Nara Leão, Os meus amigos são um barato Philips, 1977
João e Maria [Jean et Marie], chanson écrite en 1977 par Chico Buarque, sur une musique de valse composée par Sivuca (1930-2006) en 1947, chantée par Nara Leão et Chico Buarque (et accompagnés par Sivuca à l'accordéon), sur l'album Os meus amigos são um barato (1977). Bïa en a fait une adaptation française Le chevalier, chantée dans une version bilingue sur l'album La mémoire du vent (Saravah, 1997)
Estava à toa na vida
O meu amor me chamou
Pra ver a banda passar
Cantando coisas de amor
A minha gente sofrida
Despediu-se da dor
Pra ver a banda passar
Cantando coisas de amor
O homem sério que contava dinheiro parou
O faroleiro que contava vantagem parou
A namorada que contava as estrelas
Parou para ver, ouvir e dar passagem
A moça triste que vivia calada sorriu
A rosa triste que vivia fechada se abriu
E a meninada toda se assanhou
Pra ver a banda passar
Cantando coisas de amor
O velho fraco se esqueceu do cansaço e pensou
Que ainda era moço pra sair no terraço e dançou
A moça feia debruçou na janela
Pensando que a banda tocava pra ela
A marcha alegre se espalhou na avenida e insistiu
A Lua cheia que vivia escondida surgiu
Minha cidade toda se enfeitou
Pra ver a banda passar cantando coisas de amor
Mas para meu desencanto
O que era doce acabou
Tudo tomou seu lugar
Depois que a banda passou
E cada qual no seu canto
Em cada canto uma dor
Depois da banda passar
Cantando coisas de amor
Depois da banda passar
Cantando coisas de amor
La fanfare
J'étais sans but dans la vie
Mon amour m'a appelé
Pour voir passer la fanfare
Chanter les choses de l'amour
Mon peuple qui souffrait
A dit adieu à la douleur
Pour voir passer la fanfare
Chanter les choses de l'amour
L'homme sérieux qui comptait l'argent s'est arrêté
Le gardien de phare qui comptait ses avantages s'est arrêté
L'amoureuse qui comptait les étoiles S'est arrêtée pour voir, écouter et laisser le passage
La fille triste qui vivait renfermée a souri
La rose qui vivait refermée s'est ouverte
Et tous les enfants ont trépigné
Pour voir passer la fanfare
Chanter les choses de l'amour
Le vieil homme faible oublia sa fatigue et pensa
Qu'il était assez jeune pour sortir en terrasse et danser
La fille moche s'est penchée à la fenêtre Pensant que la fanfare jouait pour elle
La joyeuse marche s'est déployée sur l'avenue et a continué
La pleine lune qui demeurait cachée est apparue
Ma ville entière s'était décorée
Pour voir passer la fanfare en chantant les choses de l'amour
Mais pour ma consternation
La fête est terminée
Tout a repris sa place
Après la fanfare passée
Et chacun dans son coin
Dans chaque coin une souffrance
Après le passage de la fanfare
Chanter les choses de l'amour
Après le passage de la fanfare
Chanter les choses de l'amour (traduction littérale et approximative)
A Banda, est sorti sur le premier album du chanteur : Chico Buarque de Hollanda (1966). La chanson écrite et composée pour participer au 2e Festival de Musique Populaire Brésilienne organisé par TV Record y fut primée, chantée en public successivement par Chico Buarque et Nara Leão.
Chico Buarque raconte que pour écrire A banda, il avait été inspiré par la chanson Ensaio geral (Répétition générale) de Gilberto Gil. (Vão sair no carnaval / É preciso vir à rua / Esperar pela passagem / É preciso ter coragem / E aplaudir o pessoal [Ils sortent pendant le carnaval / Il faut venir dans la rue / Attendre le passage / Il faut avoir du courage / Et applaudir les gens]
Ce premier trophée pour Chico Buarque connaitra un immense succès populaire au Brésil, et un peu partout dans le monde. Repris au Portugal par Simone de Oliveira (1966), en anglais par Astrud Gilberto (1967), en italien par Mina (1967), en français par Dalida (1967), en version instrumentale aux Etats-Unis par le trompettiste Herb Alpert et son Tijuana Brass (1967), en allemand par France Gall (1968),.. et même en tchèque par Vladěna Krumlová (1969) ! (source pt.wikipedia)
"Malgré vous (demain sera un autre jour)" : La samba de Chico Buarque défiant l'oppression de la dictature militaire en 1970
Apesar de Você
Amanhã vai ser outro dia (x4)
Hoje você é quem manda
Falou, tá falado
Não tem discussão
A minha gente hoje anda
Falando de lado
E olhando pro chão, viu
Você que inventou esse estado
E inventou de inventar
Toda a escuridão
Você que inventou o pecado
Esqueceu-se de inventar
O perdão
Apesar de você
Amanhã há de ser
Outro dia
Eu pergunto a você
Onde vai se esconder
Da enorme euforia
Como vai proibir
Quando o galo insistir
Em cantar
Água nova brotando
E a gente se amando
Sem parar
Quando chegar o momento
Esse meu sofrimento
Vou cobrar com juros, juro
Todo esse amor reprimido
Esse grito contido
Este samba no escuro
Você que inventou a tristeza
Ora, tenha a fineza
De desinventar
Você vai pagar e é dobrado
Cada lágrima rolada
Nesse meu penar
Apesar de você
Amanhã há de ser
Outro dia
Inda pago pra ver
O jardim florescer
Qual você não queria
Você vai se amargar
Vendo o dia raiar
Sem lhe pedir licença
E eu vou morrer de rir
Que esse dia há de vir
Antes do que você pensa
Apesar de você
Amanhã há de ser
Outro dia
Você vai ter que ver
A manhã renascer
E esbanjar poesia
Como vai se explicar
Vendo o céu clarear
De repente, impunemente
Como vai abafar
Nosso coro a cantar
Na sua frente
Apesar de você
Amanhã há de ser
Outro dia
Você vai se dar mal
Etcetera e tal
Lá lá lá lá laiá
Malgré vous
Demain sera un autre jour
Aujourd'hui c'est vous qui commandez
Ce qui est dit est dit
Il n'y a pas de discussion
Mon peuple marche aujourd'hui En parlant bas
Et en baissant les yeux, voyez vous
Vous avez créé cet état
Et décidez de créer
Ces ténèbres
Vous qui avez inventé le péché
Avez oublié d'inventer
Le pardon
Malgré vous
Demain sera
Un autre jour
Je vous le demande
Où allez-vous vous protéger
De l'énorme euphorie
Comment allez-vous l’interdire ?
Quand le coq persiste
A chanter
Une nouvelle eau jaillit
Et l’amour nous unit tous
Quand le temps arrivera
Cette souffrance qui est la mienne
Je vous la facturerai avec les intérêts, je le jure
Tout cet amour réprimé
Ce cri contenu
Cette samba dans les ténèbres
Vous qui avez inventé la tristesse
Maintenant, ayez la délicatesse de la désinventer
Vous paierez et en double
Chaque larme versée
Dans ma douleur
Malgré vous
Demain sera
Un autre jour
Je suis confiant de voir bientôt
Le jardin fleurir
Contre votre volonté
Vous serez à la peine
De voir le jour se lever
Sans demander votre permission
Moi je mourrai de rire
Ce jour viendra
Plus tôt que vous pensez
Malgré vous
Demain sera
Un autre jour
Vous allez voir
Le matin renaître
Débordant de poésie
Comment allez-vous admettre de
Voir le ciel s'éclaircir
Soudain, en toute impunité
Comment allez-vous faire taire
Notre chorale qui chante
Devant vous
Malgré vous
Demain sera
Un autre jour
Vous serez dans la panade
Et tout le toutim
Là là là là laia (traduction à titre d'information. NB)
Ecrit et chanté par Chico BuarqueApesar de Você sort en single en 1970. La chanson, qui parle implicitement du manque de liberté sous le régime de la dictature militaire, rencontre un immense succès avant d'être interdite en radio par le gouvernement du général Emílio Garrastazu Médici . Elle ne sera publié que huit ans plus tard, sur l'album Chico Buarque 78,à la fin du gouvernement du général Ernesto Geisel.
"Demain sera un autre jour"
Pendant 20 ans, de 1964 à 1984, le Brésil a vécu sous le régime d'une dictature militaire.
En mars 1970 , Chico Buarque rentre au Brésil après un an d'exil en Italie, sur les conseils d' André Midani, le directeur de sa maison de disque Philips qui lui assurait que la situation du pays s'était s'améliorée...
A son arrivée, le chanteur constate une réalité bien différente : usage de la torture, disparitions des opposants au régime, propagande nationaliste (avec des slogans comme Brasil, ame-o ou deixe-o (Brésil, aime-le ou quitte-le] et des chansons chauvines et patriotiques comme Eu te amo, meu Brasil [Je t'aime, mon Brésil]) encore exacerbée par la victoire de l'équipe de football brésilienne lors de Coupe du Monde 1970.
slogan nationaliste : "Brésil, aime-le ou quitte-le"
Apesar de Você sorti en single rencontre un succès immédiat : le disque dépasse très vite les cent mille exemplaires vendus et la samba joyeuse et rythmée est diffusée sur toutes les radios du pays, avant que la censure ne dresse l'oreille au texte de la chanson... La chanson et ses airs euphoriques est parvenu à passer les premières fourches de la censure car elle joue sur l'équivoque et le double sens : on peut comprendre qu'il s'agit d'un homme qui se plaint de la sévérité de sa femme, avec l'ambiguïté du pronom personnel Vocé (forme de tutoiement/vouvoiement propre au brésilien*)
Apesar de Você, Vinyle, single, édition 1970
En février 1971, Sebastião Nery , journaliste au quotidien de Rio la Tribuna da Imprensa , publie une note dans sa chronique disant que son fils et ses collègues chantent "Apesar de Você" comme s'ils chantaient l' hymne national. Quelques semaines plus tard, le gouvernement fédéral oppose son veto à l'interprétation publique de la chanson, après en avoir compris le message. Les responsables du régime font même une descente au siège de Philips pour détruire les copies restantes du disque. Même le censeur qui avait initialement rendu un avis favorable à la diffusion de la chanson est sanctionné. Au cours d'un interrogatoire, quand on a demandé à Chico Buarque qui était le « vous » dans les paroles de la chanson, le chanteur aurait répondu : "C'est une femme très autoritaire, très autoritaire" !
* "La particularité du portugais brésilien est le vouvoiement/tutoiement. Contrairement aux portugais qui font la différence entre le “vous” et le “tu”, les brésiliens utilisent le “você” dans toutes les situations, ils ne font donc aucune différence entre “tu” et “vous”. Ce pronom est un peu l’équivalent de “you” en anglais." (source)
Henri Michaux, Untitled (aborescenes interieures), 1962-64
Voici une ligne qui pense.
Une autre accomplit une pensée. Lignes d'enjeu.
Ligne de décision.
Une ligne s'élève.
Une ligne va voir.
Sinueuse, une ligne de mélodie traverse vingt lignes de stratification.
Une ligne germe.
Mille autres autour d'elle, porteuses de poussées : gazon. Graminées sur la dune.
Une ligne renonce.
Une ligne repose.
Halte. Une halte à trois crampons.
Un habitat. Une ligne s'enferme.
Méditation. Des fils en partent encore, lentement.
Une ligne de partage, là, une ligne de faîte, plus loin la ligne observatoire.
Temps, Temps ...
Une ligne de conscience s'est reformée.
Henri Michaux - Aventures de lignes, Passages
Violeta Parra - ¿Qué he sacado con quererte? (+ interview en français)
¿Qué he sacado con quererte? [Qu'ai-je tiré de mon amour pour toi ?]
Violetta Parra s'accompagne au cuatro vénézuélien (petite guitare à quatre cordes) et au tambour (un kultrún mapuche).
Une archive audiovisuelle exceptionnelle de la télévision suisse romande :
"[Violeta Parra] est aujourd'hui connue comme une icône de la musique populaire chilienne. En 1965, la journaliste Marie-Magdeleine Brumagne rencontre Violeta Parra alors installée à Genève.
Chanteuse, brodeuse et auteur d'une œuvre plastique extrêmement personnelle élaborée à partir des matériaux les plus divers, l'artiste chilienne exprime avec sensibilité sa vision du pays qu'elle a quitté. [...]" source : le reportage dans sa durée intégrale (18'38") : Télévision Suisse Romande Violeta Parra (1917-1967) wikipédia - discogs
A lire : Violeta Parra : voix singulière, identité collective et universelle / par Aurélie Prom. Encyclo. Revue de
l’école doctorale Sciences des Sociétés ED 624, 2014, 4, p.43-60. ffhal-01017715 (en ligne https://u-paris.hal.science/hal-01017715/document)
Elis Regina & Hermeto Pascoal - Asa Branca
"Quando oiei' a terra ardendo / Qual fogueira de São João / Eu preguntei' a Deus do céu, uai / Por que tamanha judiação?" [Quand j'ai vu la terre incandescente / Comme un feu de la Saint-Jean / J'ai demandé au Dieu du ciel / Pourquoi une si grande punition ?]
Le 20 juillet 1979, Elis Regina (1945-1982) rejoint Hermeto Pascoal (1936 - ) sur la scène au 13ème Montreux Jazz Festival pour interpréter Asa branca (Aile blanc), un classique de la musique populaire brésilienne, composé par Luís Gonzaga et Humberto Teixeira en 1947.
Geraldo Pereira - Escurinha
"Escurinha, tu tens que ser minha de qualquer maneira / Te dou meu boteco, te dou meu barraco / Que eu tenho no morro de Mangueira / Comigo não há embaraço / Vem que eu te faço meu amor / A rainha da escola de samba" [Petite chérie, tu dois être mienne de toutes les façons / Je te donne mon bar, je te donne ma cabane / Que j'ai sur la colline de Mangueira / Avec moi pas d'embarras / Viens et je ferai de toi mon amour / La reine de l'école de Samba]
Originaire de l'état du Minas Gerais, venu vivre à Rio de Janeiro, Geraldo Pereira (1918-1955) est considéré comme une figure majeure de la musique populaire brésilienne et comme l'un des plus grands compositeurs de samba. Parmi ses chansons les plus connues : "Falsa Baiana", "Acabou a Sopa", "Você está sumindo", "Quando ela samba", "Sem compromisso", "Bolinha de Papel" et "Escurinha".
"Você só dança com ele / E diz que é sem compromisso / É bom acabar com isso. Não sou nenhum Pai-João ? Quem trouxe você fui eu / Não faça papel de louca / Prá não haver bate-boca dentro do salão." [Tu ne danses qu'avec lui / Et tu dis que c'est sans penser à mal / Tu ferais mieux d'arrêter / Je ne suis pas gâteux / C'est moi qui t'ai amené / Ne te comporte pas comme une folle / Et il n'y aura pas de bagarre dans la salle.]
(Archive de 1978, Extrait du DVD Chico Buarque: Anos Dourados : Roberto de Oliveira, dir - R.W.R, 2005) Chanson composée par Geraldo Pereira. A voir aussi "A música segundo Tom Jobim" de Nelson Pereira dos santos (1984) [sur le site jobim.org]
João Donato - Amazonas
João Donato (1934-2023), piano ; Robertinho Silva, batterie ; Luiz Alves, contrebasse ; Ricardo Pontes, flûte traversière, saxophone - Théâtre du Sesc, Sao Paulo en 2010.