Charles Aznavour - Les deux guitares Barclay, 1960
Les deux guitares (Две гитары), chanson russe composée par Ivan Vasiliev (1810-1870), avec des paroles de Apollon Grigoriev (1822-1864), adapté en français et chanté par Charles Aznavour, accompagnement Paul Mauriat et son Orchestre
Café [Bar de Champigneulles], Avenue de la Grande-Armée, 1924-25 - Licence CC0
Ça a débuté comme ça. Moi, j’avais jamais rien dit. Rien. C’est Arthur Ganate qui m’a fait parler. Arthur, un étudiant, un carabin lui aussi, un camarade. On se rencontre donc place Clichy. C’était après le déjeuner. Il veut me parler. Je l’écoute. «Restons pas dehors ! qu’il me dit. Rentrons !» Je rentre avec lui. Voilà. «Cette terrasse, qu’il commence, c’est pour les œufs à la coque ! Viens par ici !» Alors, on remarque encore qu’il n’y avait personne dans les rues, à cause de la chaleur ; pas de voitures, rien. Quand il fait très froid, non plus, il n’y a personne dans les rues ; c’est lui, même que je m’en souviens, qui m’avait dit à ce propos : «Les gens de Paris ont l’air toujours d’être occupés, mais en fait, ils se promènent du matin au soir ; la preuve, c’est que, lorsqu’il ne fait pas bon à se promener, trop froid ou trop chaud, on ne les voit plus ; ils sont tous dedans à prendre des cafés crème et des bocks. C’est ainsi ! Siècle de vitesse ! qu’ils disent. Où ça ? Grands changements ! qu’ils racontent. Comment ça ? Rien n’est changé en vérité. Ils continuent à s’admirer et c’est tout. Et ça n’est pas nouveau non plus. Des mots, et encore pas beaucoup, même parmi les mots, qui sont changés ! Deux ou trois par-ci, par-là, des petits… » Bien fiers alors d’avoir fait sonner ces vérités utiles, on est demeurés là assis, ravis, à regarder les dames du café.
Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit (1932)
Аукцыон - Немой [Muet]
Он не молчаливый, он немой. Источник [Il n'est pas silencieux, il est muet]
L'album d'Auction sort en 1990 dans une forme tronquée sous le titre euphémique de Дупло [trou] il est réédité en 1992 sous le titre Жопа [Cul]. Les chansons sont écrites par les deux chanteurs, fondateurs du groupe : Leonid Fedorov (guitare) et Oleg Garkusha (performance scénique) wikipédia - discogs - auktyon.ru
Lorraine Hunt Lieberson - Ah, Chi Mi Dice Mai! (Mozart - Don Giovanni)
"Ah!, qui me dira jamais / où se trouve ce barbare / que pour ma honte j'ai aimé / et qui a manqué à sa parole? / Ah, si je retrouve le scélérat / et s'il ne revient pas à moi, / je ferai un horrible carnage, je lui arracherai le coeur! " Don Giovanni de Mozart, Graig Smith, chef d'orchestre, mise en scène à Bobigny par Peter Sellars, en 1989. "l'immersion dans le Harlem ou le Bronx de 1989 de ce drame de la délinquance et de la défonce" (Le Soir, 1989) - Lorraine HuntLieberson (1954-2006) - wikipédia
Techung - Tibetan New Year -Gyaltsen Ri སྟོད་གཞས་རྒྱལ་མཚན་རི།
I banish you with love / You can't come in / You don't live here anymore
Album : Semper Femina, More Alarming, 2016, KCRW, 1/05/2017
- discogs -
Shostakovich plays piano concerto no 1, op. 35 - IV (1940)
"formalisme petit-bourgeois", "Le chaos remplace la musique", "On joue avec l'hermétisme, un jeu qui pourrait mal finir" - la Pravda (1936) à propos de l'opéra Lady Macbeth de Chostakovitch
Concerto pour piano n° 1 en ut mineur, opus 35, pour piano, trompette et cordes (1933) Dmitri Chostakovitch (1906 - 1975) - wikipédia -
Le groupe russe Auktyon (АукцЫон) interprète - La route [Дорога] - Album Птица [Ptisa - Oiseau] (1993)
Groupe de rock d'avant-garde , Auktyon s'est formé en 1978 à Saint-Pétersbourg (alors dénommée Léningrad) autour de Leonid Fyodorov et d'Oleg Garkusha. Leur style allie des éléments de jazz, de ska, de new wave, de chanson et de poésie chantée.
traduction donnée à titre indicatif, réalisée à partir de deux traductions anglaises (1 - 2)
Я сам себе и небо, и луна,
Голая, довольная луна,
Долгая дорога, да и то не моя.
