Le poème de Paul Verlaine, La lune blanche fait partie du recueil La bonne chanson (1870). Il fut mis en musique par Ernest Chausson (1855-1899) sous le titre Apaisement, au sein d'un cycle de quatre mélodies (Op. 13) comprenant également des poèmes d'Henri Cazalis, d'Auguste Villiers de l'Isle-Adam et de Leconte de Lisle.
La mélodie est interprétée par la contralto Marie-Nicole Lemieux.
La lune blanche
Luit dans les bois ;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...
Ô bien-aimée.
L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise...
C’est l’heure exquise.
Disponible à la médiathèque :Mélodies / Claude Debussy, Ernest Chausson, comp. ; Christine Schäfer, S ; Stella Doufelix, mezzo-soprano ; Irwin Gage, piano, Deutsche Grammophon, 2000
ill. : Aert van der Neer (cc. 1603–1677), Nocturne
La plupart des marmots veulent surtout voir l'âme, les uns au bout de quelque temps d'exercice, les autres tout de suite. C'est la plus ou moins rapide invasion de ce désir qui fait la plus ou moins grande longévité du joujou. Je ne me sens pas le courage de blâmer cette manie enfantine : c'est une première tendance métaphysique. Quand ce désir s'est fiché dans la moelle cérébrale de l'enfant, il remplit ses doigts et ses ongles d'une agilité et d'une force singulières. L'enfant tourne, retourne son joujou, il le gratte, il le secoue, le cogne contre les murs, le jette par terre. De temps en temps il lui fait recommencer ses mouvements mécaniques, quelquefois en sens inverse. La vie merveilleuse s'arrête. L'enfant, comme le peuple qui assiège les Tuileries, fait un suprême effort ; enfin il l'entrouve, il est le plus fort. Mais où est l'âme ? C'est ici que commencent l'hébétement et la tristesse.
Il y en a d'autres qui cassent tout de suite le joujou à peine mis dans leurs mains, à peine examiné ; et quant à ceux-là, j'avoue que j'ignore le sentiment mystérieux qui les fait agir. Sont-ils pris d'une colère superstitieuse contre ces menus objets qui imitent l'humanité, ou bien leur font-ils subir une espèce d'épreuve maçonnique avant de les introduire dans la vie enfantine ? - Puzzling question !
Miguel Ángel Poveda León est un chanteur de flamenco né à Barcelone en 1973. APrès avoir été édité par Harmonia Mundi, puis par Discmedi, Miguel Poveda a signé son dernier album Coplas Del Querer en 2010 chez Emarcy/Universal.
Article Wikipédia en espagnol http://www.miguelpoveda.com/
Broadcast and The Focus GroupWitch Cults
Broadcast and The Focus Group est la réunion de Broadcast, groupe originaire de Birmingham, constitué autour de James Cargill et de la chanteuse Trish Keenan) et de The Focus Group (Julian House). L'album Investigate Witch Cults Of The Radio Age (Warp, 2010) distille une électro psychédélique hantée par les sonorités du premier PinkFloyd période Syd Barrett.
Triste nouvelle : La chanteuse Trish Keenan est décédée le 14 janvier 2011 d'une pneumonie.
Article Wikipédia en anglais, Myspace http://futurecrayon.blogspot.com/
Zen GuerrillaEmpty Heart
Zen Guerrilla est un groupe de rock formé au début des années 90 à Newark, Delaware et qui s'est installé ensuite à San Francisco. La formation est constituée par : Andy Duvall (batterie), Marcus Durant (chant/harmonica), Carl Horne (guitare basse), et Rich Millman (guitare) Leurs disques ont été édités successivement par Compulsiv, Alternative Tentacles, et Sub Pop jusqu'en 2001.
Article Wikipédia en anglais
Joan ColomoL'ocell
Joan Colomo est un chanteur et musicien catalan qui a joué dans plusieurs formations : The Unfinished Sympathy, La Célula Durmiente, Zeidun. Il chante en espagnol, en catalan et en anglais. Le blog Ampli lui a consacré un entretien, où il présente ses goûts musicaux assez éclectiques. Son disque Contra Todo Pronostico est distribué par Stick Figure Myspace
Звуки Му [Zvuki Mu] - Постовой [Postovoy, le gardien]
Zvuki Mu (litt. Les sons de Mu) est un groupe de post punk expérimental formé à Moscou au début des années 80. Son leader Peter Mamonov [Пётр Мамонов] est également l'acteur attitré des films de Pavel Lounguine dont Taxi Blues (1990), et dernierement Tzar (2009)
Article Wikipédia en russe http://www.zvuki.ru/A/P/210
« … tout en me rendant compte après quelques essais que c’était pratiquement impossible de mettre en musique du Rimbaud. Vous pouvez mettre du Verlaine, du Baudelaire, tout ce que vous voulez,… mais Rimbaud, il y a quelque chose d’impénétrable, c’est un matériau qui résiste. Je me suis dis que je ne mettrais pas en musique ses textes, ou alors d’une manière extrêmement périphérique, mais au contraire, je vais m’intéresser à porter ce texte par une structure précise, par l’apport de matériaux électro-acoustiques, des transformations de sons, toute une série d’objets musicaux extérieurs au texte, mais que je vais essayer de faire fructifier pour rendre ce texte, à la fois musical en quelque sorte, et encore plus prenant. J'ai voulu réalisé ça comme ça. Mais l’idée qu’un texte automatiquement, on peut le mettre en musique, c’est une idée complètement chimérique… »
Gilbert Amy, entretiens, Le Portrait, France Musique, 24/01/2011
Poème de Paul Celan (1920-1970), Blume, interprété ici par la chanteuse Ute Lemper, est la dernière partie du cycle : 6 Celan songs, for low female voice & ensemble composé par Michael Nyman en 1990 et comprenant : Chanson einer Dame im Schatten, Es war Erde in inhen, Psalm, Corona, Nächtlich Geschürzt.
