
La perfection de la poésie lyrique médiévale, et la première œuvre lyrique moderne
François de Montcorbier, dit Villon, né en 1431, appelé aussi François des Loges, eut une vie aventureuse et un destin mystérieux (on perd sa trace après 1463). Poète et "malfaiteur" ayant eu affaire à la justice, empreint de ferveur religieuse mais pratiquant l'humour noir, l'argot des coquillards et la dérision, Villon est pleinement représentatif de l'esprit de son époque, celle d'un Moyen-Âge finissant. Pourtant son œuvre reste moderne et nous parle encore aujourd'hui, malgré le barrage de la langue, les poèmes étant écrits en moyen français.
"L’originalité de Villon et en particulier du Testament, nous dit M. Lavielle, professeur de littérature à l'Université Paris X, c’est que ce poète et cette œuvre sont l’achèvement, la perfection de la poésie lyrique médiévale, et d’un autre côté semble-t-il, la première œuvre lyrique moderne. Ni Verlaine, ni Apollinaire ne diraient le contraire, qui ont vu dans Villon, leur maître."
C'est certainement la raison pour laquelle François Villon compte parmi les poètes du Moyen-Âge les plus adaptés en musique et en chanson, singulièrement depuis le début du XXe siècle. Les compositeurs modernes et contemporains (Claude Debussy, Olivier Messiaen, Jehan Alain, Jean Françaix, Guy Reibel) ont mis en musique ses ballades et des rondels.
Kurt Weill et Bertolt Brecht se sont inspirés de l'épitaphe de Villon pour l'une des chansons de l'Opéra de quat' sous. A partir des années 1950, de nombreux auteurs-compositeurs-interprètes et chanteurs à texte ont porté les poèmes de Villon en chansons : Georges Brassens, Léo Ferré, Monique Morelli, Serge Reggiani, Hélène Martin.
Villon inspira également de nombreux artistes russes, italiens, allemands, croates comme Boulat Okoudjava, Fabrizio de André, Peter Rohland, Arsen Dedić, ...