За мною зажигали города,
Глупые чужие города,
Там меня любили, только это не я.
О-о, зона!
Ожидает напряженно родниковая.
Я сам себе и небо, и луна,
Голая, довольная луна,
Долгая дорога бескайфовая.
Меня держала за ноги земля,
Голая, тяжелая земля,
Медленно любила, пережевывая.
И пылью улетала в облака,
Крыльями метала облака
Долгая дорога бескайфовая.
О-о, зона!
Ожидает напряженно беспросветная.
Я сам себе и небо, и луна,
Голая, довольная луна,
Я летаю где-то, только это не я.
Сам себе я!..
Moi seul, le ciel et la lune,
Nue, radieuse lune,
Longue route, mais ce n’est pas la mienne,
Derrière moi, la ville éclairée,
Stupides cités indifférentes,
Là on m’a aimé, mais ce n’était pas moi,
Oh la zone !
Attendant fébrile, le printemps,
Moi seul, le ciel et la lune,
Nue, radieuse lune,
Longue route inconnue
Je me tenais les pieds sur la terre,
Nue, dure terre
Lentement, elle aimait mâcher
Et la poussière volait en nuages
Métal ailes nuages
Longue route inconnue.
Oh, la zone !
Attendant fébrile
désespéré.
Moi seul, le ciel et la lune,
Nue, radieuse lune
Je vole quelque part, mais ce n’est pas moi.
Jean Ferrat et Georges Brassens le 16 mars 1969 sur le plateau de L'Invité du Dimanche sont interviewés par Jean-Pierre Chabrol à propos de l'engagement politique dans la chanson.
Suite à cette émission, Jean Ferrat sera interdit de télévision pendant 3 ans.
A Brassens (Barclay, 1963), chanson écrite, composée et interprétée par Jean Ferrat (1930-2010) en hommage à Georges Brassens (1921-1981)
Est-ce un reflet de ta moustache
Ou bien tes cris de "Mort aux vaches!"
Qui les séduit
De tes grosses mains maladroites
Quand tu leur mets dessus la patte
C'est du tout cuit
Les filles de joie les filles de peine
Les margotons et les germaines
Riches de toi
Comme dans les histoires anciennes
Deviennent vierges et souveraines
Entre tes doigts
Entre tes dents juste un brin d'herbe
La magie du mot et du verbe
Pour tout décor
Même quand tu parles de fesses
Et qu'elles riment avec confesse
Ou pire encor
Bardot peut aligner les siennes
Cette façon d'montrer les tiennes
N'me déplaît pas
Et puisque les dames en raffolent
On n'peut pas dire qu'elles soient folles
Deo gratias
Toi dont tous les marchands honnêtes
N'auraient pas de tes chansonnettes
Donné deux sous
Voilà qu'pour leur déconfiture
Elles resteront dans la nature
Bien après nous
Alors qu'avec tes pâquerettes
Tendres à mon cœur fraîches à ma tête
Jusqu'au trépas
Si je ne suis qu'un mauvais drôle
Tu joues toujours pour moi le rôle
De l'Auvergnat
La chanson de Jean Ferrat a été adapté en russe sur des paroles de Anri Volokhonsky et Alexei Khvostenko : Орландина (Orlandina). L'histoire d'une rencontre avec une jeune fille en pleurs, une nuit d'errance dans une ruelle sombre, et qui se révèle être le diable. La chanson est interprétée ici par le groupe de rock russe d'avant-garde Auktyon et le poète et auteur-compositeur Alexei Khvostenko (Hvost) (1940-2004). Une autre rencontre au sommet.
Отчего ? [Otchego ?Pourquoi?] est la cinquième mélodie du cycle Six romances, op. 6 de Piotr Ilitch Tchaïkovski, sur le poème de Heinrich Heine (1797 - 1856) : Warum sind denn die Rosen so blaß? traduit en russe par le poète Lev Mei (1822 - 1862).
