier Galaup, président de l’ACIM

10h : « Et si on partageait la culture ? » : Echange avec Serge Saada autour de son livre éponyme.

11h 15 : Assemblée Générale de l’ACIM

14h 30 – 17 h : 4 Ateliers sont proposés :
1. Mutualiser les collections
Animation/Modération : Sophie Cornière avec Christian Massault (Médiathèque Départementale de la Loire)
Idée(s) abordée(s) : La Sonothèque, autres contacts en cours
2. Mutualiser l’action culturelle
Animation/Modération : Jean-Raphaël Rondreux et Bruno Neveux
Intervenants : Véronique Doussot (Bibliothèques-Médiathèques de Metz), Vincent Bouteloup (Médiathèque François Mitterrand, Argentan), Patrick Goczkowski (Médiathèque départementale du Val d’Oise) et Hervé Duret (Bibliothèque d’Etude et d’Information de l’agglomération de Cergy-Pontoise), Marie Segues (Médiathèque de Tournefeuille)
3. Mutualiser la formation
Animation/Modération : Gilles Pierret et Christian Massault
Intervenants : Pierre Rebuffet (BMMP31), Gilles Pierret (Médiathèque Musicale de Paris), .
4. Mutualiser les outils
Animation/Modération : Nicolas Blondeau et Xavier Galaup
Intervenants : Catherine Brétéché (Scoop.it), Catherine Lanoë (Amply) et Jean-Michel Jung (Radios collaboratives du portail MusicMe de la Bibliothèque Départementale du Bas-Rhin)

20h : Scène ouverte aux bibliothécaires musicaux (sur inscription, indiquez votre instrument de musique) & Concert (Holy Dust - http://www.myspace.com/theholydust)

Mardi 20 mars

9h – 10 h 15 : Forum des bibliothécaires musicaux, sur inscription. Présentation libre et échange de 10 minutes de projets, d’expériences, etc… (à partir d’un support de 2/3 affiches, d’un ordinateur,…). Les participants auront ainsi la possibilité de faire le tour de différentes présentations.

10h 30 – 12 h : Table Ronde sur la mutualisation organisée par l’IRMA
Modération/introduction : Frédéric Drewniak.
Avec Nicolas Acquaviva, Réseau 92 (Clamart, action sur tout le département du 92), Jérémy Galliot, Fédération Hiéro Limoges (Action sur Limoges + Limousin), Marc Mourguiart, Le Transfo, (Clermont-Farrand, action sur toute la région Auvergne)

14h – 16 h : Restitutions des ateliers

16h 30 : Conclusion

Svinkels - le métro


"Comment veux tu, qu'jai l'esprit libre
Tous les jours j'me r'tappe la même ligne,
Saoulé des rails, et d'son train-train quotidien
Je n'vois pas l'bout du tunnel, à quand le bout du tunnel...

Direction Montreuil, sur le quai quoi d'neuf ligne 9
Les rangs s'resserent y'a du bizness dans l'air
"

Le Programme des Rencontres Nationales des Bibliothécaires Musicaux 2012 sur le site de l'ACIM :
http://www.acim.asso.fr/2011/12/programme-des-rencontres-nationales-des-bibliothecaires-musicaux-2012-montreuil/

21 juin 2011

La musique a toute sa place en bibliothèque.

L'ACIM (Association pour la Coopération des professionnels de l'Information Musicale) publie un texte rappelant les enjeux de la musique en bibliothèque ( http://www.acim.asso.fr/spip.php?article335):

La musique est un langage universel propre à attirer et à fédérer tous les citoyens, indépendamment de leurs origines et de leurs catégories socioprofessionnelles. Si l'écoute et la pratique musicale ne cessent de se développer dans le monde, en revanche la culture musicale est trop souvent négligée au niveau institutionnel en France, excepté dans de rares circuits, et n’a jamais été prise en compte par des acteurs économiques davantage préoccupés par la rentabilité de leurs investissements que par la diversité musicale.

Le défunt Conseil Supérieur des Bibliothèques avait constaté dans ses différents rapports que la place de la musique était encore insuffisante dans les bibliothèques. Alors même que cette situation perdure globalement, la musique en bibliothèque est aujourd'hui fragilisée par la baisse des prêts, le développement de l'écoute et du téléchargement en ligne. C'est ainsi que plusieurs nouvelles médiathèques ont ouvert récemment sans présenter la totalité de la documentation musicale (livres, partitions, dvd et disques compacts) voire sans musique.

Ce choix nous semble une grave erreur car l'offre musicale en bibliothèque ne saurait se résumer à une borne de téléchargement ou à une ressource en ligne. Si la place du support CD pourrait être amenée à se réduire à moyen terme, sa présence reste pour l'instant la meilleure manière de matérialiser dans nos locaux une offre musicale hybride, c'est à dire mélangeant collections physiques et collections dématérialisées.

Renoncer à la musique en bibliothèque reviendrait à l'abandonner aux acteurs du secteur marchand qui n'ont pas le souci de la diversité et de la pérennité des œuvres musicales. Tout n'est pas sur le net et tout n'y est pas visible. Malgré son apparente abondance (plus de 7 à 8 millions de titres annoncés sur des plateformes de streaming), l'offre de musique en ligne reste lacunaire dès lors que l'on sort des musiques de consommation courante.

La musique représente une pratique culturelle majeure dans nos sociétés au même titre que la littérature ou le cinéma. Or les pratiques culturelles ne sont pas étanches. Renoncer à la musique en bibliothèque risquerait aussi, en supprimant des passerelles entre elles, de remettre en cause, pour un public éclectique, l'intérêt pour les collections de littérature et de cinéma.

Rappelons à ce propos l’article 7 de la Charte des bibliothèques qui stipule que : "Les collections des bibliothèques des collectivités publiques doivent être représentatives, chacune à son niveau ou dans sa spécialité, de l’ensemble des connaissances, des courants d’opinion et des productions éditoriales."

Enfin il nous semble important que les médiathèques continuent de jouer un rôle prépondérant dans le développement de la culture musicale à l'aide d'une offre documentaire large mais aussi de concerts et d'animations sous quelque forme que ce soit (conférences, ateliers de créations musicales, etc.). Dans certains territoires, la médiathèque est le seul point d'accès non marchand à la musique.

En accompagnant ces nouvelles pratiques, les bibliothèques ont un rôle important à jouer dans le domaine de l'éducation et la culture musicale du public, notamment pour les nouvelles générations.

25 mars 2011

Parce que la musique a toute sa place en bibliothèque !



Les lundi 28 et mardi 29 mars 2011, nous participerons aux Rencontres Nationales des Bibliothécaires Musicaux organisées par l'ACIM à la Cité des Musiques et des Arts Vivants d’Auxerre.

« La médiathèque : un carrefour de la vie musicale »
En écho aux réflexions de l'ensemble de la profession, le Conseil d'administration de l'ACIM a choisi de placer les rencontres nationales 2011 sous le signe de la médiathèque comme troisième lieu, c'est à dire comme espace social intermédiaire entre le domicile et le travail. Le thème de la médiathèque, comme carrefour de la vie musicale permettra, d'une part de réfléchir à comment la musique peut apporter sa pierre à cette construction d'une bibliothèque comme lieu de rencontre, et d'autre part de questionner, dans cette optique, l'évolution et la place des collections musicales. Xavier Galaup, Président de l’ACIM
Pendant l'Assemblée générale de l'ACIM, il sera mis au vote une motion réaffirmant que : "La musique a toute sa place en bibliothèque". Ce texte manifeste, élaboré par le Conseil d'Administration de l'ACIM, est destiné à être soumis à l'attention des élus et des décideurs publics.

Programme des rencontres nationales 2011

Lundi 28 mars
9h45 Présentation des rencontres / par Xavier Galaup, président de l’ACIM

9h45 Conférence introductive sur les musiques actuelles / Sylvain Briand (SileX), Patrick Bacot (Cité des Musiques)

10h45 Table Ronde "Musiques Actuelles et Bibliothèques" Elodie Nourigat du Cargö (SMAC de Caen), Sylvain Briand du Silex, Frédéric Drewniak (IRMA), modérateur Xavier Galaup (ACIM)

14h-16h30
4 Ateliers :
1-Les collections, avenir des bibliothèques ?! modération : Christian Massault interventions Une médiathèque sans CD / Maurice Balmet, Médiathèque Memo d’Oullins Une médiathèque avec CD, valorisation du fonds / Patrick Casse, BMVR de Marseille Le vinyle en médiathèque Gilles Turpin, Médiathèque de Cholet La place des partitions / Anne Le Lay, Médiathèque Musicale de Paris
2-La médiation, de la prescription à l’interaction modération : Sandrine Haon, directrice adjointe à la Médiathèque Musicale de Paris interventions : Anne Theureau (BM de Grenoble) Bénédicte D’Orgeval (BM de Brest)
3-La musique vivante a-t-elle sa place en bibliothèque ? modérateur : Arsène Ott, Médiathèque de Strasbourg Centre ville interventions La place de la musique vivante en bibliothèque / Marie-Anne Baillon, BMVR de Marseille Showcases en médiathèque / Christine Delory, Jean-François Arjona, Réseau des médiathèques de l’agglomération du Beauvaisis Micro-concert en médiathèque / Fabien Paris, Médiathèque de Soultz (67) Micro-concerts en ligne La scène locale du réseau des médiathèques de Strasbourg / Priscilla Winling, Médiathèque André Malraux
4-S’inscrire dans la vie et dans la ville en tant que lieu de sociabilité modération : Xavier Galaup interventions François Lemarchand (Médiathèque d’Agneaux) Anne Tricard (BM de Limoges)

17h : Assemblée Générale de l’ACIM

Mardi 29 mars 2011
10h30-12h30 Table Ronde « Vitalité du patrimoine musical »
Modération : Dominique Hausfater (AIBM/CNSMD de Paris), et Pascal Cordereix (AFAS/BnF)
L’édition du catalogue des partitions anciennes d’Auxerre des XVII et XVIIIèmes siècles, et la création d’un spectacle musical à partir de ces partitions ( Hélène Perret, Resp. Espace Musique de la BM d’Auxerre) ; Le patrimoine musical de l’immigration en France par l’association « Génériques » (http://www.generiques.org/) Médiation et patrimoine musical en Seine-Saint-Denis, par Edgard Garcia de l’association Zebrock, autour du projet d’exposition sur le label « Vogue » à Villetaneuse (http://www.zebrock.net/journal/) (sous réserve)

14h-16h30 : Restitution des ateliers et synthèse

Stand Bibliothèques musicales hybrides
Pendant ces 2 jours, nous serons présents avec d'autres membres de l'association au café du Silex, sur le stand Bibliothèques musicales hybrides. Nous y présenterons les nouveaux outils de partage de l'information en ligne utilisés désormais par l'ACIM (Facebook, Twitter, Netvibes, page Bibliopedia, Issuu ...) .
Ce stand étant surtout conçu comme un espace de croisement, de rencontre et d'échange entre participants et un moment pour parler musique et numérique.

Live Tweet
Pour les participants aux rencontres, et pour les collègues qui ne seront pas à Auxerre, vous pourrez suivre le déroulement de ces journées d'étude via le compte Twitter de l'ACIM : http://twitter.com/Acim_asso
ou avec le hastagh #acim11, hashtag également à utiliser pour participer au Live Tweet en envoyant vos commentaires, impressions et questions.


http://www.citedesmusiques.org
http://www.lesilex.fr/

8 avril 2010

Musique dans les nuages

Des catalogues de musique enregistrée à l’ère du cloud computing, une opportunité pour les bibliothèques ? Deezer, musicMe, Bibliomédias, Spotify : une première analyse de l’offre.

Contribution à la table-ronde du vendredi 2 avril 2010 : "Comment les bibliothèques peuvent-elles exister sur la scène numérique ?"
Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux (RNBM) du 31 mars au 2 avril 2010 Aix-en-Provence

Les services numériques à distance (téléchargement, streaming) : une façon de conquérir de nouveaux publics, de prendre en compte les nouveaux usages ou de scier la branche sur laquelle les bibliothèques sont assises ? "Est-il pertinent aujourd’hui sur le plan d’une politique documentaire basée sur l’encyclopédisme et le pluralisme de "scier la branche" des collections physiques en misant sur le tout numérique en ligne ?".




Participants à la table-ronde :
  • Modérateur : Gilles Pierret, directeur de la Médiathèque Musicale de Paris
  • Présentation de l'étude sur les offres de musique en ligne par Nicolas Blondeau, responsable du département Arts de la Médiathèque de Dole
  • De la distribution physique à la distribution numérique par Frédéric Neff, consultant indépendant (Viva Musica)
  • L’offre numérique musicale de La Bibliothèque du Chesnay par Véronique Poyant, Directrice
  • Simon Cane du département musique de la bibliothèque de la Part-Dieu, Lyon et Jean-Brice Lacombe, représentant du label CD1D.
  • Présentation d’Euclydia par Patrice Robert
  • Projet Musicme : quelques médiathèques se regroupent en Alsace afin d’envisager le développement de l’écoute musicale au sein de leur portail documentaire par Arsène Ott, responsable de la Médiathèque de Strasbourg - Centre ville
  • Présentation du projet de médiation "Archipel, une organologie des musiques actuelles" par Pierre Hemptinne, directeur des collections de la Médiathèque de la Communauté française de Belgique
  • Présentation de la plateforme de la Médiathèque de Belgique par Tony de Vuyst, directeur informatique de la Médiathèque de la Communauté française de Belgique


Les enregistrements des Rencontres 2010 sont disponibles sur le site de l'ACIM.
http://www.acim.asso.fr/spip.php?article306

10 mars 2010

Rencontres Nationales des Bibliothécaires Musicaux - Aix, 31 mars - 02 avril 2010

bibliothèque Méjanes, Aix


La marche qui multiplie les horizons

Les Rencontres nationales des bibliothécaires musicaux qui vont se dérouler à Aix-en-Provence du 31 mars au 2 avril 2010 auront pour thème cette année : "Rendre le possible à nouveau disponible – Multiplier les horizons". ces rencontres sont organisées par l'ACIM, la Cité du LivreBibliothèque Méjanes, la Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, l’ABF-PACA et l’Arcade Provence-Alpes-Côte d’Azur - Agence régionale des arts du spectacle

Arsène Ott, président de l'ACIM (Association pour la coopération des professionnels d e l'information musicale) annonce ainsi l'enjeu de ces journées :
« Ces 10e rencontres nationales auraient pu se présenter à nous sous la forme d’un portrait de famille, comme un ixième cliché annuel de notre communauté professionnelle, une énième réunion de notre famille documentaire liée à la musique. Si l’on remet cette date anniversaire dans le contexte de la publication des résultats de l’enquête sur les pratiques culturelles des français, eux aussi publiés à un rythme décennal, nous sommes autorisés à nous poser la question : les bibliothèques musicales seront-elles encore présentes sur la prochaine photo de famille des pratiques culturelles en 2020 ? Si cette présence est uniquement une présence à soi, une affirmation de l’entre-soi, rien de plus facile. Si cette présence est une présence à l’autre, à nos publics, si elle s’exprime à travers de nouvelles expériences, s’il s’agit de « rendre le possible à nouveau disponible », de « poursuivre la marche qui multiplie les horizons », alors tout reste à jouer et rien n’est acquis définitivement. Mais c’est là toute la beauté de notre projet, c’est là ce qui nous pousse hors et loin de chez nous, vers un continuel dépaysement. »

Quelques moments attendus de ces journées :

Les 4 ateliers de mobilisation :
  • 1er atelier : Besoin d’échanger ? La coopération professionnelle à l’ère numérique : évolution des outils et des besoins.
  • 2e atelier : Besoin de mémoire ? Le collectage et sa valorisation.
  • 3e atelier : Besoin de médiation ? Les médiathèques actrices de la musique vivante.
  • 4e atelier : Besoin d’espaces ? Les usages du public ont sensiblement évolué, le besoin de lieux aussi.
Musique à l’ère numérique : bilan et perspectives
  • Pratiques culturelles des Français en matière de musique à l’ère numérique
  • Les artistes à l’ère numérique : présentation de l’étude « Artistes 2020 : variations prospectives » publiée par l’IRMA et l’ADAMI
  • Table ronde : Comment les bibliothèques peuvent-elles exister sur la scène numérique ? Entre distribution physique et distribution numérique
Le programme complet des rencontres sur le site de l'ACIM

17 avril 2008

Les "natifs bibliothèques" s’attachent à la musique, lettre ouverte du Président de l'ACIM à la Ministre de la Culture et de la Communication

[Adhérents à l'ACIM, nous souhaitions diffuser la lettre suivante, éditée sur le site de l'ACIM]

Lettre ouverte de Arsène Ott, président de l'ACIM (Association pour la Coopération des Professionnels de l’Information Musicale) à Madame Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication

Madame la Ministre,
La musique a bénéficié tout au long du 20ème siècle des changements technologiques qui lui ont permis de faire évoluer l’écoute et la créativité de l’auditeur. C’est la numérisation de la musique qui nous a permis, avec le disque compact, de faire nos premières expériences d’écoute aléatoire ou programmée, d’avoir recours à des informations codées combinées aux contenus musicaux... etc.

Une première porte s’est ainsi ouverte sur la culture numérique et les bibliothèques musicales ont très vite su mettre à profit les avantages (absence d’usure, écoute intégrale, taille limitée...) offerts par le disque compact. A chaque nouvelle avancée technologique elles se mobilisaient pour intégrer de nouveaux supports, de nouveaux contenus et permettre ainsi de nouveaux usages.

Dans le même temps un grand nombre de professionnels étaient conscients que la musique se devait d’exister en bibliothèque non seulement à travers un seul support, mais à travers toute action, tout dispositif susceptible de former le goût et de créer un attachement musical.

Adhérer au changement ?

L’objet de cette lettre est précisément de vous alerter sur le fait que la place de la musique en bibliothèque ne se fait plus aujourd’hui avec cette même adhérence aux changements technologiques.

De ce fait l’une de nos missions, documenter la musique sous toutes ses formes pour en faciliter l’accès au plus grand nombre, se voit progressivement remise en cause.

La musique a été la première concernée par les bouleversements liés au téléchargement, mais ce qui était vrai hier pour la musique, l’est devenu aujourd’hui pour l’image et pour les documents imprimés.

Les bibliothèques sont restées en marge de la révolution numérique et n’ont pas encore pu jouer pleinement leur rôle en matière d’identification, de collecte, d’organisation et de communication des sources musicales digitales.

Pourquoi ce sentiment de relégation ? Cela s’explique en partie par :
– la difficulté de pouvoir adosser notre activité à un cadre juridique propice à la diffusion de la culture digitale en bibliothèque ;
– un accès à de nouveaux services numériques qui doit souvent être négocié au coup par coup, avec les représentants d’une économie émergente (plates-formes de téléchargement, producteurs d’information virtuelle...) qui n’ont que peu l’habitude de travailler avec les bibliothèques (la réciproque étant aussi vraie) ;
– la complexité d’une offre numérique en perpétuel changement, qui nous demande de multiplier les modèles d’accès à l’information musicale.
Thématiques autour desquelles l’ACIM n’a cessé d’interpeller ses adhérents et les professionnels de l’information musicale afin d’explorer de nouvelles solutions.


Se délester de la musique ?

La frilosité d’une partie des professionnels de l’information et le contexte général d’une économie du disque en plein bouleversement (pour la France la baisse du marché du support musical aura été de 18,3 % en 2007 par rapport à l’année 2006) ont conduit parfois à une crispation de l’offre documentaire en bibliothèque, avec pour principale cible la diminution (parfois même la disparition) de l’offre en matière de musique.

Le risque est réel de voir certaines bibliothèques ou collectivités chercher à se délester de la musique, la considérant comme un secteur en crise. Or ce qui est en jeu ici ce n’est pas tant la crise de la musique, que les préjugés et le climat d’oraison funèbre que cette dernière permet de véhiculer. Il est toujours plus facile, dans une période de mutation, de décréter la fin de quelque chose (en ce qui nous concerne la mort du disque), que d’imaginer le changement ou d’apprivoiser les bouleversements en matière artistique, technologique, économique et culturelle.

Or force est de constater que les outils de la création, de la diffusion et de l’écoute musicale n’ont jamais été aussi largement sollicités et diffusés. Ce n’est donc pas tant à une crise de la musique que nous assistons qu’à un renouveau dans notre façon d’avoir prise sur elle.

Renverser les perspectives en partant des expériences numériques liées à la musique.

Plutôt que de céder à la tentation qui serait de sacrifier en bibliothèque le disque par rapport au livre et de faire réapparaître le spectre de discours légitimistes, nous pourrions renverser la perspective et considérer la musique en bibliothèque comme le secteur approprié pour la mise en oeuvre d’offres de services numériques. Expériences qui pourraient ensuite être transposées à d’autres domaines, afin de définir de nouveaux modèles d’accès à l’information.

