Tickle Toe (Le racket et les balles), chanson interprétée par le groupe de jazz vocal Les Double Six, à partir de l'arrangement de Count Basie du morceau de jazz Tickle Toe, composé par Lester Young.
Les chanteuses et chanteurs reprennent les parties des saxophones et des cuivres avec des paroles écrites par Mimi Perrin. Formation de l'enregistrement : Mimi Perrin, Claudine Meunier (Barge), Ward Swingle, Claude Germain, Jean-Claude Briodin, Eddy Louiss, au chant ; accompagnés par Georges Arvanitas, piano ; Paul Piguillem, guitare ; Daniel Humair, batterie ; Michel Gaudry, contrebasse. (1961)
Jazz Band... partout ! (chanson tapageuse), paroles de Julsam, musique de Harold de Boldi, créée par Alibert (1889-1951) à l'Eldorado de Marseille en 1920 (enr. 1921)
Tu as pris le premier car en partance. Il allait à Philadelphie. Quelques jours plus tard, tu t'es retrouvé dans un bastringue, une de ces boîtes où le verre coûte 15 cents. A la cuisine on a bien voulu de toi, on t'a fait laver la vaisselle, balayer par terre. Mais il y a avait un piano dans la salle, une vielle casserole, tu passais ton temps à le regarder, à te détourner, à le regarder encore. Un soir, tu as demandé au barman : "Est-ce que je peux jouer un peu ?" "Toi ? " il a fait. "Je crois que je saurais." "Bon vas-y, mais arrange-toi pour que ça fasse de la musique."
Tu t'es installé au piano. Tu as regardé les touches, et puis tes mains "Qu'est-ce que t'attends ?" a demandé le barman "Vas-y bon sang !" Tu as levé les mains, tu les a posées sur le clavier et tes doigts ont frappé des touches. Et les sons qui naquirent sous tes doigts, c'était de la musique. David Goodis, Tirez sur le pianiste! , traduit par C. Wourgaft (1957)
Wallander grimpa l’échelle instable qui menait au grenier. Une odeur de moisi le frappa aux narines. Il se rendait bien compte qu’il allait devoir refaire sa toiture d’ici un an. Deux, dans le meilleur des cas.
Il savait à peu près où il avait rangé la boîte qu’il cherchait. Mais son attention fut d’abord attirée par un carton qui portait le logo d’une entreprise de déménagement de Helsingborg et qui, il le savait, contenait sa collection de 33 tours. Pendant toutes les années passées à Mariagatan, il avait eu une platine tourne-disque. Mais celle-ci avait fini par se détraquer et il n’avait pas réussi à la faire réparer. La platine avait pris le chemin de la décharge lors du grand ménage précédant son déménagement ; mais les disques, il les avait gardés. Il s’assit à même le sol et feuilleta les vieux albums. Chaque pochette représentait un souvenir, parfois très vif, parfois réduit à un papillotement de visages, d’odeurs, d’émotions. Au cours de sa prime adolescence, il avait été un fan des Spotnicks. Il avait gardé leurs quatre premiers albums et il lui suffisait encore de lire les titres au dos pour se les rappeler tous sans exception. Les guitares électriques résonnaient à l’intérieur de lui. Il y avait aussi dans le carton un disque de Mahalia Jackson qu’il avait reçu un jour, contre toute attente, de l’un des chevaliers de la soie, ces colporteurs qui venaient chez eux, dans son enfance, acheter les toiles de son père. [...]. Le gospel lui avait fait forte impression. Go down Moses pensa-t-il en revoyant intérieurement son premier électrophone, où le haut-parleur était incrusté dans le couvercle et grésillait avec un bruit de racloir.
Soudain il tomba sur un disque d’Edith Piaf. Il reconnut son visage photographié en noir et blanc sur la pochette. Celui-là était un cadeau de Mona. Mona détestait les Spotnicks, leur préférant les Streaplers et Sven-Ingvars ; mais ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était cette petite chanteuse française. Pas plus que Wallander, elle ne comprenait un traître mot aux paroles ; mais sa voix les bouleversait l’un et l’autre.
Après Piaf, il y avait un disque de John Coltrane. D’où le tenait-il ? Il ne s’en souvenait pas. En le sortant de sa pochette, il vit qu’il était quasi neuf ; intérieurement il n’entendait pas une seule note du saxophone de Coltrane.
En dernier, il y avait deux opéras, La Traviata et Rigoletto. Contrairement au disque de John Coltrane, ceux-ci étaient presque hors d’usage à force d’avoir été joués.
Il s’attarda, hésitant à emporter le carton en bas et à acheter une nouvelle platine. Mais à la fin, il le repoussa. La musique qu’il écoutait aujourd’hui existait sur cassette ou sur CD. Il n’avait plus besoin de ces disques vinyle qui gondolaient et crépitaient à qui mieux mieux. Ils appartenaient au passé ; mieux valait les laisser là où était leur vraie place, dans la pénombre du grenier.
Henning Mankell, L'Homme inquiet (= Den orolige mannen, 2009), traduit du suédois par Anna Gibson, Points, 2010
Malicorne - Le Luneux
Album : Almanach, Hexagone, 1976 Gabriel Yacoub (guitare acoustique et électrique, épinette des Vosges, chant), Marie Sauvet-Yacoub (dulcimer, bouzouki, vielle à roue, chant), Laurent Vercambre (violon, alto, bouzouki, psaltérion à archet, harmonium, mandoline, chant), Hughes de Courson (guitare électrique, basse, cromorne, percussions, chant).
Malicorne - Wikipédia - Discogs
Nara Leão et Roberto Menescal - O barquinho - O pato - Manhã de carnaval
Nara Leão (1942 - 1989), chanteuse de bossa nova et de MPB (musique populaire brésilienne) est surnommée la muse de la bossa nova, pour avoir appartenu au cercle de Roberto Menescal, João Gilberto, Vinicius de Moraes, Antônio Carlos Jobim et Sergio Mendes. (wikipédia, discogs)
Roberto Menescal (1937 -) compositeur, guitariste brésilien de jazz et de bossa nova, est un des fondateur de la bossa nova. "O Barquinho" (Petit bateau) est un titre qu'il a composé.
Morphine - Buena
émission musicale de TV néerlandaise 2 Meter Sessies, 25 mai 1994
Album : Cure for Pain, Rykodisc, 1993
Morphine, groupe formé à Cambridge, Massachusetts, en 1989 par Mark Sandman (guitare basse) et Dana Colley (saxophone), accompagnés en trio à la batterie par Jerome Deupree ou Billy Conway (dans la vidéo). En 1999, Mark Sandman est décédé d'une crise cardiaque lors d'un concert à Rome.
Pancho Amat Y El Cabildo Del Son - El Tresero Llego
Francisco Pancho Amat (wikipédia, discogs), musicien cubain, né à La Havane en 1950. Il est surnommé el rey del tres cubano. La Tres Cubano est une petite guitare dotée de 3 paires de cordes accordée aujourd'hui en do majeur (sol-do-mi). La figure historique tutélaire pour l'instrument étant Arsenio Rodriguez (1911-1970).
Bobby Darin - Mack the Knife
Bobby Darin, né Walden Robert Cassotto (1936-1973) chanteur, auteur-compositeur jazz pop et acteur américain. (wikipédia - discogs). La chanson Mack the Knife est tirée de la comédie musicale L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht et Kurt Weill, en allemand Die Moritat von Mackie Messer, en français La complainte de Mackie, dresse le portrait du redoutable Mackie le surineur aux méthodes expéditives. Un truand que n'auraient pas renié les familles Corleone et Soprano ! : "From a tugboat, down by the river / A cement bag's drooppin' down / Yeah, the cement's just for the weight, dear / Bet you Mack, he's back in town" (D'un remorqueur, descendant le fleuve / Un sac de ciment est balancé vers le fond / Oui, le ciment c'est juste pour le poids, mon cher / On parie que Mack est revenu). La version par Louis Armstrong est aussi mémorable.
« Et quelle est la morale de cette histoire ? demanda Ebi Kaim, l’homme placé immédiatement à sa gauche.
— Celle que vous y trouverez, répondit Rudzki. Moi, je sais ce que j’ai voulu dire, mais vous, vous savez bien mieux que moi ce que vous voulez comprendre et quelle est la morale dont vous avez le plus besoin en ce moment. On ne commente pas un conte. »
[...]
« Profitant du fait que monsieur Telak n’est toujours pas arrivé, je voudrais rappeler à chacun que les contes ne sont pas les seuls sujets qu’on ne commente pas. On ne parle pas non plus du déroulement de la thérapie. C’est un principe très important. Et cela même après une séance aussi intense que celle d’hier. Raison de plus pour ne pas en parler.
— Pourquoi ? demanda Ebi Kaim sans lever la tête de son assiette.
— Parce qu’alors nous recouvrons avec des mots et des tentatives d’interprétation ce que nous avons découvert. En lui laissant le temps, la vérité peut commencer à agir, trouver le chemin jusqu’à nos âmes. Pour chacun d’entre nous, il serait injuste et dommageable de tuer cette vérité avec des discours académiques. Faites-moi confiance, c’est bien mieux ainsi. »
Zygmunt Miłoszewski, Les impliqués, traduit du polonais par Kamil Barbarski, Mirobole éditions, 2013
Duke Ellington And His Orchestra - Nutcracker Suite
Vidéo promotionnelle de Columbia Records pour la sortie de l'album The Nutcracker Suite - Ellington, Strayhorn, Tchaikovsky (1959/1960)
Casse-Noisette, ballet-féerie de Piotr Ilitch Tchaïkovski, adapté par Billy Strayhorn et Duke Ellington
avec Paul Gonsalves (saxophone), Booty Wood (trombone), Ray Nance (trompette), ...
Willi Williams (1953 - ), chanteur de reggae et musicien de dub
Noel Ellis (Marshal Cousins) (1953-)
“Bongo” Gene Campbell
Summer Studio, Toronto, 1979 - discogs - single sur youtube -
Sly & The Family Stone - Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin)
Single de Sly and the Family Stone paru en 1969, édité sur l'album Greatest Hits (1970)
João Gilberto - Desafinado
Chanson écrite et composée par Antônio Carlos Jobim et Newton Mendonça en 1958
João Gilberto (1931-2019) - album Chega De Saudade (1959)
Georges Moustaki - Les eaux de Mars
Águas de Março, chanson brésilienne écrite et composée par Antônio Carlos Jobim en 1972.
Version française traduite par Moustaki pour l'album Déclaration (1973).
These days I read a lot. In the winter there’s not much else to do on the Côte d’Azur. The Greek and the German philosophers—I love that crap. I can’t see the point of reading a book by someone who’s dumber than you are, which accounts for most modern fiction, in my humble opinion. Plato talks about something called anamnesis, which is when something long forgotten comes to the surface of a man’s consciousness. Now, I’ll admit that just sounds like a fancy word for remembering something, but actually it’s more than that because, with remembering, it’s not necessary to have forgotten anything, which makes for a subtle distinction. That’s what cinema does. It brings long-forgotten things to the surface. When you’re least expecting it, too—which is how you come to walk out of a pretty bad film in La Ciotat with tears streaming down your face. Philip Kerr, The Lady from Zagreb, Quercus, 2015
Ces jours-ci, je lis beaucoup. L’hiver, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire sur la Côte d’Azur. Les philosophes grecs et allemands – j’adore ces foutaises. Je ne vois pas l’intérêt de lire un livre écrit par quelqu’un de plus idiot que soi, ce qui englobe les trois quarts de la fiction moderne. Platon parle de ce qu’il appelle l’anamnesis : quand une chose depuis longtemps oubliée remonte à la surface de la conscience. Bon, j’admets que ça paraît un bien grand mot pour désigner le souvenir, sauf qu’en réalité il s’agit de plus que ça, parce qu’avec le souvenir il n’est pas nécessaire d’avoir oublié quoi que ce soit, ce qui introduit une distinction subtile. C’est ce que fait le cinéma. Il ramène des choses à la surface. Lorsque vous vous y attendez le moins, de surcroît, ce qui explique que vous sortiez le visage en larmes après avoir vu un navet à La Ciotat. Philip Kerr, La Dame de Zagreb, trad. de Philippe Bonnet, Le Masque, 2016
Diane Dufresne - Les hauts et les bas d'une hôtesse de l'air
Album : Sur La Même Longueur D'Ondes, Kébec-Disc, 1975
Charlie Parker & Dizzy Gillespie - Hot House
DuMont Television, 24 février 1952
C'est la seule archive filmique de Charlie Parker (1920-1955) jouant en live. Un enregistrement historique réalisé par le réseau de télévision DuMont en 1952. La performance est précédée d'une remise de prix décernés par le magazine Down Beat : meilleur saxophoniste alto de l'année 1951 pour Charlie Parker et meilleur trompettiste de tous les temps pour Dizzy Gillespie. Le quintette est complété par Sandy Block à la contrebasse, Charlie Smith à la batterie et Dick Hyman au piano.
Frank Zappa and The Mothers Of Invention - Inca Roads (A Token Of His Extreme)
Enregistré en août 1974 par la chaîne de TV publique KCET à Hollywood
Frank Zappa : guitare, percussion, chant ; George Duke : claviers, tambourin, chant ; Napoleon Murphy Brock : saxophone, chant ; Ruth Underwood : percussions ; Tom Fowler : basse ; Chester Thompson : batterie
Album : Frank Zappa And The Mothers Of Invention – One Size Fits All, Discreet 1975
Hatfield And The North - Nan True's Hole / Big Jobs / Going Up To People And Tinkling
Enregistrement live aux studios du Château d'Hérouville en septembre 1973, diffusion dans l'émission Rockenstock en 1974 (source Discogs)
Richard Sinclair : basse, chant ; Pip Pyle, batterie ; Dave Stewart : claviers ; Phil Miller : guitare
album studio : Hatfield And The North - Virgin, 1973
Hubert-Félix Thiéfaine - Rock autopsie
Diffusion TV : Samedi entre nous - 28 février 1981 - France Régions 3 Besançon
avec Claude Mairet : guitare, Tony Carbonare : basse, Jean-Paul Simonin : batterie, Jean-Pierre Robert, guitare, Gilles Küsmérück : claviers
Album : Autorisation de délirer - Sterne, 1979
— J’espère que nous aurons l’occasion de nous entretenir à nouveau, dit Villatoro. Je suis content d’avoir un expert local qui sait comment les choses fonctionnent ici. J’espère que ça ne vous gêne pas. Je me sens complètement étranger ici.
— Non, ça ne me gêne pas, dit Jess en se retournant. Mais ne me demandez pas de vous raconter des ragots sur mes voisins. Je ne le ferai pas.
— Ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit, dit Villatoro avec un grand sourire. C’est juste que pour moi, cet endroit, je ne sais pas, c’est comme un million d’arbres avec juste deux ou trois personnes qui se baladent au milieu. Je suis incapable de voir tout le tableau tellement c’est bizarre. C’est comme si on vous parachutait en plein Los Angeles sans personne pour vous aider. Vous ne sauriez pas quoi faire, où aller, comment vous comporter. Ici aussi il y a des prédateurs, dit-il en montrant l’ours, mais ils portent des vêtements de couleur et des fusils. Ça n’a rien à voir.
Jess garda le silence. Il avait toujours pensé qu’il était plus facile aux gens de la campagne d’aller vivre en ville que l’inverse.
— Tenez, par exemple, reprit Villatoro en désignant la chaîne montagneuse qui s’étendait vers l’est, quand je regarde ces sommets, tout ce que je vois, c’est une montagne avec des arbres dessus. C’est probablement bien plus que ça, mais c’est tout ce que je vois.
Jess se tourna dans la direction que montrait Villatoro.
— Ça, c’est Webb Mountain, dit-il. Vous voyez cette grande étendue verte plus claire que le reste ? Un peu comme une mosaïque ? Eh bien, ce sont des trembles. Il y a eu un feu de forêt là-haut il y a vingt ans et les trembles sont les premiers arbres à repousser. Les sapins finiront par prendre le dessus, mais il faudra attendre plusieurs siècles. À une époque, il a été question de construire une station de ski sur Webb Mountain, mais les promoteurs ont été chassés par les écologistes. Il y a beaucoup d’ours là-haut. Je parie que c’est là que notre chasseur a eu le sien ce matin.
Il remarqua le sourire sur le visage de Villatoro.
— C’est exactement ce que je voulais dire, dit celui-ci. Partout où je regarde, je vois des montagnes qui se ressemblent toutes. Alors que vous connaissez leur histoire et leurs particularités.
C. J. Box, Meurtres en bleu marine (Blue Heaven), trad. de l'anglais par Anick Hausman, 2008
Big Mama Thornton ft. Buddy Guy - Hound Dog (1965)
"Hound Dog" est un blues écrit par Jerry Leiber et Mike Stoller qui fut enregistré la 1ère fois en 1952 par Big Mama Thornton. "Hound Dog" deviendra ensuite un hit stratosphérique avec l'interprétation en 1956 d'Elvis Presley.
Big Mama Thornton (1926-1984) - Wikipedia - Discogs - Portrait Blues Again
Phillip Tabane and Malombo - Live at the The Market Theatre (Johannesburg, 2010)
"The jazz label – or any other label – has never worked in my case. Once, I went to play at a competition in Durban and in the end I was given a special prize because I could not be categorised. To this day, they still cannot categorise my music."
En 1971, le groupe Poll sortait son premier disque dans un sac de jute… En montrant l’objet avec malice, Dimitris livre son analyse sur la galette : « Poll était autant influencé par les hippies américains que par le folk grec, cela se ressent avec ce mélange de chœurs, de flûte et de guitare acoustique. En tout cas, c’est un des meilleurs albums jamais enregistré par un groupe grec. » (source : Rock : la discothèque grecque idéale - The Parthenon Post)
Né en 1944, guitariste virtuose de la région du désert du Karoo (Afrique du Sud) qui joue un style de guitare slide avec une cuillère à café tenue en bouche, en s'accompagnant en finger picking. Il fut révélé grâce au documentaire Karoo Kitaar Blues de David Kraamer (2003).
Les lavabos sont un lieu peu accueillant : une salle mal éclairée et remplie de courants d’air, avec un sol de briques recouvert d’une couche de boue ; l’eau n’est pas potable, elle a une odeur écœurante et reste souvent coupée pendant des heures. Les murs sont décorés de curieuses fresques édifiantes : on y voit par exemple le bon Häftling, représenté torse nu en train de savonner avec enthousiasme un crâne rose et bien tondu, tandis que le mauvais Häftling, affligé d’un nez crochu fortement accusé et d’un teint verdâtre, engoncé dans des habits tout tachés, trempe un doigt prudent dans l’eau du lavabo. Sous le premier on lit : « So bist du rein » (comme ça, tu es propre), sous le second : « So gehst du ein » (comme ça, tu cours à ta perte) ; et plus bas, dans un français approximatif mais en caractères gothiques : « La propreté, c’est la santé. »
Sur le mur d’en face trône un énorme pou, blanc, rouge et noir, orné de l’inscription : « Eine Laus, deine Tod » (un pou, c’est ta mort) et suivi de ces vers inspirés :
Nach dem Abort, vor dem Essen
Hände waschen, nicht vergessen
(Après les latrines, avant de manger,
Lave-toi les mains, ne l’oublie jamais.)
Pendant des semaines, j’ai considéré ces incitations à l’hygiène comme de simples traits d’esprit typiquement germaniques, du même goût que la plaisanterie sur le bandage herniaire qui nous avait accueillis à notre entrée au Lager. Mais j’ai compris ensuite que leurs auteurs anonymes avaient effleuré, sans doute à leur insu, quelques vérités importantes. Ici, se laver tous les jours dans l’eau trouble d’un lavabo immonde est une opération pratiquement inutile du point de vue de l’hygiène et de la santé, mais extrêmement importante comme symptôme d’un reste de vitalité, et nécessaire comme instrument de survie morale.
Primo Levi, Si c'est un homme [citation]
Traduit de l’italien par Martine Schruoffeneger
Piccola Orchestra Avion Travel - "Sentimento"
Sopra il mare non passa mai il tempo / Tempo che non passa mai ci cercò ci trovò
(Sur la mer, jamais ne passe le temps / Le temps qui ne passe jamais nous cherche et nous trouve)
album : Piccola Orchestra Avion Travel – Selezione 1990/2000, Sugar Music 2000 Wikipedia - Discogs
Caroline Says - "I Think I'm Alone Now"
album : Caroline Says – 50,000,000 Elvis Fans Can't Be Wrong, Noumenal Loom, 2014 Discogs - Bandcamp
Giorgio Gaber - La libertà
La libertà non è star sopra un albero / non è neanche il volo di un moscone / la libertà non è uno spazio libero / libertà è partecipazione.
(La liberté n'est pas de se percher sur un arbre, ce n'est pas même le vol d'une mouche, la liberté n'est pas un espace libre, la liberté c'est la participation.) Wikipédia - Discogs
Ornette Coleman - Rome, Music Inn 1975
Ornette Coleman (saxophone) James "Blood" Ulmer (guitare) Norris Sirone Jones (contrebasse) Billy Higgins (batterie)
Wikipédia - Discogs
Alban Berg : Wozzeck - Act I (Claudio Abaddo ; Franz Grundheber, et al.)
Alban Berg - Franz Grundheber · Hildegard Behrens · Aage Haugland · Philip Langridge · Walter Raffeiner · Heinz Zednik / Wiener Staatsopernchor · Wiener Philharmoniker · Claudio Abbado – Wozzeck, Deutsche Grammophon, 1988
Wozzeck, opéra d'Alban Berg - wikipédia -
– Kyklôps, tu me demandes mon nom illustre. Je te le dirai, et tu me feras le présent hospitalier que tu m'as promis. Mon nom est Personne. Mon père et ma mère et tous mes compagnons me nomment Personne.
Je parlai ainsi, et, dans son âme farouche, il me répondit :
– Je mangerai Personne après tous ses compagnons, tous les autres avant lui. Ceci sera le présent hospitalier que je te ferai.
Il parla ainsi, et il tomba à la renverse, et il gisait, courbant son cou monstrueux, et le sommeil qui dompte tout le saisit, et de sa gorge jaillirent le vin et des morceaux de chair humaine ; et il vomissait ainsi, plein de vin. Aussitôt je mis l'épieu sous la cendre, pour l'échauffer ; et je rassurai mes compagnons, afin qu'épouvantés, ils ne m'abandonnassent pas. Puis, comme l'épieu d'olivier, bien que vert, allait s'enflammer dans le feu, car il brûlait violemment, alors je le retirai du feu. Et mes compagnons étaient autour de moi, et un daimôn nous inspira un grand
courage. Ayant saisi l'épieu d'olivier aigu par le bout, ils l'enfoncèrent dans l'oeil du kyklôps, et moi, appuyant dessus, je le
tournais, comme un constructeur de nefs troue le bois avec une
tarière, tandis que ses compagnons la fixent des deux côtés avec
une courroie, et qu'elle tourne sans s'arrêter. {...]. Et il hurla horriblement, et les rochers en retentirent. Et nous nous enfuîmes épouvantés. Et il arracha de son oeil l'épieu souillé de beaucoup de sang, et, plein de douleur, il le rejeta. Alors, à haute voix, il appela les kyklopes qui habitaient autour de lui les cavernes des promontoires battus des vents. Et, entendant sa voix, ils accoururent de tous côtés, et, debout autour de l'antre, ils lui demandaient pourquoi il se plaignait :
– Pourquoi, Polyphèmos, pousses-tu de telles clameurs dans la nuit divine et nous réveilles-tu ? Souffres-tu ? Quelque mortel a-t-il enlevé tes brebis ? Quelqu'un veut-il te tuer par force ou par ruse ?
Et le robuste Polyphèmos leur répondit du fond de son antre :
– Ô amis, qui me tue par ruse et non par force ? Personne.
Et ils lui répondirent en paroles ailées :
– Certes, nul ne peut te faire violence, puisque tu es seul. On ne peut échapper aux maux qu'envoie le grand Zeus. Supplie ton père, le roi Poseidaôn.
L'Odyssée d'Homère,
traduction de Charles-René-Marie Leconte de L'Isle
Jessica Pratt – On Your Own Love Again - Drag City, 2015
Durutti Column "Never Know"
The Durutti Column – LC - Factory, 1981
groupe post-punk anglais formé en 1978 à Manchester, The Durutti Column est devenu par la suite le projet solo de Vini Reilly
Sapho - "Chaises De Jardin"
Sapho "Chaises de jardin" – Passage D'Enfer - Pathé, 1982
Chico Hamilton and Euphoria - "Tickle Toe"
Chico Hamilton And Euphoria – Arroyo - Soul Note, 1991
ДДТ [DDT] - "Я получил эту роль [J'ai ce rôle]"
album : ДДТ - Периферия [Periferiya] - 1984 - vidéo 1987 DDT, groupe russe formé en 1980 par Iouri Chevtchouk [Ю́рий Юлиа́нович Шевчу́к]
L'album Rimbaud (Tzadik, 2012) du compositeur et saxophoniste de jazz John Zorn est constitué d'une suite en 4 parties : Bateau ivre, A season in hell, Illuminations et Conneries. Alors que les 3 premiers titres sont des instrumentaux, le dernier a été enregistré avec la participation du comédien Mathieu Amalric, John Zorn assurant la partie instrumentale : saxophone alto, piano, orgue, guitare, batterie, bruitages.
Conneries est le titre générique donné par Arthur Rimbaud à trois textes : Jeune goinfre, Paris, Cocher ivre et fait partie des poèmes rassemblés sous l'appellation "poèmes zutiques". Mathieu Amalric déclame ici également des bribes et des fragments d'autres textes du même album zutique. Des pièces qui ont été écrites en 1871- 1872, juste après la Commune de Paris, au ton parodique (Fête galante), obscène et scatologique (Sonnet du trou du cul), et dont la violence transgressive annonce et ouvre la voie à Antonin Artaud, Georges Bataille, et Jean Genet, ...
*** (Remembrances du vieillard idiot)
[...] — oh ! non ! —
Pour avoir le bout gros, noir et dur de mon père,
Dont la pileuse main me berçait !...
Je veux taire
[...]
Pardon, mon père !
*** (Le balai)
C'est un humble balai de chiendent, trop dur
Pour une chambre ou pour la peinture d'un mur.
[...]
J'aime de cet objet la saveur désolée
Et j'en voudrais laver tes larges bords de lait,[...]
*** (Les soirs d'été...)
[...] Suceurs du brûle-gueule ou baiseurs du cigare,
[...]
Les soirs d'été, sous l'œil ardent des devantures
Quand la sève frémit sous les grilles obscures
Irradiant [...] Hors [...] Dans [...] — Tandis [...]
[...] propre qui bruit [...] l'onde humaine,
— Et que l'âpre aquilon n'épargne aucune veine.
*** (Remembrances du vieillard idiot)
Pardon, mon père !
[...]
Je cherchais, non le tir banal où tout coup gagne,
Mais l'endroit plein de cris où les ânes, le flanc
Fatigué, déployaient ce long tube sanglant
[...]
Et puis ma mère,
Dont la chemise avait une senteur amère
Ma mère qui montait au lit
[...]ma mère, avec sa cuisse
De femme mûre, avec ses reins très gros où plisse
Le linge, me donna ces chaleurs que l'on tait !...
[...]
Ô pardon !
Je songeais à mon père parfois : [...]
— Car un père est troublant ! — [...]
Son genou, câlineur parfois ; son pantalon
Dont mon doigt désirait ouvrir la fente... — oh ! non !
[...]
La Sainte-Vierge et le crucifix...[...]
Puis ! — qu'il me soit permis de parler au Seigneur ! —
Pourquoi la puberté tardive et le malheur
Du gland tenace et trop consulté ?
[...] Pardonné ?... [...]
Ô cette enfance !
— et tirons-nous la queue !
*** (Hypotyposes saturniennes, ex Belmontet.)
[...] Sur le volcan des nations ! [...]
*** (L'Idole - Sonnet du Trou du Cul)
Des filaments pareils à des larmes de lait
Ont pleuré, sous le vent cruel qui les repousse,
À travers de petits caillots de marne rousse
Pour s'aller perdre où la pente les appelait.
*** (Lys)
Ô balançoirs ! ô lys ! clysopompes d'argent !
[...]
L'aurore [...]
Une douceur de ciel beurre vos étamines !
*** (Les Lèvres closes - Vu à Rome)
Il est, à Rome, à la Sixtine,
Couverte d'emblèmes chrétiens,
Une cassette écarlatine
Où sèchent des nez [...]
De l'immondice [...]
Tous les matins, on introduit [...] schismatique [...] livide [...]
*** (Je préfère sans doute...)
[...]
Où des marronniers nains bourgeonne la baguette,
Vers la prairie étroite et communale, au mois
De mai. [...]
*** (Fête galante)
Rêveur, Scapin
Gratte un lapin
Sous sa capote.
Colombina,
— Que l'on pina ! —
— Do, mi, — tapote
L'œil du lapin
Qui tôt, tapin,
Est en ribote...
*** (J'occupais un wagon de troisième)
J'occupais un wagon de troisième ; un vieux prêtre
Sortit un brûle-gueule et mit à la fenêtre,
Vers les brises, son front très calme aux poils pâlis.
Puis ce chrétien, bravant les brocards impolis,
S'étant tourné, me fit la demande énergique
Et triste en même temps d'une petite chique
De caporal, — ayant été l'aumônier-chef
D'un rejeton royal condamné derechef ; —
Pour malaxer l'ennui d'un tunnel, sombre veine
Qui s'offre aux voyageurs, [...].
*** (État de siège ?)
La lune se bercer parmi la verte ouate,
Malgré l'édit et l'heure encore délicate,
Et que l'omnibus rentre à l'Odéon, impur
Le débauché glapit au carrefour obscur !
*** (Vieux de la vieille !)
Aux paysans de l'empereur !
À l'empereur des paysans !
Au fils de Mars,
Au glorieux 18 mars !
Où le ciel d'Eugénie a béni les entrailles !
*** (Hypotyposes saturniennes, ex Belmontet.)
Quel est donc ce mystère impénétrable et sombre ?
Pourquoi [...]
L'amour veut vivre aux dépens de sa sœur,
L'amitié vit aux dépens de son frère.
*** (Les anciens animaux...)
Au moyen âge pour la femelle, ange ou pource,
Il fallait un gaillard de solide grément :
[...]
D'ailleurs l'homme au plus fier mammifère est égal ;
L'énormité de leur membre à tort nous étonne ;
Mais une heure stérile a sonné : le cheval
Et le bœuf ont bridé leurs ardeurs, et personne
N'osera plus dresser son orgueil génital
Dans les bosquets ou grouille une enfance bouffonne.
*** (Nos fesses ne sont pas les leurs.)
Nos fesses ne sont pas les leurs.
[..]
Plus ferme, blême en bien des cas, il est pourvu
De méplats évidents que tapisse la claie
Des poils ; [...]
En 2003, le musicien et producteur de Hip-Hop, Madlib (qui signe ses compositions de son vrai nom Otis Jackson Jr.) réalisa Shades of Blue : Madlib invades Blue Note, un album de remix pour le célèbre label new-yorkais, aujourd'hui filiale de EMI.
Blue Note compte à son catalogue parmi les plus grands jazzmen de l'après-guerre tels Horace Silver, Art Blakey, Clifford Brown, Miles Davis, Dexter Gordon, Johnny Griffin, Herbie Hancock, Jay Jay Johnson, Thelonious Monk, Bud Powell, Max Roach, Sonny Rollins ou encore Wayne Shorter.
Ainsi, le titre "Slim's Return" est un remix de "The Book of Slim" de Gene Harris & The Three Sounds, avec des samples de "People Make The World Go Around" de Milt Jackson.
Ces nuances de bleu sont autant d'ombres portées ayant comme sources créatrices des musiciens hard bop, post bop, jazz-funk, jazz fusion comme Donald Byrd, Ronnie Foster, Bobby Hutcherson, Bobbi Humphrey, ... et pour objets d'interposition des enregistrements datant des années 60 et 70.
La playlist ici proposée sur Youtube et Spotify permet d’apprécier la beauté étonnamment moderne de ces titres originaux et de contribuer à faire (re)découvrir les discographies de musiciens essentiels, inspirateurs pour certains de l'acid jazz, et qui n'ont pas tous la renommée de Wayne Shorter, d'Horace Silver ou d'Herbie Hancock.
1. "The Book of Slim" Gene Harris & The Three Sounds
2. "People Make The World Go Around" Milt Jackson
3. "Distant Land" Donald Byrd
4. "Mystic Brew" Ronnie Foster
5. "Stormy" Reuben Wilson
6. "Please Set Me at Ease" Bobbi Humphrey
7. "Stepping Into Tomorrow" Donald Byrd
8. "Illusion" Andrew Hill
9. "Montara" Bobby Hutcherson
10. "Song for My Father" Horace Silver
11. "Footprints" Wayne Shorter
12. "Peace" Horace Silver
13. "Dolphin Dance" Herbie Hancock
Sur le principe des Vases Communicants, Mediamus et Hangtárnok (le blog du département musique de la bibliothèque Bródy Sándor de la ville d'Eger en Hongrie) s'invitent mutuellement chaque premier vendredi du mois, chacun publiant sur le blog de l'autre.
Gábor Szabó est né à Budapest en 1936, c'est un guitariste de jazz hongrois qui a acquis une célébrité internationale en mélangeant dans sa musique, le jazz, la musique pop et des éléments du folklore hongroise. Il est mort, il y a 30 ans, le 26 février 1982, à l'âge de 45 ans. En 1956, Bródy Sándor quitte la Hongrie pour les États-Unis, [pour rappel, 1956 est la date de la Révolution hongroise, une insurrection qui sera écrasée par les chars soviétiques]. A Boston, il s'inscrit à la Berklee School of Music. Puis il fonde le label Skye Records avec les vibraphonistes Cal Tjader et Gary McFarland. Une de ses compositions Gypsie Queen deviendra un hit mondial lorsqu'elle sera reprise par Carlos Santana sous le titre Black Magic Woman (sur l'album Abraxas). Au cours de sa carrière, Gábor Szabó jouera avec des artistes majeurs comme le contrebassiste Ron Carter, les saxophonistes Paul Desmond et Charles Lloyd, le trompettiste et chanteur Louis Armstrong, la chanteuse Lena Horne, et le chanteur de soul et de Rhythm and Blues Bobby Womack.
Malgré une renommée internationale, son œuvre est largement méconnue en Hongrie. Gábor Szabó n'est rentré que 3 fois en Hongrie : en 1974, à l'occasion de ce fameux concert, en 1978 et en 1981, date à laquelle il tombera malade pour décéder à l'hôpital en février 1982.
Le concert qu'il donna a l'occasion de son premier retour est sans doute le plus intéressant. Ce concert est enregistré en studio pour la radio-télévision nationale avec des musiciens hongrois : Kati Kovács, chant ; Aladár Pege, contrebasse, guitare basse ; János Másik - claviers ; Imre Kőszegi, batterie ; László Dely, percussions.