BLUME
Der Stein.
Der Stein in der Luft, dem ich folgte.
Dein Aug, so blind wie der Stein.
Wie waren
Hände,
wir schöpften die Finsternis Leer, wir fanden
das Wort, das den Sommer heraufkam :
Blume.
[...]
FLEUR
La pierre.
La pierre dans l'air, celle que je suivais.
Ton oeil, aussi aveugle que la pierre.
Nous étions
mains
nous vidions les ténèbres, découvrant
le mot qui gravissait l'été :
fleur.
[...]
Textes de Paul Celan disponibles à la Médiathèque de Dole :
Choix de poèmes / textes réunis par Paul Celan ; trad. de l'allemand et présentation par Jean-Pierre Lefebvre. - Paris : Gallimard, 1998 (Poésie)
Grille de parole / Paul Celan ; trad. de l'allemand Martine Broda.,Bourgois, 2001 (Détroits)
La rose de personne = [Die Niemandsrose] / Paul Celan ; trad. de l'allemand Martine Broda, Corti, 2002
Conférences audiovisuelles sur Paul Celan disponibles en ligne :
8. 2010 Music Website Heat Map, Virtual Music, 02/02 Vu des États-Unis, Deezer et Spotify sont tous petits (ils arrivent en 28e et 30e position) loin derrière les leaders : le géant Youtube, Pandora, Playlist, Grooveshark, LastFM.
Poète majeur du début du XXème siècle, Guillaume Apollinaire (1880-1918) participa aux avant-gardes de l'art moderne (Cubisme, Futurisme, Dadaïsme, Surréalisme) et se lia d'amitié avec de nombreux peintres, écrivains, musiciens. Il côtoya Erik Satie et les compositeurs du groupe des Six, dont plusieurs membres de ce groupe - en premier lieu Francis Poulenc, mais aussi Louis Durey, Arthur Honegger et Germaine Tailleferre - mettront ses textes en musique. Robert Caby et Léo Ferré mettront également ses poèmes en chansons.
Sur le principe des Vases Communicants, Mediamus et Ampli s'invitent mutuellement le premier vendredi du mois, chacun publiant sur le blog de l'autre. Nous donnons la parole à nos amis bibliothécaires musicaux catalans, aujourd'hui Lórien de Loth :
Enrique Morente
(Granada, 25 décembre 1942 – Madrid, 13 décembre 2010)
Ce jour de décembre dernier, nous étions plusieurs auteurs de ce blog réunis autour d’un pichet de bière pour déguster quelques gambas, discuter de nos projets futurs et fêter le plaisir d’être ensemble, lorsque nous arriva la triste nouvelle de la mort du chanteur Enrique Morente, une grande figure de l’histoire du flamenco et de musique tout simplement. Nous trinquons à ton souvenir, artiste!
Pour rendre hommage à Enrique Morente, et donner la mesure de son art, voici un extrait du film Iberia (2005) de Carlos Saura.
Le sited’Enrique Morente et l'article Wikipédia. Enrique Morente dans les catalogues des bibliothèques publiques Argus (Generalitat de Catalogne) et Aladí(Diputació de Barcelone).
Le Flamenco sur le blog AMPLI.
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... disponible aussi à la médiathèque de Dole : Sueña La Alhambra / Enrique Morente, chant. - EMI Music Spain, 2005
"Enrique Morente est l'un des cantaores les plus importants du flamenco, et très probablement l'un des plus révolutionnaires. L’expérimentation est toujours de mise avec les deux titres accueillant la guitare de Pat Metheny ou lorsqu’il réussit la prouesse de rendre flamenco une composition du seigneur du tango Piazzolla. Autre invité prestigieux, Tomatito vient poser son illustre guitare sur une solea d’une grande retenue..." (Mondomix)
Ce poème de Guillaume Apollinaire (1880-1818) a été publié en 1913 dans le recueil Alcools. Le texte est inspiré de l'expérience douloureuse de l'auteur qui fut incarcéré pendant une semaine à la prison de la Santé en septembre 1911. Il était accusé de complicité de vol d'objets d'art au musée du Louvre, et sera par la suite innocenté.
A la Santé ! est composé de 6 parties numérotées. Dmitri Chostakovitch en a mis en musique de larges extraits pour en faire le 7ème mouvement de la Symphonie nº 14 (op. 135) pour soprano, basse, cordes et percussions créée en 1969.
Dans cette symphonie, outre des textes de Federico García Lorca, Wilhelm Küchelbecker et Rainer Maria Rilke, on retrouve 5 autres poèmes de Guillaume Apollinaire : Loreley, Le Suicidé, Les Attentives I, Les Attentives II, Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople qui furent traduits et adaptés en russe par Mikhail Pavlovich Kudinov (1922-1994).
Le texte original en français est interprété ici par Dietrich Fischer-Dieskau, avec le Concertgebouw Orchestra Amsterdam, dirigé par Bernard Haitink
Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu
Adieu adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles
Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Non je ne me sens plus là
Moi-même
Je suis le quinze de la
Onzième
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
Toi qui me l’as donnée
Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Et tous ces pauvres cœurs battant dans la prison
L’Amour qui m’accompagne
Prends en pitié surtout ma débile raison
Et ce désespoir qui la gagne
Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison