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28 mai 2012

Quiz : Musique classique et cinéma


Le magnétophone à cassette d'Hannibal Lecter dans sa cellule
Le Silence des agneaux (1991)

25 décembre 2011

Joyeux Noël


Jacob de Backer (c.1555–c.1585) - La nativité


Jean-Sébastien Bach - Sinfonia de l'Oratorio de Noël (BWV 248)

1 septembre 2011

Lettera amorosa : chanson de la semaine #70

"Se i languidi miei sguardi : lettera amorosa a voce sola" [Si mes regards alanguis : lettre d'amour pour voix seule] est un madrigal composé par Claudio Monteverdi sur un texte de Claudio Achillini, publié en 1619 dans le Septième Livre de Madrigaux.
La particularité de l'oeuvre et de sa réponse la Partenza amorosa est d'être écrite dans le style représentatif (stile rappresentativo), style ainsi définit : "Dans chaque cas, le compositeur se montre suprêmement attentif à l'accent qui doit détacher le mot clé, à tous les accidents expressifs du discours, à ses contrastes aussi, et à l'intensité du " geste verbal " qui vient appuyer l'action et amplifier le pouvoir du texte [...] Il reste que la grande nouveauté du genre représentatif est avant tout de donner l'illusion du théâtre, de la vie et du visuel en dehors de toute représentation scénique. " (Larousse)

Ici par un parlar cantando la chanteuse lit / interprète une lettre d'amour qui lui est adressée. Mise en abîme, ou "jeu de poupées russes où l'amant écrit une lettre lue par son aimée qui elle même nous propose cette perspective d'une femme qui dit et ressent, chante des mots et des émotions d'homme." (absolute zero) . La lettera amorosa se chante sans mesure, la métrique étant laissée à l'appréciation de l'interprète.

La Lettera amorosa est interprétée ici par Sara Bino, soprano accompagnée de Ziv Braha au Théorbe.
Ce projet du Théâtre Musical de la Schola Cantorum Basiliensis (Bâle, Suisse) a été réalisé en mars 2011, il est intitulé "Klangwandeln im Zeitlabyrinth der Bibliothek" [Déambulation sonore dans le labyrinthe temporel de la bibliothèque].



Se i languidi miei sguardi,
Se i sospiri interrotti,
Se le tronche parole
Non han sin or potuto,
O bell'idol mio,
Farvi delle mie fiamme intera fede,
Leggete queste note,
Credete a questa carta,
A questa carta in cui
Sotto forma d'inchiostro il cor stillai.
Qui sotto scorgerete
Quegl'interni pensieri
Che con passi d'amore
Scorron l'anima mia;
Anzi, avvampar vedrete
Come in sua propria sfera
Nelle vostre bellezze il foco mio.

Non è gia parte in voi
Che non forza invisibile d'amore
Tutto a sè non mi tragga:
Altro già non son io
Che di vostra beltà preda e trofeo.
A voi mi volgo, o chiome,
Cari miei lacci d'oro:
Deh, come mai potea scampar sicuro
Se come lacci l'anima legaste,
Comme oro la compraste ?
Voi, pur voi dunque siete
Della mia libertà catena e prezzo.
Stami miei preziosi,
Bionde fila divine,
Con voi l'eterna Parca
Sovra il fuso fatal mia vita torce.

Voi, voi capelli d'oro
Voi pur siete di lei,
Ch'è tutta il foco mio, raggi e faville;
Ma, se faville siete,
Onde avvien che ad ogn'ora
Contro l'uso del foco in giù scendete ?
Ah che a voi per salir scender conviene,
Chè la mangion celeste ove aspirate,
O sfera de gli ardori, o paradiso,
E posta in quel bel viso.

Cara mia selva d'oro,
Richissimi capelli,
In voi quel labirinto Amor intesse
Onde uscir non saprà l'anima mia.
Tronchi pur morte i rami
Del prezioso bosco
E dal la fragil carne
Scuota per lo mio spirto,
Che tra fronde sì belle, anco recise,
Rimarrò prigionniero,
Fatto gelida polve ed ombra ignuda.

Dolcissimi legami,
Belle mie piogge d'oro
Quali or sciolte cadete
Da quelle ricche nubi
Onde raccolte siete
E, cadendo, formate
Preziose procelle
Onde con onde d'hor bagnando andate
Scogli di latte e rivi d'albastro,
More subitamente
(O miracolo eterno
D'amoroso desìo)
Fra si belle tempeste arse il cor mio.

Ma già l'ora m'invita,
O degli affetti miei nunzia fedele,
Cara carta amorosa,
Che dalla penna ti divida omai;
Vanne, e s'amor e'l cielo
Cortese ti concede
Che de' begli occhi non t'accenda il raggio,
Ricovra entro il bel seno:
Chi sà che tu non gionga
Da sì felice loco
Per sentieri di neve a un cor di foco !
Si mes regards alanguis,
Si mes soupirs interrompus,
si mes paroles inachevées
n'ont pu encore,
ô ma bien-aimée,
vous convaincre de ma flamme
lisez ces notes,
croyez en cette lettre,
où en guise d'encre je saignais mon cœur.
Vous y percevrez
les pensées secrètes
qui traversent mon âme
d'un pas amoureux;
vous verrez même brûler
comme en sa propre sphère,
mon feu pour vos beautés.


Chaque partie de votre être
m'entraîne entièrement vers elle
avec la force invincible de l'amour;
Je ne suis rien d'autre
que la proie et le trophée de votre beauté.
A vous je m'adresse, ô chevelure,
mes chaînes d'or bien-aimées:
Las, comment pouvais-je m'échapper
si vous maintenez mon âme entrelacée
comme une tresse, achetée comme de l'or?
Vous donc, vous êtes, de ma liberté
la chaîne et le prix.
Mes précieux joyaux,
blonds fils divins,
avec vous l'éternel Parque
sur so fuseau fatal file ma vie.

Vous, vous cheveux d'or,
vous appartenez donc à celle
qui est tout mon feu, le rayon et l'étincelle;
mais si vous êtes des étincelles,
pourquoi, au contraire du feu,
descendez-vous toujours?
Ah, vous devez descendre pour atteindre
ce que vous désirez,
ô sphère de passion, ô paradis:
le haut des cieux, ce beau visage.

Ma chère forêt d'or,
précieuse chevelure
en vous Amour tissa le labyrinthe
d'où mon âme ne saurait fuir.
Puisse la mort tailler le feuillage
du précieux bocage,
et libérer mon esprit de la chair fragile,
car de ce si beau ramage,
quand bien même émondé,
je resterai le prisonnier
devenu froide poussière et ombre nue.

Liens si doux,
mes belles pluies d'or
dont les gouttes tombent
de ces riches nuages
qui vous retiennent
et, en tombant, vous provoquez
de précieuses tempêtes
baignant de vagues en vagues d'or
subitement assombries
les rochers de lait et les ruisseaux d'albâtre,
(oh éternel miracle
du désir amoureux)
dans le si belles tempêtes je brûlai mon cœur.

Mais déjà l'heure m'invite,
ô messagère des mes affects,
chère lettre d'amour,
à te séparer désormais de ma plume ;
va, et si l'amour et le ciel
courtois permettent que le rayon
des beaux yeux ne te brûle,
réfugie-toi dans le beau sein:
partant d'un lieu si heureux
peut-être atteindras-tu
par des sentiers de neige un cœur en feu.



Concerto : settimo libro di madrigali du Claudio Monteverdi / La Venexiana. - Glossa, 1998 (1 CD)

29 avril 2010

Le Capharnaüm #61 : Après avoir été si souvent déçu, je m’assis au fond d’une vallée

J’ai fait aujourd’hui l’ascension de la plus haute montagne de cette contrée que l’on nomme avec raison le Ventoux, guidé uniquement par le désir de voir la hauteur extraordinaire du lieu.
[...]
Nous nous remîmes ensuite en marche, mais plus lentement ; moi surtout je m’acheminai d’un pas plus modéré. Mon frère, par une voie plus courte, tendait vers le haut de la montagne ; moi, plus mou, je me dirigeais vers le bas, et comme il me rappelait et me désignait une route plus directe, je lui répondis que j’espérais trouver d’un autre côté un passage plus facile, et que je ne craignais point un chemin plus long, mais plus commode. Je couvrais ma mollesse de cette excuse, et pendant que les autres occupaient déjà les hauteurs, j’errais dans la vallée sans découvrir un accès plus doux, mais ayant allongé ma route et doublé inutilement ma peine. Déjà accablé de lassitude, je regrettais d’avoir fait fausse route, et je résolus tout de bon de gagner le sommet. Lorsque, plein de fatigue et d’anxiété, j’eus rejoint mon frère, qui m’attendait et s’était reposé en restant longtemps assis, nous marchâmes quelques temps d’un pas égal. A peine avions-nous quitté cette colline, voilà qu’oubliant mon premier détour, je m’enfonce derechef vers le bas de la montagne ; je parcours une seconde fois la vallée, et, en cherchant une route longue et facile, je tombe dans une longue difficulté. Je différais la peine de monter ; mais le génie de l’homme ne supprime pas la nature des choses, et il est impossible qu’un corps parvienne en haut en descendant. Bref, cela m’arriva trois ou quatre fois en quelques heures à mon grand mécontentement, et non sans faire rire mon frère. Après avoir été si souvent déçu, je m’assis au fond d’une vallée. [...]

Pétrarque (1304-1374), L'ascension du mont Ventoux (1336), trad. Victor Develay

Milan "Mejla" Hlavsa

Milan "Mejla" Hlavsa (1951-2001), chanteur, bassiste, compositeur et leader du groupe tchèque Plastic People of the Universe, groupe phare de la contestation entre 1968 et 1988.
Article Wikipédia en anglais

Jean-Baptiste Lully Atys (L'Entrée Des Phrygiens)

Atys est un opéra composé en 1676 par Jean-Baptiste Lully (1632-1687) pour le divertissement de Louis XIV. L'oeuvre a été reprise en 1987, à l'occasion du tricentenaire de la mort de Lully sous la direction musicale de William Christie et dans une mise en scène de Jean-Marie Villégier. Cet événement mémorable marque le début de la redécouverte et la promotion du répertoire de la musique baroque française des XVIIe et XVIIIe siècles. L'enregistrement est édité chez Harmonia Mundi.

Carlo Gesualdo Beltá, poi che t'assenti

Madrigal "Beltá, poi che t'assenti" (Livre VI, n.2) de Carlo Gesualdo (1560-1613) par Il Complesso Barocco (dir. Alan Curtis). Extrait du film "Mort à cinq voix" (1995) de Werner Herzog

Béla Bartók Danses populaires roumaines

Danses populaires roumaines de Béla Bartók, par le Metropolis Ensemble, un orchestre de musique de chambre de New York, avec Avi Avital à la mandoline.

The Radio Dept. The Worst Taste In Music

The Radio Dept. est un groupe suédois de shoegaze/dream pop formé en 1995. Leur dernier album Clinging to a Scheme (2010) est édité sur le label Labrador
MySpace, Wikipédia

12 décembre 2008

Der Adventskalender in Europa : 12. Dezember, Deutschland und Österreich

Le compte à rebours de Noël dans les pays de l'Union Européenne12 décembre : l'Allemagne et l'Autriche





Johann Sebastian Bach
Weihnachtsoratorium BWV 248/1

Weihnachtsoratorium (Oratorio de Noël) Tölzer Knabenchor ; Gerhard Schmidt-Gaden, chef de choeur ; Concentus Musicus Wien ; Nikolaus Harnoncourt, dir.
Extrait 1ère partie : "Jauchzet, frohlocket! auf, preiset die Tage" (Exultez, réjouissez-vous ! debout, louez ce jour) (> texte et traduction ici)
[Attention, faux-amis : on aurait tord de confondre cet appel à exulter et à se réjouir avec une invitation à la rigolade et à l'amusement. Dans le présent contexte, il est vrai, peu de place est laissé au doute.]

Marianne und Michael Stille Nacht, heilige Nacht

http://de.wikipedia.org/wiki/Marianne_und_Michael

Hansi Hinterseer Kling, Glöckchen, klingelingeling / Schee langsam wird's still

http://de.wikipedia.org/wiki/Hansi_Hinterseer

27 février 2008

Casino : J.-S. Bach goes to Las Vegas : musique de films de gangsters #2

Pendant le mois de février, le département Arts de la Médiathèque de Dole propose un panorama des films de gangsters. Le dossier thématique est consultable sur le site portail de la Médiathèque de Dole.

Casino commence par la mort de Sam "Ace" Rothstein, le protagoniste principal. D'autres films fonctionnent également avec cette structure narrative : The Killers (1946), Sunset Blvd.(1950) ou encore DOA (1950).
Le cinéaste dorumentariste William Klein a lui aussi associé dans Messie (1999) la musique baroque sacrée à la ville de Las Vegas, il s'agissait de l'oratorio Messiah, HWV 56 de Georg Friedrich Haendel.

Extrait de la Passion selon St Matthieu, BWV 244 de Johann Sebastian Bach, The Chicago Symphony Orchestra, Georg Solti, dir.



Casino (1995), un film de Martin Scorsese ; avec Robert de Niro, Sharon Stone, Joe Pesci

9 janvier 2008

Gilles Deleuze, Liebniz et l'harmonie baroque

En 1987, le philosophe Gilles Deleuze invite ses étudiants de l'Université de Vincennes à une réflexion à trois voix à la croisée de la musique et de la philosophie. Consacrant un cours à la pensée de Leibniz, Deleuze convie deux musiciens : la compositrice et musicologue Pascale [Criton] et le musicien électronique d'avant-garde Richard [Pinhas] à disserter sur l'histoire de la théorie musicale de la période Renaissance à la période classique. Les deux noms sont mis entre crochets, car nous pensons avoir identifié ces deux intervenants par recoupement.
En praticien de la maïeutique, Gilles Deleuze interroge ces spécialistes en tentant de construire des passerelles entre les pensées philosophiques et musicales des 17e et 18e siècles.
Il est ainsi question de l'harmonie par intervalle propre à la musique franco-flamande de la Renaissance, du contrepoint baroque, du passage de l'harmonie de résonance (polyphonie) à l'harmonie de consonance (basse continue), aboutissant à l'harmonie classique des accords, du rapport des voix entre elles, du rapport entre les voix et les instruments, de l’expressivité de la dissonance, du rapport des notes entre elles : tonique, dominante (quinte), octave, harmoniques, ou encore de la naissance de la musique instrumentale.
Ultime question du philosophe : quel rapport entre la nouvelle harmonie des accords et l'accord des âmes entre elles et des âmes avec les corps dont parle Leibniz ?
On l'a compris, malgré un son assez médiocre on assiste à une passionnante leçon (sans doute par moment fumeuse) donnée sous la forme d'un dialogue, et d'une pensée qui se construit à mesure. Ces archives audiovisuelles (sous-titrées en italien, car diffusées par la RAI3) témoignent d'une époque déjà historique où régnait un joyeux boxon : une salle de cours surpeuplée, des étudiants partout, assis, edbout, entourant le professeur, le bruit de la porte grinçant continuellement en raison du flux incessant des entrants et des sortants, tout le monde fumant avec application, assis à la gauche de Deleuze, un homme imperturbable, chaussé de lunettes noires mange plein cadre d'abord un sandwich à la 33ème minute, puis quelque chose s'apparentant à une pâtisserie à la 43ème minute. Richard Pinhas, au tableau, traçe à la craie le schéma de l'harmoniseur, et Gilles Deleuze se prend littéralement la tête lorsque Pascale Criton, musicologue explique quelques principes de l'harmonie, avant de conclure par : "Ecoutez, moi, je souhaite que ça se termine comme ça… Je remercie très vivement ceux qui sont intervenus dans cette histoire de musique, dont j’aime bien qu’au besoin elle nous laisse des impressions confuses, mais je crois qu’en tout cas pour moi, elle me donne des points de départ de travail que je n’aurais pas eu sans cette séance."

Gilles Deleuze 1987 cours Vincennes(durée : 51'11'')

Le site consacré à Gilles Deleuze admnistré par Richard Pinhas
http://www.webdeleuze.com/

Le site de Pascale Criton
http://www.pascalecriton.com/

Le site de Richard Pinhas
http://www.richardpinhas.com/

23 avril 2007

Rameau et la musique au siècle des Lumières : histoire de la musique française

Jean-Philippe Rameau (1683-1764)
Rameau figure parmi les plus grands musiciens du XVIIIe siècle, c'est également un théoricien majeur de la musique. Il est contemporain de Jean-Sébastien Bach, d’Antonio Vivaldi.
Né à Dijon, où son père était organiste, Rameau voyage en Italie à l'âge de 18 ans puis s'installe à Paris où il compose son Premier Livre de pièces de clavecin (1706). Il est employé comme organiste dans plusieurs villes françaises, notamment à Dijon, et Clermont-Ferrand, où il demeure jusqu'en 1722, et rédige son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels (1722). En 1723, il revient à Paris, il enseigne le clavecin et la théorie musicale, publiant en 1726 le Nouveau Système de musique théorique.
Interprète, compositeur et théoricien de la musique, il ne vient à l'opéra que tardivement, à 48 ans. Son premier opéra, Samson (1731), sur un livret proposé par Voltaire, est censuré.

Rameau se trouvera au cours de sa carrière mêlé malgré lui à deux controverses :

La querelle des lullistes et des ramistes
Sa musique est d'abord violemment critiquée par les admirateurs de Lully, qui considèrent le modernisme de Rameau comme une trahison. Rameau s'inscrit malgré ses audaces dans la continuité de Lully. C’est la tragédie en musique Dardanus qui fait donc éclater en 1739 cette polémique. Elle rappelle dans sa forme la fameuse querelle des anciens et des modernes qui avait partagée le monde littéraire vers 1670. Diderot donne de cette querelle musicale une description savoureuse dans un de ses meilleurs ouvrages : le Neveu de Rameau.
La querelle des Bouffons
Dans les années 1750, Rameau est de nouveau pris à parti lors de la querelle des Bouffons par Rousseau et d'autres partisans de la musique italienne comme le Comte de Grimm. Cette violente polémique se développe à l'occasion de la présence à Paris d'une troupe d'opéra comique italien venue représenter La Serva padrona (La maîtresse servante) de Pergolèse.

« Je crois avoir fait voir qu'il n'y a ni mesure ni mélodie dans la musique française parce que la langue n'en est pas susceptible ; que le chant français n'est qu'un aboiement continuel, insupportable à toute oreille non prévenue ; que l'harmonie en est brute, sans expression, et surtout uniquement en remplissage d'écolier ; que les airs français ne sont point des airs ; que le récitatif français n'est point du récitatif. D'où je conclu que les Français n'ont point de musique et n'en peuvent avoir, ou que, si jamais ils en ont une, ce sera tant pis pour eux. » Jean-Jacques Rousseau (1753)

Les propos de Rousseau sont surtout le signe d'une aigreur, il a composé un opéra « Le devin du village » qui n'a pas marché. Il règle ses comptes dans ses écrits sur la musique, dans des articles édités dans l'encyclopédie Diderot et d'Alembert, et dans son dictionnaire de la musique. Il écrit beaucoup sur la musique, notamment dans son traité sur l'origine des langues, dont le sous-itre est "Où il est parlé de la Mélodie et de l'Imitation musicale".
Ces virulentes polémiques n'éclipsent pas le succès de Rameau en tout cas pas dans l'immédiat. Après la Révolution de 1789, cette musique deviendra peu à peu le symbole des valeurs aristocratiques de l'ancien régime qui a été renversé : une musique décrétée précieuse, maniérée en un mot désuète.
Elle ne sera vraiment réhabilitée, (malgré l'admiration que lui vouait Debussy) qu'à la fin du 20 siècle, au début des années 1980, grâce à Philippe Beaussant et à William Christie.
Rameau meurt à 81 ans, pendant les répétitions de son dernier opéra, les Boréades (1764). Outre les tragédies lyriques comme Hippolyte et Aricie (1733), Castor et Pollux (1737), Zoroastre (1749), Rameau composa des opéras-ballets, dont les Indes galantes (1735). La musique de Rameau est dédiée à la danse. Outre ses opéras-ballets, il écrit des partitions de ballet pur, et ses quelque trente ouvrages scéniques font une large place à la chorégraphie.
Discographie disponible à la Médiathèque de Dole
Castor & Pollux : tragédie lyrique en un prologue et cinq actes / Pierre Joseph Bernard, livret ; Howard Crook, Jérôme Corréas, Agnès Mellon... [et al.], chant ; Les Arts Florissants ; William Christie, dir. - Harmonia Mundi 1993

Hippolyte et Aricie : tragédie en musique en cinq actes et un prologue / Simon-Joseph Pellegrin, livret ; Véronique Gens, Jean-Paul Fouchécourt, Bernarda Fink... [et al.], chant ; Ensemble Vocal Sagittarius ; Les Musiciens du Louvre ; Marc Minkowski, dir. - Detsche Grammophon : UNiversal, 1995

Castor et Pollux : version de chambre de 1754 / Christophe Einhorn, Jérôme Corréas, Cyrille Gerstenhaber... [et al.] ; XVIII-21, Musique des Lumières, ens. instr. ; Jean-Christophe Frisch, dir.- Astrée : Naïve, 1998

Les fêtes d'Hébé ou les Talens Lyriques : opéra-ballet en un prologue et trois entrées /Daneman, Connolly, Fouchécourt...[et al.], chant ; Les Arts Florissants ; William Christie, dir. - Erato : Warner Music, 1998

Les Indes Galantes / Claron McFadden ; Sandrine Piau ; Isabelle Poulenard, chant ; Myriam Gevers, 1er violon ; Les Arts Florissants, ens. vocal et instr. ; William Christie, dir.. - Harmonia Mundi 1999

Pygmalion : acte du ballet ; Nélée et Myrtis : acte de ballet/ Choeur et orchestre Les Arts Florissants ; William Christie, dir. - Harmonia Mundi, 1999

Pièces de clavecin en concerts / Les Nièces de Rameau. - Accord, 1999

Les grands motets / Suzanne Gari, S ; Lieve Monbaliu, S ; Henri Ledroit, CT ; Guy de Mey, T ; Stephen Varcoe, BAR ; Peter Kooy, B ; La Chapelle Royale, choeur ; Philippe Herreweghe, dir. - Harmonia Mundi, 2000

Dardanus / John Mark Ainsley, Véronique Gens et Laurent Naouri, voix ; Les Musiciens du Louvre, orch. ; Marc Minkowski, dir. - Deutsche Grammophon : Universal Music, 2000

Platée : ballet bouffon en 1 prologue et 3 actes / Jean-Philippe Rameau ; Gilles Ragon, Jennifer Smith, Guy de Mey, ... et al., chant ; Ensemble vocal Françoise Herr ; Les musiciens du Louvre ; Marc Minkowski, dir. - Erat : Warner Music, 2001

Nouvelle suites / Jean-Philippe Rameau. Hommage à Rameau / Claude Debussy ; Alexandre Tharaud, p. - Harmonia Mundi, 2001

Naïs & Zoroastre : suites orchestrales / Orchestra of the Eighteen Century ; Frans Brüggen, dir. - Harmonia Munid, 2001

Une symphonie imaginaire [une sélection d'oeuvres orchestrales et de ballets] / Les Musiciens du Louvre (Grenoble) ; Marc Minkowski, dir. - Deutsche Grammophon, 2005

Le berger fidèle ; Thétis ; & pièces en concerts /Karine Deshayes, S ; Alain Buet, B ; Benjamin Lazar, récitant ; Les Musiciens de Monsieur Croche. - Alpha, 2005