La salle des Passerelles de la Médiathèque de Dole était archicomble, samedi 3 décembre. Le public s'était déplacé en nombre pour assister au récital de Mariana Correia et de l'ensemble Fado Fatum. Ce concert acoustique était donné en clôture d'Une Saison au Portugal. Les cordes des guitaristes accompagnèrent avec beaucoup de maîtrise et de musicalité, la voix de la fadiste, toute à la fois puissante et d'une sensibilité à fleur de peau. On ne pouvait rêver plus belle démonstration d'un genre musical qui a acquis ces dernières années une popularité internationale. Une reconnaissance consacrée la semaine dernière par l'Unesco qui a inscrit le fado au patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Dans Porto de mon enfance (2001) de et avec Manoel de Oliveira, il est une chanson qui ouvre, ponctue et ferme le film. Une romance chantée a capella en voix off par une femme que l'on devine âgée. Le générique nous apprendra qu'il s'agit de Maria Isabel de Oliveira, l'épouse du réalisateur. Regresso ao lar (Retour au foyer) a été écrit par le poète Guerra Junqueiro (1850-1923), et mis en musique par António Viana (assez probablement José Vianna da Motta (1868-1948)). Retour au foyer porte le projet d'un film annoncé en exergue : "Évoquer des moments du passé lointain, c’est voyager hors du temps. Seule la mémoire peut le faire. C’est ce que je vais tenter."
Le court métrage suivant a été réalisé dans le cadre d'un projet pédagogique pour faire découvrir ou revisiter la poésie de Guerra Junqueiro. Réalisateur : Flávio Pires, Production : Mafalda Castelo-Branco, Directeur de la photographie: Tiago Carvalho, Edition : Nuno Castilho. Acteurs : Armando Oliveira et Laura Falcão.
Ai, há quantos anos que eu parti chorando deste meu saudoso, carinhoso lar!... Foi há vinte?... Há trinta?... Nem eu sei já quando!... Minha velha ama, que me estás fitando, canta-me cantigas para me eu lembrar!... Dei a volta ao mundo, dei a volta à vida... Só achei enganos, decepções, pesar... Oh, a ingénua alma tão desiludida!... Minha velha ama, com a voz dorida. canta-me cantigas de me adormentar!... [...] Como antigamente, no regaço amado (Venho morto, morto!...), deixa-me deitar! Ai o teu menino como está mudado! Minha velha ama, como está mudado! Canta-lhe cantigas de dormir, sonhar!... Canta-me cantigas manso, muito manso... tristes, muito tristes, como à noite o mar... Canta-me cantigas para ver se alcanço que a minha alma durma, tenha paz, descanso, quando a morte, em breve, ma vier buscar!
Il y a temps d’années que je suis partie en larmes De mon cher et doux foyer ! Vingt ans ?… Trente ?… Je ne sais plus… Vieille nourrice qui me regardes Chante-moi des chansons pour me rappeler !… J’ai fait le tour du monde et de la vie… Je n’ai trouvé que fausseté, déception et douleur… Ame ingénue si souvent déçue ! Vieille nourrice d’une voix dolente. Chante-moi des chansons pour m’endormir !… […] Comme il y a longtemps sur le sein bien aimé J’arrive mort, mort laisse-moi reposer! Ah, comme ton petit a changé! Vielle nourrice comme il a changé! Chante-lui des chansons pour dormir et rêver!... Chante-moi des chansons, tout doux, tout doucement... Tristes, très tristes, comme la mer la nuit... Chante-moi des chansons que je voie Si mon âme s’endort s’apaise et repose Quand la Mort bientôt, viendra me la chercher!