L'oeuvre est interprétée ici par la grande soprano russe qui vient de disparaître, Galina Vichnevskaïa, accompagnée au piano par son mari Mstislav Rostropovitch.
La traduction française est de Gérard de Nerval.
Отчего побледнела весной
Пышноцветная роза сама?
Отчего под зеленой травой
Голубая фиалка нема?
Отчего так печально звучит
Песня птички, несясь в небеса?
Отчего над лугами висит
Погребальным покровом роса?
Отчего в небе солнце с утра
Холодно и темно, как зимой?
Отчего и земля вся сера
И угрюмей могилы самой?
Отчего я и сам все грустней
И болезненней день ото дня?
Отчего, о скажи мне скорей,
Ты – покинув – забыла меня?
Pourquoi les roses sont-elles si pâles, dis-moi, ma bien-aimée, pourquoi ?
Pourquoi dans les vert gazon les violettes sont-elles si attristées ?
Pourquoi l’alouette chante-t-elle d’une voix si mélancolique dans l’air ?
Pourquoi s’exhale-t-il du baume des jardins une odeur funéraire ?
Pourquoi le soleil éclaire-t-il les prairies d’une lueur si chagrine et si froide ?
Pourquoi toute la terre est-elle grise et morne comme une tombe ?
Pourquoi suis-je moi-même si malade et si triste, ma chère bien-aimée,
dis-le-moi ? Oh ! dis-moi, chère bien-aimée de mon cœur, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Galina Vishnevskaya fut également l'inoubliable interprète de Katerina Ismailova (Lady Macbeth de Mzensk), l'opéra de Dimitri Chostakovitch que nous avions présenté il y a quelques années déjà.
Entre quatre murs [В четырёх стенах] est la première des six mélodies du cycle Sans soleil [Без солнца] composée par Modeste Moussorgski (1839-1881) sur les textes du poète Arseny Golenishchev-Kutuzov (1848–1913). Chant : Vladimir Chibisov.
В четырёх стенах
Комнатка тесная, тихая, милая;
Тень непроглядная, тень безответная;
Дума глубокая, песня унылая;
В бьющемся сердце надежда заветная;
Быстрый полёт за мгновеньем мгновения;
Взор неподвижный на счастье далекое;
Много сомнения, много терпения…
Вот она, ночь моя — ночь одинокая!
Entre quatre murs
Une chambre petite, calme et familière,
Une obscurité insondable, muette,
Des pensées profondes, une chanson triste,
Un espoir précieux dans un coeur qui bat,
Les moments passent et s'envolent rapidement,
Un regard immobile fixe un bonheur lointain,
Beaucoup de doutes, beaucoup de patience.
Telle est ma nuit, ma nuit de solitude .
Ce poème de Guillaume Apollinaire (1880-1818) a été publié en 1913 dans le recueil Alcools. Le texte est inspiré de l'expérience douloureuse de l'auteur qui fut incarcéré pendant une semaine à la prison de la Santé en septembre 1911. Il était accusé de complicité de vol d'objets d'art au musée du Louvre, et sera par la suite innocenté.
A la Santé ! est composé de 6 parties numérotées. Dmitri Chostakovitch en a mis en musique de larges extraits pour en faire le 7ème mouvement de la Symphonie nº 14 (op. 135) pour soprano, basse, cordes et percussions créée en 1969.
Dans cette symphonie, outre des textes de Federico García Lorca, Wilhelm Küchelbecker et Rainer Maria Rilke, on retrouve 5 autres poèmes de Guillaume Apollinaire : Loreley, Le Suicidé, Les Attentives I, Les Attentives II, Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople qui furent traduits et adaptés en russe par Mikhail Pavlovich Kudinov (1922-1994).
Le texte original en français est interprété ici par Dietrich Fischer-Dieskau, avec le Concertgebouw Orchestra Amsterdam, dirigé par Bernard Haitink
Avant d’entrer dans ma cellule
Il a fallu me mettre nu
Et quelle voix sinistre ulule
Guillaume qu’es-tu devenu
Adieu adieu chantante ronde
Ô mes années ô jeunes filles
Le Lazare entrant dans la tombe
Au lieu d’en sortir comme il fit
Non je ne me sens plus là
Moi-même
Je suis le quinze de la
Onzième
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Tournons tournons tournons toujours
Le ciel est bleu comme une chaîne
Dans une fosse comme un ours
Chaque matin je me promène
Que deviendrai-je ô Dieu qui connais ma douleur
Toi qui me l’as donnée
Prends en pitié mes yeux sans larmes ma pâleur
Et tous ces pauvres cœurs battant dans la prison
L’Amour qui m’accompagne
Prends en pitié surtout ma débile raison
Et ce désespoir qui la gagne
Le jour s’en va voici que brûle
Une lampe dans la prison
Nous sommes seuls dans ma cellule
Belle clarté Chère raison
Anna German (1936-1982) interprète un texte du grand poète et romancier Mikhaïl Lermontov (1814-1841). La traduction française proposée a été réalisée par la poétesse Marina Tsvetaïeva (1892-1941)
1
Выхожу один я на дорогу;
Сквозь туман кремнистый путь блестит;
Ночь тиха. Пустыня внемлет богу,
И звезда с звездою говорит.
2
В небесах торжественно и чудно!
Спит земля в сиянье голубом...
Что же мне так больно и так трудно?
Жду ль чего? жалею ли о чем?
3
Уж не жду от жизни ничего я,
И не жаль мне прошлого ничуть;
Я ищу свободы и покоя!
Я б хотел забыться и заснуть!
4
Но не тем холодным сном могилы...
Я б желал навеки так заснуть,
Чтоб в груди дремали жизни силы,
Чтоб, дыша, вздымалась тихо грудь;
5
Чтоб всю ночь, весь день мой слух лелея,
Про любовь мне сладкий голос пел,
Надо мной чтоб, вечно зеленея,
Темный дуб склонялся и шумел.
1
Je m’en vais tout seul sur la grand’ route
Le silex reluit dans le brouillard.
Dieu énonce — et le désert écoute,
L’astre à l’astre lance un long regard.
2
Dans les cieux — accord et allégresse,
Et la terre dort comme un enfant,
Qu’est-ce qui m’attire et tant m’opresse ?
Ne regrette rien et rien n’attend.
3
Dans ce rude sein plus rien ne vibre, —
Rien, — ni avenir, ni souvenir,
Je voudrais finir tranquille et libre…
Ah, m’évanouir — mourir — dormir !
4
Mais non pas du sommeil de la tombe !
Que mon sein gonflé d’un cœur vivant
Se soulève et doucement retombe
En de pleins et calmes battements.
5
Et que nuit et jour quelqu’un me berce
D’un refrain d’amour qui me fut cher,
Et qu’un chêne sur mon front déverse
Son doux bruit et son ombrage vert.
En 1952, le pianiste ukrainien Sviatoslav Richter (1915-1997), immense interprète des oeuvres de Beethoven (mais aussi de Schubert, Chopin, Rachmaninov, Prokofiev, Ravel, et bien d'autres) joue le rôle de Franz Liszt dans Kompozitor Glinka [Композитор Глинка], un film de Grigori Aleksandrov. Le film est la biographie du compositeur Mikhaïl Ivanovitch Glinka (1804-1857) considéré comme le fondateur de l'école musicale russe moderne. L'extrait présente la rencontre de Liszt et de Glinka, avec Boris Smirnov dans le rôle titre, rencontre symbolique du Romantisme européen et de "l'Âme russe".
« L’art n’est pas un but en soi, mais un moyen de communiquer avec des personnes. » Modeste Moussorgski
Modeste Petrovitch Moussorgski
"Chants et danses de la mort. 3, Trepak"
texte d'Arseni Arkadievitch Golenichtchev-Koutouzov
par Aleksander Liver [Александр Ливер]
Лес да поляны, безлюдье кругом ; Вьюга и плачет и стонет. Чуется, будто во мраке ночном, Злая, кого-то хоронит.
Глядь, так и есть! В темноте мужика Смерть обнимает, ласкает ; С пьяненьким пляшет вдвоём трепака. На ухо песнь напевает :
"Ой, мужичок, старичок убогой, Пьян напился, поплёлся дорогой ; А мятель-то, ведьма, поднялась, взыграла, С поля в лес дремучий невзначай загнала.
Горем, тоской, да нуждой томимый, Ляг, прикорни, да усни, родимый! Я тебя, голубчик мой, снежком согрею, Вкруг тебя великую игру затею.
Взбей-ка постель, ты мятель-лебёдка! Гей, начинай, запевай погодка! Сказку, да такую, чтоб всю ночь тянулась, Чтоб пьянчуге крепко под неё заснулось.
Ой, вы леса, небеса, да тучи, Темь, ветерок, да снежок летучий, Свейтесь пеленою, снежной, пуховою; Ею, как младенца, старичка прикрою.
Спи, мой дружок, мужичок счастливый, Лето пришло, расцвело! Над нивой Cолнышко смеётся, да серпы гляют ; Песенка несётся, голубки летают..."
Dans la forêt et les clairières, pas une âme qui vive. La tempête de neige hurle et gémit. Il semble que dans l'obscurité de la nuit La neige cruelle enterre un pauvre bougre.
Voyez, c'est bien cela! Dans l'obscurité, La mort embrasse un paysan ; Elle danse le trépak* avec l'ivrogne, Et lui souffle cette douce chanson à l'oreille :
« Hé, pauvre paysan, malheureux vieillard, tu t'es saoulé et tu as perdu ta route, Et la tempête de neige, la sorcière, s'est levée, s'est déchaînée, Des clairières, elle t'a mené au cœur de la forêt,
Tourmenté par le chagrin, la misère et la tristesse Allonge-toi, et fais un somme, mon ami ! Je te réchaufferai d'une couverture de neige, et autour de toi j'organiserai un grand spectacle.
Secoue la couche, neige blanche comme le cygne! Hé, fais nous entendre ta chanson, furieuse tempête! Chante nous une histoire qui durera toute la nuit, Afin que l'ivrogne sombre dans le sommeil!
Ô forêts, cieux et nuages, Obscurité, vents et neige virevoltante! Enveloppez-le dans un duvet de neige soyeuse ; Afin que je couvre ce petit vieillard comme un enfant…
Dors, mon ami, heureux paysan, L'été est venu et tout est fleuri ! Le soleil sourit et les faucilles dansent dans les champs, Une chanson s'élève et les colombes s'envolent!… »
* Le trépak est une danse traditionnelle russe. Cf. article worldlinguo
Enregistrement disponible à la médiathèque :Modeste Moussorgski : Songs and dances of death [Chants et danses de la mort] par Marjana Lipovšek (mezzosoprano) et Graham Johnson, piano. - Sony Classical, 1996
Le groupe russe I.H.N.A.B.T.B. (déjà présenté ici) a mis en musique le premier texte du recueil du peintre, graveur et poète romantique anglais William Blake, Les Chants de l'Innocence et de l'Expérience écrit entre 1789 et 1793.
I.H.N.A.B.T.B. est un groupe moscovite de chanson rock mélodramatique expérimentale dans la lignée de l'avant-garde post-soviétique (Auktyon), du noisy rock contemporain (The Mars Volta, Black Eyes, Deerhoof) et des figures tutélaires et météoriques de l'art rock (Frank Zappa, Captain Beefheart, John Lurie & The Lounge Lizards, Le Pink Floyd avec Syd Barrett, James Chance and the Contortions).
Utilisant une instrumentation rock traditionnelle (basse, guitare, batterie), les musiciens Oleg Elel, John Kuku, Ivan Arar, Geha Kiki, Dima Lolo jouent également du saxophone, de la flûte, du violon, de la clarinette, du banjo, de l'accordéon, etc. et utilisent de nombreux objets et appareillages pour installer différentes ambiances bruitistes, hystériques, survoltées, mélancoliques, déjantées, surréalistes, saturées... (à compléter avec vos propres adjectifs après écoute ! :-))
Magik Elektrik, leur premier album est déjà disponible en téléchargement gratuit par un lien sur leur Bandcamp
L'album va également sortir en CD dans le courant de ce mois de février.
"Le poids des fantômes.Depuis quelques temps, et à mesure que les années passent, la notion de fantôme devient suave, s'alourdit et s'arrondit de ce poids persuasif, de cette stéréotypie potelée et de ce contour analytique et nutritif qui est propre aux sacs de pommes de terre vus à contre-jour, lesquels, comme chacun sait, sont précisément ceux que François Millet, peintre involontaire des fantômes les plus importants, eut la complaisance insistante de nous transmettre, en les figeant dans ses toiles immortelles, réalisées magistralement, avec toute la bassesse émotionnelle dont un peintre peut être capable et avec tout ce louche, concret et unique, grâce auquel nous avons tous, depuis quelque temps, le luxe de nous horrifier.
Les raisons de l'alarmante augmentation de poids, de l'alourdissement compact, de l'affaissement réaliste et extra-mou des fantômes actuels ne sont que les conséquences découlant de la notion toute première et originaire de la matérialisation même de l'idée de fantôme et qui, comme nous allons le voir rapidement, réside dans le sentiment de "volume virtuel". [...]" Salvador Dali, Les nouvelles couleurs du sex-appeal spectral, in Anthologie de l'humour noir d'André Breton, Ed. Jean-Jacques Pauvert, 1966 (texte paru dans le revue Minotaure)
Инициативная [L'intervention] (1968), extrait
Dans l'extrait on aperçoit Vladimir Vyssotski. Les deux artistes chanteurs er danseurs sur scène sont interprétés par Boris Sichkin et Yuliya Burygina
Fiche IMDB
Dyaoule PembaFini les Colonies
Dyaoule Pemba est une formation basée à Toulouse. Dyaoulé Pemba qui signifie « La Danse des Esprits», fait revivre, en y intégrant du jazz, les racines créoles et africaines de la culture d'Haïti dont est originaire la chanteuse Moonlight Benjamin.
Page MySpace http://ma.case.free.fr/
Diego el CigalaEu sei que vou te amar
Diego Ramón Jiménez Salazar, surnommé El Cigala (La langoustine) est un chanteur gitan de flamenco né à Madrid en 1968. Eu sei que vou te amar est un standard de la musique brésilienne composé par Tom Jobim et Vinícios de Moraes
Article Wikipédia en français, en espagnol http://www.diegoelcigala.com/
Linn YoukiOuch Miau
Linn Youki est un groupe punk funk electro de Barcelone
Page MySpace
Interview du groupe sur AMPLI le blog des bibliothécaires musicaux catalans
Giulia y los tellariniBarcelona
Giulia y los tellarini est un groupe originaire de Barcelone
Page MySpace
«Tout ce que j'ai reçu jusqu'à présent pour le plus vrai et assuré, je l'ai appris des sens, ou par les sens : or j'ai quelquefois éprouvé que ces sens étaient trompeurs, et il est de la prudence de ne se fier jamais entièrement à ceux qui nous ont une fois trompés.
Mais, encore que les sens nous trompent quelquefois, touchant les choses peu sensibles et fort éloignées, il s'en rencontre peut-être beaucoup d'autres, desquelles on ne peut pas raisonnablement douter, quoique nous les connaissions par leur moyen : par exemple, que je sois ici, assis auprès du feu, vêtu d'une robe de chambre, ayant ce papier entre les mains, et autres choses de cette nature. Et comment est-ce que je pourrais nier que ces mains et ce corps-ci soient à moi ? si ce n'est peut-être que je me compare à ces insensés, de qui le cerveau est tellement troublé et offusqué par les noires vapeurs de la bile, qu'ils assurent constamment qu'ils sont des rois, lorsqu'ils sont très pauvres ; qu'ils sont vêtus d'or et de pourpre, lorsqu'ils sont tout nus ; ou s'imaginent être des cruches, ou avoir un corps de verre. Mais quoi ? ce sont des fous, et je ne serais pas moins extravagant, si je me réglais sur leurs exemples.
Toutefois j'ai ici à considérer que je suis homme, et par conséquent que j'ai coutume de dormir et de me représenter en mes songes les mêmes choses, ou quelquefois de moins vraisemblables, que ces insensés, lorsqu'ils veillent. Combien de fois m'est il arrivé de songer, la nuit, que j'étais en ce lieu, que j'étais habillé, que j'étais auprès du feu, quoique je fusse tout nu dedans mon lit ? Il me semble bien à présent que ce n'est point avec des yeux endormis que je regarde ce papier ; que cette tête que je remue n'est point assoupie ; que c'est avec dessein et de propos délibéré que j'étends cette main, et que je la sens : ce qui arrive dans le sommeil ne semble point si clair ni si distinct que tout ceci. Mais, en y pensant soigneusement, je me ressouviens d'avoir été souvent trompé, lorsque je dormais, par de semblables illusions. Et m'arrêtant sur cette pensée, je vois si manifestement qu'il n'y a point d'indices concluants, ni de marques assez certaines par où l'on puisse distinguer nettement la veille d'avec le sommeil, que j'en suis tout étonné ; et mon étonnement est tel, qu'il est presque capable de me persuader que je dors.» René Descartes, Méditations métaphysiques (1ère éd. en latin, 1641 Meditationes de Prima Philosophia, ...), Méditation première (extrait)
Víctor Lidio Jara Martínez (1932-1973), directeur de théâtre, poète, chanteur auteur compositeur chilien. Artiste engagé, soutenant le gouvernement du Président Salvatore Allende, il sera arrêté par les militaires le jour du coup d'état du Général Pinochet en 1973 pour être torturé et exécuté quelques jours plus tard.
Article Wikipédia en français, en anglais, en espagnol.
Vladimir Lantsberg(Владимир Ланцберг)Песенка о голове
Vladimir Lantsberg (1948-2005), auteur compositeur et chanteur (barde) russe né à Saratov, un grand port sur la Volga. Polytechnicien, ingénieur (notamment dans le domaine des logiciels de jeux vidéo), enseignant, et plusieurs fois lauréat du Grushinsky festival.
Articles Wikipedia en anglais, en russe
Soft EjectPlease just carry on
Soft Eject est un groupe de folk-rock géorgien formé à Tbilisi en 1989. Le titre date de 1995.
Article Wikipédia en anglais,Page http://www.myspace.com/softeject
Auktyon [АукцЫон]Дорога (Route)
Groupe de rock d'avant-garde de Saint-Pétersbourg. Le groupe a été programmé au festival de Bourges en 1989 devant un public clairsemé pour un concert semble-t-il mémorable (agitateur.org)
Page MySpace, Page LastFM http://www.auktyon.com/
"C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitrée du bloc des « Maisons de la Victoire », pas assez rapidement cependant pour empêcher que s’engouffre en même temps que lui un tourbillon de poussière et de sable.
Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. À l’une de ses extrémités, une affiche de couleur, trop vaste pour ce déploiement intérieur, était clouée au mur. Elle représentait simplement un énorme visage, large de plus d’un mètre : le visage d’un homme d’environ quarante-cinq ans, à l’épaisse moustache noire, aux traits accentués et beaux.
Winston se dirigea vers l’escalier. Il était inutile d’essayer de prendre l’ascenseur. Même aux meilleures époques, il fonctionnait rarement. Actuellement, d’ailleurs, le courant électrique était coupé dans la journée. C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine. [...]
Début de 1984 de George Orwell, trad. par Amélie Audiberti, Gallimard, 1950 (Folio)
Fujiya & Miyagi est un groupe de musique électronique formé à Brighton en 2000.
Page MySpace, Article Wikipédia en anglais
Ton Steine ScherbenMacht kaputt was euch kaputt macht (1970)
Ton Steine Scherben est un groupe berlinois formé en 1970 et dont l'expression musicale était tout aussi radicale que l'engagement politique tel qu'il apparaît dans le texte de cette chanson. "S'acheter une radio, s'acheter une chaîne, aller au cinéma, s'acheter une télé, rouler en voiture, acheter des maisons, acheter des meubles, acheter des voyages, acheter des tapis, ah quoi bon ? Détruisez ce qui vous détruit !"
Article Wikipédia en allemand, en anglais
Tatyana Kabanova est une actrice de théâtre et une chanteuse qui vit à Saint-Pétersbourg (Russie). Elle interprète une chanson du célèbre artiste de cabaret Alexander Vertinsky (1889-1957)
Tatyana Kabanova [Татьяны Кабановой] sur le site shansonprofi.ru (en russe)
« Qu’est-ce que c’était ? Une météore ? Une visite d’extraterrestres ? Dans un cas comme dans l’autre, notre petit pays a vu la naissance d’un miracle : la ZONE. Nous avons immédiatement envoyé des troupes là-bas. Elle ne sont pas revenues. Ensuite, nous avons entouré la ZONE d’un cordon de police. Peut-être était-ce une bonne chose, je ne sais pas… » Extrait d’un entretien avec le Professeur Wallace, Lauréat du Prix Nobel (carton de générique du film)
Synopsis : Un "Stalker" fait entrer furtivement un écrivain et un scientifique à l'intérieur de "La Zone", un territoire sinistré à la suite d'un événement inconnu, puis les guide au travers de périls insidieux, à la recherche de "La Chambre", le lieu où tous les souhaits et tous les désirs se réalisent.