35 ans plus tard, l'enregistrement vient d'être mis à la disposition de tous.
Tracklist :
1. Magical Connection (John Sebastian)
2. My Foolish Heart (V. Young/N. Washington) / Fly Me To The Moon (Bart Howard)
3. Az eső és én (Somló Tamás – Adamis Anna)
4. Sombrero Sam (Charles Lloyd)
5. Django (John Lewis)
6. Thirteen (Szabó Gábor)
7. My Love (Paul és Linda McCartney)
8. Reinhardt (Wolfgang Melz)
Sur le principe des Vases Communicants, Mediamus et Ampli s'invitent mutuellement le premier vendredi du mois, chacun publiant sur le blog de l'autre. Nous donnons la parole à nos amis bibliothécaires musicaux catalans, aujourd'hui El Fonti :
Dans la Barcelone des années 70, émergea le rock laietà, une mouvance musicale underground réunissant toute une frange d'artistes et de musiciens catalans, des chanteurs folk, aussi bien que des groupes de rock jazz progressif. Cette scène se constitua au sein du réseau Zeleste, une mythique salle de concert située rue Argenteria qui avait son propre label de disques. Le Zeleste, un lieu à part,où l'on pouvait écouter des musiques déstructurées, sortant des carcans commerciaux, complétement nouvelles et inouïes pour le public de l'époque.
Parmi les musiciens en recherche, certains, une poignée, se proposaient de transgresser radicalement toutes les conventions musicales, les membres du groupe Perucho's étaient de ceux-là.
Perucho's
Tout à la fois animés de la fureur du free jazz, de l’influence de la musique contemporaine (Messiaen), de la pop expérimentale et psychédélique anglo-saxonne (Beatles, Pink Floyd, Soft Machine...), des avant-gardes européennes et américaines (Fluxus), du rock abrupt du Velvet Underground, … pour ne citer que quelques références… et dotés d’une imagination complètement débridée placée au service de la musique, quatre musiciens Jordi Graells, OriolPons de Vall, Albert Subirats et Oriol Perucho constituèrent la formation originale réunie sous le nom de Perucho's. Le quatuor va se lancer dans une musique tantôt savamment composée, tantôt improvisée en dehors de toute convention esthétique et de toute tentation mercantile. Liberté créative, musique libre. Free est la musique de Perucho's.
En 1979, le groupe disparaît après 6 ans d’existence difficile, non sans avoir enregistré un vinyle LP avec la collaboration d’une douzaine d’autres musiciens.
Fort heureusement en 2011, le label La Olla express dirigé par Eli Gras, a réédité le LP sous la forme d'un livre CD très soigné.
l’album Perucho's (CD objeto, reedición, reportaje, LP 1979) est proposé en streaming sur Bandcamp:
Le texte de présentation de la notice a été écrit par Jack Torrance, pseudonyme de Germain Lazare, l’un des meilleurs critiques et chroniqueurs pour la musique expérimentale à Barcelone. Sur son blog Overlook Hotel, Jack Torrance a consacré à Perucho'sune série d'articles en présentant de nombreux documents d'archive (photos, affiches, articles, etc.) dont les vidéos d'un concert qui s'est tenu en mai dernier au bar la Casa Almirall.
Sources et références pour aller plus loin :
Culturcat. Generalitat de Catalunya - Le son ‘laietà’ (en français)
Cette sélection de titres interprétés par des saxophonistes d'aujourd'hui que j'apprécie, est placée sous le signe d'un hommage aux aînés (James Carter / Lester Young, Paquito D’rivera / Chucho Valdéz, John Zorn / Ennio Morricone et Neal Hefti, Stefano di Battista / Charlie Parker) avec pour finir une échappée vers d'autres horizons et d'autres sonorités... c'est l'été :-)
James Carter
Saxophoniste américain né à Détroit en 1969, il commence à jouer du saxophone à 11 ans, et enregistre son premier album en 1989. Son premier album, JC On The Set (1991), le fait immédiatement reconnaître comme un des saxophonistes les plus innovant de sa génération. ... (wikipédia)
le titre : Soul street : réputé pour être un grand jazzman James Carter est aussi un formidable musicien de soul music
l'album : Live at Baker's Keyboard Lounge / James Carter, saxophones soprano, ténor, baryton ; Oscar Pettiford, Jimmy Forrest, Eddie Harris, Vernon Duke, Don Byas, Leonard Feather, Gary McFarland, George Duvivier, compositeurs ; Gerard Gibbs, organ ; David Murray, saxophone ténor ; Franz Jackson, saxophone ténor, voix ; Dwight Adams, trompette ; Kenn Cox, piano ; Larry Smith, saxophone alto ; Johnny Griffin, saxophone ténor ; Ralphe Armstrong, contrebasse ; Leonard King, Richard ″pistol″ Adam, batterie. - Warner, 2004
le titre : Lester leaps in : un hommage à Lester Young
l'album : Conversin' With The Elders / James Carter, saxophones basse, alto, ténor, baryton ; Buddy Tate, clarinette, saxophone ténor ; Hamiet Bluiett, saxophone baryton ; Harry "Sweets" Edison, Lester Bowie, trompette ; Craig Taborn, piano ; Tani Tabbal, batterie. - Atlantic Records, 1996
Julien Loureau
Saxophoniste de jazz français né en 1970. Julien Loureau est le fils du sociologue René Lourau. Julien Lourau fait ses premières armes dans le groupe Trash Corporation avec le guitariste Noël Akchoté et le pianiste Bojan Zulfikarpasic, groupeavec une énergie très rock et un son très free... (wikipédia)
le titre : Diaspora
L'album : Diaspora / Julien Lourau, saxophone ; Laurent Coq, piano ; Thomas Bramerie, contrebasse ; Otis Brown III, batterie. - Naïve, 2009
Avec "Quartet Saïgon" , le saxophoniste Julien Lourau revient aux fondamentaux. Ce nouvel album est un pur disque de jazz qui surprendra ceux qui ont suivi ses précédents projets. Ici, pas de funk, de rythmes afros ou de sonorités latinos. Julieu Lourau expérimente pour la première fois la formule du quartet à laquelle il rend hommage. (france info)
Joshua Redman
Saxophoniste américain né le 1er février 1969 à Berkeley, Californie. Fils du saxophoniste Dewey Redman.Il sort diplômé de l'université d'Harvard en 1991, et remporte la Thelonious Monk International Jazz Saxophone Competition la même année et commence à se consacrer à sa carrière musicale... (wikipédia)
le titre : East of the Sun : Ce morceau nous fait apprécier le son chaleureux et le phrasé extraordinaire de Joshua Redman
l'album : Back East. - Nonesuch, 2007
Back East, paru le 24 avril dernier sur l'étiquette Nonesuch, est le premier enregistrement acoustique de Joshua Redman en trio depuis son album Passage of Time datant de 2001. Avec trois sections rythmiques différentes et des invitées de marque, dont Dewey, le père de Joshua, qui malheureusement est décédé peu de temps après que cet album fut complété.Back East marque un changement pour Redman par rapport à ses albums précédents avec le Elastic Band qui distillaient un son manipulé plus groovy et funky ou ses collaborations avec le SF Jazz Collective.(Jazz frisson)
Paquito D’rivera
Clarinettiste et saxophoniste cubain, né à La Havane en 1948. Enfant prodige, expert du saxophone alto, il est aujourd'hui un des grands noms du Latin Jazz... (wikipédia)
le titre : Chucho : un hommage au pianiste cubain Chucho Valdes
l'album : Blowin'. - Columbia, 1981.
Premier enregistrement américain de Paquito D'Rivera après son départ de Cuba. Un lineup impressionnant avec notamment le pianist Hilton Ruiz, le contrebassiste Eddie Gomez et le batteur Ignacio Berroa.
John Zorn Né le 2 septembre 1953 à New York, est un saxophoniste alto, clarinettiste, producteur et compositeur américain.Il est l'auteur de nombreuses œuvres explorant une grande variété de genres parmi lesquels le jazz, le death metal, le punk hardcore, la musique classique, le klezmer, la musique de films et de cartoon, ou encore la musique improvisée... (wikipédia)
le titre : The Sicilian Clan : une interprétation originale de la célèbre musique de film composée par Ennio Morricone
le titre : Batman : une (re) composition de John Zorn, largement inspirée du thème original composé en 1966 par le jazzman Neal Hefti
l'album : Naked city : John Zorn, saxo alto ; Bill Frisell, guit. ; Wayne Horwvitz, claviers ; Fred Frith, guit. basse ; Joey Baron, batt. ; Yamatsuka Eye, chant. - Elektra/Nonesuch, 1988
Naked City est « l'un des projets les plus ambitieux » du saxophoniste-compositeur-producteur John Zorn1. La formation est composée de Bill Frisell (guitares), Fred Frith (basse), Joey Baron (batterie), Wayne Horwitz (claviers), avec des apparitions vocales de Yamatsuka Eye et de Mike Patton. La particularité de ce groupe est de pouvoir passer du jazz au punk rock en passant par la bossa nova et le death metal avec une grande virtuosité. Naked City est un tour d'horizon d'une bonne partie de la musique contemporaine... (wikipédia)
Stefano Di Battista Saxophoniste alto et soprano italien né le 14 février 1969 à Rome. Fortement inspiré par les grands classiques des 50’s et 60’s du label Blue Note, ce saxophoniste italien, au son chaleureux, développe un style néo hard bop... (wikipédia)
les titres : Parker’s mood, Laura : à l’instar de son prodigieux aîné auquel il rend si bien hommage, Stefano Di Battista est un formidable interprète de blues et de ballades.
l'album : Parker's Mood / Stefano Di Battista, saxophone alto ; Kenny Barron, piano ; Rosario Bonaccorso, contrebasse ; Herlin Riley, batterie ; Flavio Boltro, trompette. - Blue Note, 2005
Soil & "Pimp" Sessions Groupe de jazz japonais énergique commençant à accéder à une reconnaissance internationale. Le groupe est composé de six membres: Shacho («agitateur»), Tabu Zombie (trompette), Motoharu (sax), Josei (claviers), Akita Goldman (contrebasse) et Midorin (batterie)... (wikipédia)
le titre : Storm
l'album : Planet Pimp. - Brownswood, 2008
Le jazz de Soil & Pimp Sessions oscille entre explosion et… explosion. Pas de temps mort en effet durant Planet Pimp. Les saxo et trompettes virevoltent. Dès le début de l’album, ça pétarade dans tous les sens. (goûte mes disques)
Emile Pru'homme
Fils d'un boucher qui travaille aux Abattoirs de La Villette, Emile Prud'homme aborde la musique à 6 ans avec la piano, sur les conseils de sa maman. C'est un échec : l'instrument qui le motive, c'est l'accordéon de l'Oncle Fernand. Il lui faudra pourtant attendre ses 17 ans pour recevoir sa première "boîte à punaise" (cadeau du tonton). (Accordéons-nous)
Titre : Toboggan parisien : car comme chaque été, il y a le Tour de France !
Et pour finir un trompettiste !
Nils Petter Molvær
Trompettiste, compositeur, et producteur norvégien, né à Sula le 18 septembre 1960.Il est considéré comme un pionnier du nu jazz et en particulier de la fusion entre jazz et musique électronique, avec son album Khmer, sorti en 1997 sur le label ECM... (wikipédia)
le titre : exhumation
Album : Hamada. - Sula Records : Universal, 2009
L’inspiration du jazzman norvégien ne connait pas la sécheresse, comme le prouve ce nouvel album dont le titre signifie "mort" en arabe, et qui est aussi un terme géologique pour qualifier un type bien précis de désert. Mais dans le jazz scandinave, l’herbe semble toujours plus verte qu’ailleurs... (m-la-music)