Cette vision des bibliothèques comme lieu d’expression de la culture numérique peut très bien s’imaginer dès à présent afin de permettre :
– à l’amateur de re-composer la musique ;
– au lecteur de co-signer le livre qu’il est en train de lire ;
– à la musique d’exister, par-delà les objets (disques, livres ou partitions), à travers des outils numériques de médiation ;
– à l’idée de lecture, d’écoute, d’image, de se dissocier de l’objet matériel pour renvoyer à celle de rencontre ou d’échange virtuel ;
– à l’usager se frotter à l’oeuvre, de toucher à la musique avec ses mots, ses tags ;
– au mélomane de souligner ses préférences musicales à l’aide de « marque-plages » ;
– à l’utilisateur de partager ses goûts afin de participer à une lecture ou une écoute collaborative ;
– l’élaboration d’une communauté du savoir « en temps réel », capable de développer et de maintenir les outils technologiques les plus performants (suites de logiciels...), mais aussi de susciter le débat, de transmettre des connaissances, d’indexer, d’archiver, d’annoter ou de valider des contenus...

Comprendre les enjeux liés à la culture numérique

Face à un paysage documentaire qui ne cesse de se recomposer, il nous faudrait pouvoir dessiner avec souplesse les contours de notre activité. Face à l’abondance de l’offre numérique, il nous faudrait rechercher une abondance de solutions. Sachant que demain quelqu’un trouvera un algorithme ou écrira les lignes de codes qui vont à nouveau tout bouleverser et créer un autre modèle d’exploitation de la musique ou du savoir.

Le risque est grand de voir l’écart entre les bibliothèques et l’offre musicale numérique se creuser. Faisons en sorte que notre cadre juridique nous rapproche du public au lieu de nous en séparer. S’il existe des décalages temporels entre l’action publique et les pratiques numériques, il ne faudrait pas que cela nous oblige à courir derrière le changement, alors qu’il nous appartient au contraire de l’anticiper, d’en comprendre et d’en partager les enjeux.

Les bibliothèques continueraient ainsi à incarner le point d’équilibre entre les pratiques individuelles et les formes de vie collective, à matérialiser le point de ralliement entre les pratiques culturelles numériques et l’accès physique avec une offre documentaire ou les personnes susceptibles d’en faire la médiation.

Elles sont aidées en cela par leur implantation de proximité dans les quartiers, les villes, les départements. Lieux où elles contribuent au quotidien à la création musicale et à la démocratisation de la culture. Espaces publics de mise en présence à soi et à l’autre où l’on sculpte la musique avec des mots, des visages, des rencontres. Les bibliothèques permettraient d’ancrer la culture numérique dans l’action publique.

Les bibliothécaires pourraient ainsi jouer pleinement leur rôle de passeur, afin de poser les balises de la mémoire, de marquer les contenus et, à l’image des marionnettistes, de tirer les fils de l’information.

Apprivoiser le futur

Pour mener à bien notre travail de médiation et d’accompagnement du public nous sommes souvent amenés à démêler un écheveau de règles juridiques paralysantes. Plutôt que d’être portés par la vague numérique nous avons ainsi le sentiment d’être pris en étau entre notre action menée dans le respect des droits d’auteurs et notre mission qui est de faciliter l’accès à la musique sous toutes ses formes.
C’est pourquoi nous aimerions chercher avec vous des solutions adaptées aux besoins des bibliothèques.

La signature de conventions adaptées aux bibliothèques (SACEM) nous avait permis de gérer la diffusion musicale dans nos locaux. Peut-être faut-il chercher une solution approchante, afin de répondre à nos besoins en matière de numérisation, de consultation sur place ou en ligne de documents numériques, de téléchargement, d’actions se sensibilisation et de formation du public...

Ce serait là une façon d’entrecroiser les cultures digitales et les collections physiques, les usagers virtuels et les usagers présents physiquement dans nos bibliothèques.

C’est pour parler de ces différents enjeux que je souhaiterais, Madame la Ministre, vous rencontrer au nom de l’ACIM, afin de réfléchir avec vous aux actions qui nous permettraient d’envisager autrement la place et l’avenir de la musique en bibliothèque.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma plus haute considération.

Arsène Ott
Président de l’ACIM