Le film est adapté du roman de science-fiction Pique-nique au bord du chemin de Arcadi et Boris Strougatski.
La musique électronique de Eduard Artemyev se mêle au choc répété des essieux de la dresine au passage de la jointure des coupons de rails.
Eduard Artemyev est un compositeur russe de musique de film et de musique électronique. Pour Tarkovski, il a signé également les musiques de Solaris (1972) et du Miroir (1975), il a travaillé également avec Nikita MikhalkovPartition inachevée pour piano mécanique (1973), Soleil trompeur (1984) et Andreï KontchalovskiLa Maison de fous (2002)
Sur Eduard Artemyev : Wikipedia
Sur le film Stalker : Wikipédia, l'article de Gilles Visy sur Objectif-cinema.com
Le département Arts de la Médiathèque de Dole proposera une rétrospective du cinéma russe dans le courant du mois de décembre.
"Quand je suis impuissant à vaincre le malheur, Quand le désespoir me guette, Je prends à la course un trolley bleu Le dernier, n'importe lequel.
Trolley de minuit, file par les rues, Fais ta ronde sur les boulevards Pour ramasser tous ceux qui ont fait dans la nuit Naufrage, naufrage.
[...]" Boulat Okoudjava, Le dernier trolley (extrait)
Alexander Rosenbaum La chanson d'un tailleur juif
[Александр Розенбаум "Песня еврейского портного"]
Alexander Rosenbaum est né en 1951 à Saint-Pétersbourg. C'est un barde connu pour ses interprétations de chansons évoquant la vie, les aventures et les souffrances des délinquants et des criminels, un genre à part entière appelé blatnaya pesnya, ou shanson.
Article Wikipédia (en anglais) http://www.rozenbaum.ru/news/index.php
Alexander GorodnitskyMonastère de Donskoï
Александр Городницкий "Донской монастырь"
Alexander Gorodnitsky est né en 1933 à Saint Petersbourg (Leningrad), c'est un poète et un barde qui excerça la profession de géologue et d'océanographe.
Article Wikipédia (en anglais) http://gorodnit.bard.ru/
Vladimir VissotskiLes chevaux
[Владимир Высоцкий "Кони"] (traduction du texte sur le blog Stengazeta)
Vladimir Vissotski (1935-1980) est sans doute le plus célèbre des bardes russes. Acteur et chanteur, marié avec l'actrice Marina Vlady, il est également connu en France et aux Etats-Unis. Plusieurs de ses disques sont édités par le label Le Chant du Monde, dont Le vol arrêté (1980)
Aricle Wikipédia http://www.kulichki.com/vv/eng/
Mikhail KrugVladimirskiy Central
Михаил Круг "Владимирский централ"
Mikhail Krug (1962-2002), originaire de Tver, une ville au Nord de Moscou, il était surnommé le roi du shanson, son répertoire composé en grande partie de chansons de prisonniers, décrivait l'univers de la délinquance en empruntant l'argot du milieu. Sa mort tragique et violente par assassinat a renforcé le culte dont il fait l'objet. Il compte aujourd'hui parmi les chanteurs russes les plus populaires.
Article Wikipédia (en anglais) http://www.mkrug.ru/
Boulat OkoudjavaLe dernier trolley
[Булат Окуджава "Последний троллейбус"]
Boulat Chalvovitch Okoudjava (1924-1997) est né à Moscou de parents géorgiens, écrivain, journaliste, professeur, poète, chanteur auteur compositeur, il est considéré avec Vladimir Vissotski comme l'un des plus grands bardes russes. Le disque Le soldat de papier est édité par Le Chant du Monde (1993/1999)
Article Wikipédia en anglais.